Siaka Barry à propos de la transition guinéenne : « Sur le plan politique, il y a des inquiétudes….. »

http://Actuguinee.org / Lors d’un entretien exclusif qu’il nous a récemment accordé à Kankan Siaka Berry le président du parti Mouvement Populaire Démocratique de Guinée (MPDG) s’est prononcé sur maints sujets d’actualité sociopolitique de la Guinée et d’ailleurs.

Parlant de la transition en cours en Guinée, l’ancien ministre et ancien député se disant globalement satisfait du bilan à mi-chemin du CNRD a demandé plus de flexibilité auprès de celui-ci en vue de prendre en compte les avis de tous les acteurs impliqués dans le processus :

-Actuguinee.org : Bonjour Monsieur Siaka Barry, quel regard portez-vous sur la transition militaire que traverse la Guinée depuis le 5 septembre 2021?

Siaka Barry : La transition a des acquis globalement positifs, il faut le reconnaître. D’abord dans la profession de foi du CNRD, nous ne pouvons que saluer surtout les engagements forts pris par le colonel Mamadi Doumbouya. Engagements qu’il s’attelle aujourd’hui à mettre en œuvre. A savoir le rajeunissement de la fonction publique, la lutte à outrance contre la corruption et la concussion, la promotion de la bonne gouvernance mais aussi l’exécution des grands travaux d’infrastructure, notamment les infrastructures routières. Nous saluons réellement ces avancées qui sont suivies aussi de reformes souvent très ardues et très courageuses notamment au niveau du secteur minier où les grands travaux qui étaient le plus souvent à l’arrêt, qui peinaient à démarrer commencent aujourd’hui à trouver le chemin.

Sur le plan politique, il y a des inquiétudes de part et d’autre. Des inquiétudes souvent légitimes qui sont exprimées. Le CNRD gagnerait à mieux se pourvoir surtout dans sa démarche politique, à mieux rassurer les acteurs politiques les plus contestataires, des acteurs politiques qui ont maille à partir avec cette transition. Il faudrait continuer dans la voie de l’apaisement, dans la voie du consensus et surtout promouvoir un dialogue serein dans un contexte d’apaisement politique qui puisse permettre à cette transition d’aller maintenant aux chantiers les plus primordiaux pour une transition c’est-à-dire les chantiers qui concourent au retour à l’ordre constitutionnel.

-Cette flexibilité à laquelle vous faites allusion insinue-t-elle l’abandon des poursuites judiciaires contre les dignitaires de l’ancien régime, les leaders politiques ou activistes de la société civile ?

La recherche du consensus ne signifie pas forcément le démantèlement du système judiciaire ou aller à l’encontre des décisions ou procédures judiciaires. Je ne suis pas en train de rentrer dans un débat qui vise aujourd’hui à promouvoir l’impunité dans notre pays. Quand je dis de rechercher le consensus de rechercher l’apaisement c’est dans un cadre institutionnel. Moi, je conçois les parts politiques comme des institutions politiques qui concourent à l’animation de la vie politique au niveau d’une nation. Donc, au-dessus des individus au-dessus des hommes politiques que nous sommes, il y a cette institution politique qui est là mais au-dessus aussi de cette institution politique qui est le parti politique, il y a quand même nos institutions nationales qui priment.

Donc le pouvoir judiciaire est l’un de ces pouvoirs qui a sa souveraineté, qui a son indépendante. Ceci dit, promouvoir l’apaisement signifie de trouver un terrain d’entente avec les formations politiques quelle que soit la chapelle dans laquelle ces formations professent, quelle que soit la ligne directrice ou idéologique de ces formations, quelles que soient les causes défendues par ces formations, causes favorables ou défavorables au régime militaire en place. Je pense qu’il faille promouvoir quand même un dialogue apaisé serein et constructif avec toutes les formations politiques sans exclusive.

Est-ce qu’à la place de ces formations politiques nous devons vaille que vaille promouvoir ou bien nous intéresser aux intérêts individuels souvent même égoïstes des leaders politiques qui animent ces formations ?

Là est la question. Hors en Guinée, nous commettons souvent l’erreur de confondre les leaders politiques avec les formations politiques qu’ils animent.

Quand je parle de l’UFDG, je ne parle pas forcément de Cellou Dalain Diallo. Il a beau être leader de l’UFDG, il n’est pas l’UFDG.

Quand je parle de Sidya Touré, ce n’est pas de l’UFR dont je parle. L’UFR ne saurait se réduire à la personne de Sidya Touré tout comme le RPG ne saurait se réduire à la personne d’un Kassory ou d’un Mohamed Diané.

Maintenant c’est à ce niveau institutionnel que je demande au CNRD et au gouvernement, de rechercher le consensus pas avec Cellou Dalain mais avec l’UFDG, pas avec Sidya Touré mais avec l’UFR, pas avec Alpha Condé forcément mais avec le RPG.

A suivre !

Propos recueillis et décryptés par Mamadi CISSE

 

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