Guinée : Un concert de réconciliation sans les véritables chansonniers dépositaires de l’histoire

http://Actuguinee.org / Le reggae ou le zouk sont-ils des airs susceptibles de faire vibrer les cordes sensibles des populations guinéennes ? Non ! Un concert annoncé en grande pompe soutenu par une vaste campagne médiatique n’aura servi qu’à faire les poches des organisateurs et à davantage mépriser les griots traditionnalistes dépositaires de notre histoire multiséculaire. Sans vouloir nier le mérite de Tiken et de Sidiki, leur rythme est inadapté à un tel événement qui à vrai dire, n’a été qu’un spectacle d’exhibition et non de réconciliation.

Une réconciliation se fait avec des messages forts bâtis autour d’un passé et d’une histoire commune, le tout transmis sur air épique avec des chansons de geste. L’évocation de ce passé, des faits et gestes des tribus, des communautés, est facteur de réminiscences qui adoucit allègrement le sentiment du vivre ensemble. Les chansons populaires épiques et de geste sont mieux indiquées pour faire connaitre au public leur appartenance à un terroir commun et à une histoire commune. On se souvient de la puissance du verbe de Sory Kandia Kouyaté, qui a réussi là où la diplomatie s’est montrée impuissante dans le règlement du conflit entre le Mali et la Haute volta actuel Burkina.

Un tel concert s’il s’agit réellement d’une réconciliation ou de la paix, les paroliers de Fadama, véritables chansonniers, dépositaires de l’histoire commune de la Guinée sont les mieux indiqués. Les griots traditionnalistes sont maîtres de la parole, ils connaissent parfaitement l’histoire de la mise en place des populations guinéennes. Retracer une telle histoire renforce non seulement la fibre patriotique mais aussi la communauté de destin et d’histoire. Ces chansons sont les mieux indiquées pour prouver que la Guinée est une famille. Une chanson doit pouvoir amener les auditeurs à réfléchir, analyser et interpréter le message qu’elle véhicule. Mais quand elle se limite simplement à charmer les oreilles, elle ne fera que distraire mais pas éduquer.

Trois milliards de francs guinéens pour un tel concert qui n’apporte rien dans la consolidation de la paix est écœurant. Combien de communes pouvaient bénéficier de forages pour lutter contre le manque d’eau ? Combien de tables-bancs pouvaient être fabriqués avec ce montant ? Combien de maisons de jeunes pouvaient être équipées ? Ce concert n’a été qu’un gâchis qui a profité aux organisateurs et non aux populations. Si c’est pour se donner une certaine notoriété que le CNRD a accepté financé un tel concert, il s’est plutôt décrédibilisé aux yeux des populations. Pour cela, l’organisation d’un colloque international sur la préservation de la démocratie et la gestion d’une transition apaisée et réussie est plus profitable au pays.

Tiken Fakoly et Sidiki Diabaté ne peuvent pas parler de réconciliation et de paix en Guinée, ils ne possèdent ni le verbe ni la qualité de maîtres paroliers. Ils voulaient de l’argent ils en ont eu suffisamment mais leur concert n’a eu aucun impact positif sur les spectateurs car certains se sont battus après le concert.

Apprenons à respecter les artistes guinéens qui sont plus doués qu’on ne croit.

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