GUINÉE : IL FAUT UNE TOTALE EPURATION DE NOTRE ADMINISTRATION

Depuis l’arrivée au pouvoir du Pr. Alpha CONDE, il ya eu des changements certes mais, il en reste encore à faire si réellement nous voulons des résultats probants. Personne ne doute du patriotisme et de la volonté politique du chef de l’Etat, son engagement et sa détermination pour le devenir de notre pays ne corroborent pas avec la situation sur le terrain. Les cadres choisis sont-ils patriotes comme lui ou ont-ils la même vision du devenir du pays ? Non. C’est ce qui explique cette inadéquation entre ce que veut le Président et ce qui prévaut dans la réalité.

Tous les troubles qui se passent dans le pays ont pour origine le mécontentement de la population face à la reconduction de certains ministres décriés. Le peuple voit et analyse les actions de chacun des membres du gouvernement. Il sait qui agit loyalement pour soutenir et consolider les actions du chef de l’Etat, il connait aussi qui défend son égo et ses intérêts égoïstes. Face à cette situation déplorable, il serait souhaitable que le Pr. Alpha CONDE prenne des mesures idoines pour une décrispation de l’atmosphère dans le pays.

On se souvient de cette image si chère au Président lorsqu’il dit : en Guinée on lave le bébé et on le jette avec l’eau. Ceci est une vérité car nous n’avons jamais su tirer profit des enseignements de nos chefs. Le Président Ahmed Sékou TOURE disait : la première loi du progrès consiste en la conservation de ce qui est acquis. Or chez nous, nous sommes en perpétuel recommencement, on nie tout ce qui a été fait par le prédécesseur pour se lancer dans des innovations parfois stériles.

Il ya toujours eu remaniement ministériel dans notre pays, si on comptait le nombre d’anciens ministres, on frisera le millier. Mais cette autre figure qui correspond parfaitement à notre situation ; un enfant qui passe toute la journée à se rouler dans la poussière, vous le lavez et vous lui faites porter les mêmes habits, il ne sera jamais propre. C’est dire que même si on importait les ministres bradés de diplômes de Harvard tant que le cabinet reste inamovible, on le fera échouer lamentablement. Pour trouver une solution à notre problème, il ya lieu de procéder :à une totale épuration des cabinets ministériels en mettant de coté ces cadres inamovibles qui ont fait plus d’un quart de siècle au même poste. Ils connaissent toutes les méthodes et astuces possibles pour les opérations de malversations financières. En 2007 le premier ministre de consensus a voulu le faire mais, ces caciques ont dit au Général qu’il veut la place du Président. Tant que la solution n’est pas trouvée à ce problème des cabinets ministériels, la machine étatique patinera toujours.

  • Le président ne doit aucunement se gêner pour se défaire des ministres décriés. Hollande l’a fait en France, il faut laisser du lest pour alléger l’appareil gouvernemental car, ceux là qui sont décriés ne bénéficient d’aucune confiance désormais chez les populations. Ils doivent être remerciés pour détendre l’atmosphère.
  • Soumettre les ministres à des audits, les amener à communiquer en faisant une large information sur les actions gouvernementales qui méritent d’être connues du grand public. Chaque ministre doit rendre absolument compte de sa gestion pour permettre de juger chacun à la tâche. Ils s’érigent tous en demi-dieux dans leur département et y règnent en véritable potentat. En rendant compte, cela éviterait le doute qui conduit souvent à la prolifération des rumeurs.

Ces mesures pourraient apporter la solution aux problèmes qui nous angoissent tous aujourd’hui. La démission n’est pas dans nos traditions sinon sachant que mon choix pose problème à celui qui l’a fait, il est responsable de demander sa démission pour ne pas nuire à l’action collective. Le chemin qui a conduit au pouvoir a été rude et laborieux, ce qui a été construit pendant des décennies, il faut éviter que pour quelques indélicats individus cela soit voué à l’échec. Politiquement nous avons réussi sur toute la ligne mais, économiquement notre résultat n’est pas reluisant. La cause c’est cette nomenklatura qui gravite autour du chef et alerte dans la défense de ses intérêts égoïstes.

Nous devons absolument sauver de la dérive ce que nous avons conquis au prix de multiples sacrifices.

Famany Condé, Kindia

1 commentaire
  1. Camara dit

    Se référer à Sekou Toure comme exemple,est déjà suspect

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