La chronique de Siaka Kouyaté: Bah Oury-Cellou Dalein, d’attaques mouchetées aux menaces…

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Entre Bah Oury et Cellou Dalein Diallo, on le savait, ce n’était plus le parfait amour depuis l’exil du premier en France. Selon certains commentateurs, l’histoire remonterait plutôt à la débâcle électorale de 2010. Quelle que soit la date exacte, chez les frères ennemis ou camarades brouillés de l’UFDG, il restait encore un commun souci des convenances, qui pouvait abuser certains observateurs redoutant de lire entre les lignes.
Eh bien, ce précaire verrou vient de sauter. D’attaques mouchetées et hypocrites aux encornures, en passant par des affirmations frisant le mensonge, on en est maintenant aux déclarations incendiaires et même, aux menaces ouvertes et sans nuances. On devine bien que l’initiative des hostilités ne pouvait venir que de Bah Oury. C’était sur une radio de la place, repris par certains sites internet.
L’idée d’un gouvernement d’union nationale, émise par Alpha Condé, accueillie pourtant avec une prudente réserve par l’Opposition radicale (et par la voix du porte-parole de la Coalition …), de l’avis de Bah Oury serait favorablement accueillie par Cellou Dalein Diallo. Le bouillant vice-président ne partage pas cette approche. Pour lui, ce serait ‘’trahir la démocratie’’. Comme contre-proposition, il en fait une, des plus modestes : bouter Alpha du pouvoir par tous les moyens.
Etrange résonance avec un certain procès ! Et surtout, étrange disposition politique chez le virulent ténor de la pureté démocratique. Bah Oury, dans cette interview, je dois l’avouer, m’apparait sous un visage bien nouveau. J’attendais le théoricien des droits humains, soucieux du respect des lois et des intérêts du plus grand nombre de ses concitoyens, le jeune leader que j’avais suivi aux années 90, attendrissant avec sa vérité, sa foi dans la vertu de la conférence nationale souveraine à la mode alors dans toute l’Afrique. J’attendais le fort en thème, rigoureux dans ses analyses, impitoyable dans ses conclusions, intransigeant et incisif dans ses répliques, élégant dans la formulation de ses thèses, bref le Bah Oury, tel que je l’avais connu. Ici, Bah Oury n’a pas besoin de convaincre. Il assène des vérités à lui, sans souci de leur conformité avec la réalité du pays. Tout ce qui ne soit pas venu de lui, est trop laid et toujours.
Un autre sujet que je retiens, c’est son éventuel départ du parti. Là, le vice-président ne se contient plus. Le violent refoulé fait surface. On comprend le caractère personnel affecté à cette formation politique qui est devenue hélas, une institution nationale à son insu. On pourrait supposer un bluff tant c’est émotionnel.
En vous invitant à lire cette interview sur Médiaguinée.com notamment, je vous suggère d’oublier ces quelques remarques personnelles que j’ai faites, qui sont celles d’un ancien admirateur déçu. Cela aussi est émotionnel. Comme Bah Oury, moi aussi, je suis contre l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Mais, pour autant, je ne tuerais pas une mouche pour le combattre. Le disciple meurt ici !
Siakarichar@gmail.com

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