Menaces de sanctions de la CEDEAO : ‘’Je pense que la CEDEAO aussi doit faire attention’’ Ousmane Gaoual Diallo

Le 25 mars dernier, la CEDEAO a décidé de passer à la vitesse supérieure en ce qui concerne la transition en République de Guinée où depuis la prise du pouvoir par l’armée le 5 septembre 2021,  il n’existe toujours pas un chronogramme. Elle a donné jusqu’au 25 avril prochain aux autorités guinéennes pour clarifier leur position. Le gouvernement, à  travers son porte-parole, dénonce cette attitude de l’organisation «Je pense qu’il faut comprendre deux choses. La CEDEAO est dans son rôle de brandir des menaces de sanctions. Notre pays n’a jamais évolué sous le joug de sanction quelle qu’elle soit. Aucun pays n’évolue comme ça. Il faut faire attention à ça. La CEDEAO c’est un partenaire important pour la Guinée mais la Guinée est un partenaire important pour la CEDEAO. Et je pense que ce rapport doit être compris comme cela. Nous ne sommes pas autour de la table des chefs d’Etat qui ont décidé de cela. Nos engagements, nous ne sommes pas concernés. La Guinée n’a pris aucun engagement de délivrer un chronogramme à la CEDEAO pour telle ou telle période, ça ne fait pas partie des échanges que nous avons avec cette institution. Je pense que la CEDEAO aussi doit faire attention! Aujourd’hui les peuples ouest africains s’interrogent sur sa véritable mission. Est-ce qu’elle a renforcé les institutions démocratiques de notre sous région ? Est-ce qu’elle a favorisé l’encrage démocratique ? Est-ce qu’elle est venue au secours des pays? On a des pays qui sont clairs en désintégration, des pays très importants qui sont: le Nigéria, Niger, Burkina Faso et le Mali qui ont des véritables problèmes. Est-ce que cela n’intéresse pas la CEDEAO ? Leur stabilité ? Quand on dit qu’un pays est sous le joug des sanctions ça veut dire qu’on conduit le pays vers plus de pauvreté, vers plus de difficultés pour ses populations ? Est-ce là la mission des Présidents de la CEDEAO? Il faut faire attention la dessus! Ce qui est clair, ce que la Guinée n’évolue pas sous le dictat de qui que ce soit même de la CEDEAO », a expliqué porte-parole du gouvernement

Face à l’injonction donnée par les chefs d’Etats de la sous-région qui ont donné jusqu’au 25 avril à la junte pour que soit présenté un calendrier «acceptable» pour la transition, le gouvernement guinéen rétorque qu’il n’a de leçon à recevoir de qui que ce soit.« Ce qui est clair c’est le respect mutuel des institutions et le respect mutuel des pays. Notre pays a une histoire qui est connue depuis 1958 nous traversons des périodes extrêmement difficiles. La CEDEAO était où ? De 2010 à 2020 la CEDEAO était où ? Nous ne souffrions pas? En 2007 elle était où? En 1985 elle était où ? Elle n’existait pas ? Je pense qu’il y a des étapes qui sont très importantes. Notre pays a un contexte et une situation qui méritent d’être connus, respectés et suivis pour l’accompagner. Nous avons besoin de la CEDEAO mais pour nous accompagner », a martelé Ousmane Gaoual Diallo, ministre et porte-parole du gouvernement sur Fim FM ce lundi, 28 mars 2022.

Mamadou Barry

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