La Guinée malade de l’irresponsabilité des mercenaires de la plume ? ( par Ibrahima Diouldé  Diallo )

Notre pays périra-t-il par l’irresponsabilité  de certains journalistes? C’est une question que nous sommes en droit de nous poser.

En effet, j’ai été surpris d’entendre dans un numéro (en date du 15 novembre 2022 )d’une émission de grande écoute de notre pays, des journalistes parler d’un homme qui rêverait de réinstaurer le Fouta théocratique. Ce dernier, toujours selon ces confrères, voudrait imposer la suprématie peulh dans la sous-région.

·       -Quel sens élevé de responsabilité chez ces confrères?

·       -Que font-ils de la responsabilité sociale du journaliste?

·       -Ont-ils pensé aux conséquences fâcheuses d’un tel discours?

·   leurs affirmations contribuent-elles ainsi à renforcer la cohésion sociale?

·       -Quid de ce médium respectable, qui à cette allure, marche sans hésiter sur les traces de la tristement célèbre radio mille collines du Rwanda?

Comme le disait l’ancien président guinéen Alpha Condé, quand on n’a pas la bonne information, on n’a pas droit à la parole.

Dans le même sillage, je dirai qu’un journaliste mal informé ou mal intentionné, est non seulement un danger pour lui-même, pour ceux qu’il prétend servir, mais aussi pour le reste de la société.

Ces analyses fantaisistes et pleines de contre-vérités, n’ont pour seul objectif que d’opposer les peulhs aux autres communautés. Et servir les intérêts d’un pouvoir transitoire, qui ambitionne d’installer une base militaire française en Guinée. Si ce n’est pas déjà fait. Ce qui provoquerait inéluctablement, une giration dans la tombe de Sékou Touré, et de celles de ses compagnons de lutte pour l’indépendance de notre cher pays.

Pas plus tard que cette semaine, le très jeune président de la transition Burkinabè, a fait une sortie très remarquée. Dans cette apparition médiatique,  Ibrahima Traore a expliqué de façon précise et concise, les maux qui ont favorisé le terrorisme dans son pays, le Faso et dans le Sahel en général.

Ces messieurs « presse » qui agitent toutes sortes d’horreurs, ont-ils suivi ce jeune président?

Plutôt que de servir notre pays, vous le desservez chers monsieur. Et ainsi, vous effrangez  la filiforme  cohésion sociale » ,  en stigmatisant une communauté qui, n’en déplaise, mérite comme les autres, d’aspirer à tout ce qui est de droit. Y compris l’accession au pouvoir dont la simple idée vous fait perdre le sommeil.

De Mody Sory Barry

Mody Sory Barry, puisqu’il s’agit de lui dans cette intervention, est un natif de Timbo (dans Mamou). Timbo, pour rappel, est la capitale politique  du Foutah Théocratique. Il est donc descendant de la famille de feu Mody Sory Mawdho qui fut l’un des imams de ce royaume. C’est lui qui est à la base de cette initiative.

     RETABLISSONS LES FAITS

Puisque vous faites référence à YOUTUBE, je vous informe que dans ces mêmes vidéos que nous avons tous suivies,  Mody Sory Barry, ne parle aucunement de projet d’imposition de suprématie peulh comme vous le faites croire.

Il s’agit plutôt de défendre sa communauté contre les tueries dont celle-ci faisait objet au temps du défunt régime du président Alpha Condé. Et donc un projet dirigé contre le régime de Condé qui avait fait de sa priorité l’assassinat des jeunes, pour la plupart d’adolescents issues de cette communauté.

Et dans cette aventure, il a invité toutes les communautés du pays à se joindre à lui pour freiner ces tueries à caractère ethnocentrique (plus de 300 jeunes, tués par balles, tous issus de la même communauté pratiquement.)

Toujours sur YOUTUBE, selon Mody Sory Barry, cet état de fait risquerait d’entraîner la division du pays. Il renchérit donc en disant qu’il faut combattre ce pouvoir pour empêcher que le pays ne soit en lambeau.

Ce sont des faits que nous avons vécus  depuis 2010 et que nous continuons de vivre aujourd’hui. De surcroît, ces faits, plutôt que de vous attrister, vous réjouissaient d’ailleurs, dans les couloirs, pendant que certains de vos collègues étaient presqu’en larme.

A la Haute Autorité De La Communication (HAC)

Si les propos du journaliste Ibrahima Sory Lincoln Soumah, qui n’avait fait à l’époque que dénoncer les tueries ciblées sur une communauté (les peulhs), ont été jugés dangereux et de nature à déstabiliser le pays, il serait intéressant que vous portiez un regard sur cette autre sortie qui est sans nul doute plus dangereuse. D’autant plus qu’elle découle de fausses interprétations et d’une volonté manifeste d’opposer les différentes communautés du pays pour servir les intérêts d’un pouvoir aux intentions douteuses.

Et si on se remettait en cause ?

En attendant le réveil de la HAC, curieusement très proactive quand il s’agit de faire les yeux doux au chef, chers messieurs, le fait d’arrêter un monsieur Barry qui aurait un « projet terroriste » ne fait pas des peulhs des terroristes. La solution ne réside pas dans la diabolisation d’une communauté, mais plutôt dans l’éradication de la cause qui pourrait produire des conséquences néfastes pour tous.

Au lieu donc d’encourager le pouvoir que vous servez dans cette aventure, dites-lui d’arrêter ces assassinats ciblés contre une communauté. Et au cas où cela serait trop vous demander,  si votre objectif est réellement de servir la Guinée, ce qui surprendrait plus d’un, tâchez au moins de raconter les faits. Au pire des cas, changez de métier pour ne pas mettre le feu au pays.

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