Guinée : CRIEF , De l’enchantement au désenchantement ! (Par Sidimé Alpha Kabinet )

http://Actuguinee.org / Lorsque le CNRD, pour lutter efficacement contre la corruption et les détournements de deniers publics, mettait en place la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), les Guinéens dans leur large majorité ont applaudi l’initiative. Pour eux, c’en était fini avec les prédateurs de l’économie nationale. Pour eux, le système mafieux d’antan était finalement enterré. Les interpellations d’anciens dignitaires intouchables jusque là et perçus, à tort ou à raison, par l’opinion comme les véritables responsables de la gabegie financière qui a frappé ce pays, avaient fini par convaincre que quelque chose de sérieux commençait. Mais la joie ne sera que de courte durée, la déception sera à la hauteur de l’enchantement du début.

Et pour cause, les magistrats nommés à cet effet se sont avérés incapables de respecter (ou ne connaissent pas) la procédure qui sied dans les différents cas. Ils ont oublié que le CNRD a fait de la Justice la boussole qui guidera ses actions. Oublié ? Pas évident. Il a manqué à ces jeunes magistrats une certaine méconnaissance de la procédure en matière de délits économiques et évidemment de l’expérience. Ils auraient dû apprendre avant de savoir. Du coup, ils ont opté d’un premier temps pour une procédure en flagrance délit alors qu’aucun des interpellés n’avait été pris la main dans le sac. Ils passeront alors par des acrobaties juridiques pour justifier « leur » flagrant délit, avant de changer, toute honte bue, les termes de la poursuite face au tollé soulevé au sein des observateurs et des hommes de droit, y compris les avocats de la défense. Ils mettront alors d’autres griefs allant du détournement à l’enrichissement illicite. Sans pour autant apporter la moindre preuve de leurs accusations. Comme dirait un avocat de la défense, « on vous met en prison et ensuite on cherche les preuves ». Le summum du ridicule a été atteint quand le procureur spécial de cette cour laissera entendre, pince sans rire, pour preuve que « tout le monde sait que Kassory est riche« . Pour ce qui est de la preuve juridique, on repassera. Mieux, ces justiciers d’un genre nouveau sortiront des détournements de 40 millions de dollars qui devaient être mis à disposition par les bailleurs de fonds et qui n’ont jamais été décaissés ni encaissés d’ailleurs. Comme ces bailleurs eux-mêmes l’ont reconnu. Pas grave, il faut alors justifier l’utilisation du budget de souveraineté de l’ancien Premier ministre Kassory Fofona. Ces justiciers dans leur ignorance ne savent pas que dans aucun pays au monde un budget de souveraineté ne se justifie. Toutes choses qui ont fait croire que ces actions ne visent nullement à faire rendre gorge des délinquants à col blanc mais cacheraient des desseins politiques inavoués.

Bref, par manque de compétence, la CRIEF a mis à l’eau une des actions salvatrices de la junte au pouvoir. Pour l’opinion publique, et cela est vérifiable, toutes ces personnes arrêtées, à commencer par l’ancien Premier ministre Kassory Fofona, ne peuvent être blancs comme neige. Ça, on ne pourra pas l’ôter dans l’esprit des Guinéens. Mais encore faut-il trouver des preuves pour les confondre. C’est ce qui a manqué à cette CRIEF qui au définitif s’est grillée et s’est rendue ridicule aux yeux de l’opinion qui commence à croire qu’il y aurait effectivement règlements de comptes quelque part.

Au colonel Mamadi Doumbouya de reprendre les choses en main en mettant en place une CRIEF composée de magistrats compétents et expérimentés.

Sidimé Alpha Kabinet pour http://Actuguinee.org

Tel : 00224 622 56 56 67

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