Chasse aux orpailleurs illégaux à Siguiri : « Il y avait un parrain qui autorisait les Chinois et les Hindous à s’impliquer clandestinement…», accuse le Dr Abou Bily Keïta

http://Actuguinee.org / Interdiction systématique de l’orpaillage semi-industriel illégal à Siguiri. Les autorités guinéennes envisagent des mesures coercitives drastiques à l’encontre des exploitants clandestins et leurs complices.

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, mardi dernier, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, a annoncé le déploiement d’une équipe mixte de forces de défense et de sécurité, chargée de démanteler et de saisir les équipements et engins lourds appartenant aux  acteurs, qui continuent à décimer l’écosystème dans cette préfecture.

Interrogé, le docteur Abou Bily Keïta, conseiller à la mairie et PDG d’une clinique prestigieuse dans la ville de Siguiri, estime que cette décision du ministre Mory Condé, arrive à point nommé :

: « Moi, je suis  content de la décision du ministre mais aussi, très peiné. Donc, je me trouve entre le marteau et l’enclume. Il faut reconnaître que l’utilisation des [ engins] poclain était une réalité mais, ce qui  est pire et regrettable ,c’est que 80% de ces machines appartiennent aux étrangers,  c’est-à-dire, les Chinois et les Hindous qui viennent exploiter nos sous-sols et prennent nos biens pour  les envoyer chez eux au vu et au su de tout le monde . C’est ce qui est beaucoup plus regrettable. Donc, si le ministre prend une telle décision, je pense qu’elle doit être saluée par tout les Siguirikas », a-t-il fait remarquer.

Derrière ces pratiques illégales se cacherait une main noire et le docteur Abou  Bily Keïta dit savoir d’où elle vient :

« Tout se passait au niveau de l’autorité administrative préfectorale, parce que les étrangers ne peuvent pas venir s’implanter sur notre territoire sans qu’il n’ y ait quelqu’un qui assure leur parrainage. Donc, il y avait un parrain au niveau de la préfecture qui autorisait les Chinois et les Hindous à s’implanter clandestinement dans nos brousses . C’est ce qui est beaucoup plus regrettable », accuse le conseiller communal, sans citer de nom. Le docteur Abou Bily Keïta dit avoir effectué des visites inopinées sur certains sites et tiré la sonnette d’alarme à mainte reprises, mais sans succès.

Plus loin, il suggère l’instauration d’un partenariat « gagnant-gagnant » basé des principes respectueux vis-à-vis de l’environnement :

« Depuis l’installation de l’équipe de la délégation spéciale avec à sa tête le docteur Moussa Keïta, nous avons dénoncé à mainte reprises, on s’est entretenu avec tous les présidents de districts et de secteurs qui ont tous désapprouvé l’utilisation de ces machines dans l’explosion minière. Mais, comme la commune ne peut pas décider  d’arrêter cette exploitation minière ,parce que ça ne se trouve nulle part dans le code des collectivités , nous avons alerté »

« Siguiri est réputé comme une zone aurifère depuis l’Antiquité. Ce n’est caché de personne. On ne peut pas vivre sans cette exploitation minière. Je pense qu’il faut réglementer : quels sont ceux qui doivent envoyer les machines et sous quelles conditions et quelles doivent être les retombées sur les populations riveraines des zones impactées ? Moi, je voudrais que le ministre étudie minutieusement cet aspect, qu’il fasse en sorte que 40% des produits exploités soient utilisés  dans la restauration du système  écologique, c’est-à-dire , réparer totalement ce qu’ils vont détruire au niveau des sols. Ça va créer de l’emploi et de l’argent liquide pour financer le développement », dit-il.

Cette opération vise à lutter contre  « l’insécurité, la criminalité, le trafic d’armes et le grand banditisme », précise le communiqué du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation.

Mamadi CISSE pour Actuguinee.org

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