Siguiri : Travaux d’adduction d’eau potable de la SEG oubliés ? Voici les dessous d’un chantier déconcertant.

http://Actuguinee.org / Malgré les envolées lyriques des autorités sur le mega-projet d’adduction d’eau dans la ville de Siguiri, les robinets de la SEG sont  toujours à sec. Les installations de cette entreprise publique étant devenues obsolètes et inopérantes par rapport  à une clientèle qui croît d’année en année.

La construction de la nouvelle station de pompage et de traitement d’eau, d’une capacité de 15.000 m³, sur la rive du fleuve Tinkisso, à dix kilomètres de la ville, peine à voir le jour. Les travaux ont débuté en 2017 pour un délai contractuel initial de 6 mois ,rallongé à un an. Près de 6 ans après, les choses avancent au pas de caméléon.

 Actuguinee.org s’est rendu sur le chantier afin d’identifier les véritables causes de ce retard prolongé.

Sur ce site situé au bord du fleuve Tinkisso, un dispositif  de décantation, de filtrage, de stockage et de refoulement  d’eau est visible. Un réseau souterrain de distribution d’eau , long de 45 kilomètres  est également en construction. Selon les techniciens, les travaux realisés sont estimés aujourd’hui à 52% sur un chantier qui a largement débordé son délai contractuel.

≪ personne ne peut dire que le projet là va finir demain ou après-demain ≫, a lâché Ibrahima Keïta l’ingénieur de suivi du projet au compte de la société des eaux de Guinée (SEG), qui en assure le maître d’ouvrage délégué.

La défaillance du mode de financement  serait la principale cause de ce retard prolongé, indique notre interlocuteur :

≪ Dans les clauses du contrat, c’était dit que le projet allait finir dans six mois sur pré-financement à 100% de l’entreprise [ Solektra-Guinée ] . Il y avait des conditionnalités:  l’État, à travers la banque centrale, devrait être le garant du remboursement du montant auprès des banques primaires ≫.

L’État guinéen aurait refusé de s’engager et aurait opté pour un paiement, aux compte-gouttes , sur le Budget National de Développement (BND), précise Ibrahima Keïta :

≪ C’est ce qui a fait que l’entreprise attendait. Quand l’État donne un peu, eux aussi, ils réalisent un peu ,jusqu’à ce que qu’il n’y  a même plus de délai [ contractuel ] ≫.

Autre constat terrifiant qui risque de compromettre la fiabilité des travaux, c’est bien la galère que traverse l’entreprise Terrabo Ingénieur, qui veille sur  la bonne exécution des travaux. Selon des indiscrétions, en 2019, cette entreprise aurait signé un contrat d’une durée de 9 mois mais, jusqu’à date ,aucun agent de ce bureau de contrôle n’aurait été payé.

A rappeler que le coût global du projet s’élève à 30 millions de dollars.

Mamadi CISSE pour Actuguinee.org / Tel : 622 15 75 26

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