Trafic de Cocaïne à Conakry : plusieurs médecins arrêtés à l’hôpital Donka

http://Actuguinee.org / L’affaire est digne d’une série télé ou d’un documentaire. Tenez-vous bien ! Des boules de cocaïne ont été extraites de l’estomac d’une jeune femme (venue du Brésil) à l’hôpital Donka de Conakry. Certains médecins présumés complices dans cette affaire rocambolesque ont été arrêtés. L’information parcours déjà de nombreux médias locaux, en ce jeudi 02 septembre 2021. Certains ont pris la tangente, selon l’Office central anti-drogue qui a donné l’information. Le médecin ayant conduit l’opération a rejeté les accusations qui pèsent sur lui.

La saisie des boules de cocaïne dans l’estomac d’une patiente supposée au CHU de Donka ne date pas d’aujourd’hui. Rentrée tout droit Brésil, une femme aurait demandé les services de Dr Samuel. Après avoir réalisé un faux diagnostic, ce dernier aurait fait appel à deux de ses assistants de sa clinique privée et deux de ses collègues de travail pour procéder à une intervention chirurgicale. Hors, selon le directeur général adjoint de l’Office central anti-drogue, le diagnostic réalisé sur la patiente était faux. Il ne s’agissait donc pas d’opération mais d’un acte de « complicité » avec un trafiquant de substances prohibées. « De l’enquête, il a été révélé que cette fille a été effectivement opéree le 11 août 2021 par la complicité d’un narcotrafiquant du nom de Chérif BAH et de Fatoumata Diariou DOUMBOUYA qui était stagiaire dans la clinique de Dr Samuel. M. Samuel (le chirurgien), a invité ses assistants, deux autres chirurgiens, mais en posant un faux diagnostic. Il a parlé d’une protéinique gastrique sans expliquer la vraie raison de la plainte de cette porte », raconte Ibrahima Kalil CAMARA.

Connaissant déjà le contenu de l’estomac de la jeune fille, Dr Samuel oppose son véto quant à l’envoi des boules de cocaïne au directeur général de l’hôpital Donka. Il va les rendre à qui de droit, Chérif BAH qui aurait fait venir la fille du Brésil. « Le chirurgien Samuel a été conseillé par ses collègues de remettre ces corps étrangers extrait de l’estomac de la porteuse au chef de service Donka où l’opération a eu lieu. Mais Samuel n’a pas obtempéré en (les) remettant cette quantité de drogue à Chérif BAH qui en est le propriétaire et narcotrafiquant », a-t-il renchérit ajoutant que trois des suspects sont portés disparus. « Le 25 août, nous avons procédé à l’interpellation des premiers suspects. À l’heure où nous sommes, Chérif BAH, Fatoumata Diariou DOUMBOUYA et la porteuse sont en cavale. Ce qui est encore inquiétant, c’est que la porteuse, au moment où elle quittait, la plaie n’était pas guérie », dit-il.

À l’issue des enquêtes, l’adjoint du DG de l’Office central anti-drogue dédouane les autres agents qui ont aidé le Docteur Samuel à opérer la fille. « Nous enquêteurs, ce que nous avons compris dans notre procédure, c’est que les deux autres jeunes filles ont été trompées par Samuel. Au lieu de donner les vraies raisons de la plainte de la porteuse pour dire qu’elle a [s’est fait ingérer] ingéré un corps étranger, il a préféré dire à des collègues que celle-ci souffrait d’une protéinique gastrique. Ce qui n’est pas vrai ».

« …J’ai remis les boules à un monsieur qui était à côté de moi… C’est la passion de la profession qui m’a mis dans cette situation… »

En tant que suspect numéro 1 dans cette affaire, le nommé Samuel s’est défendu. Pour lui, il a agi par professionnalisme, il n’avait pas idée du contenu de l’estomac de la fille qui selon lui était « très souffrante ». Mieux, selon Samuel, il ne connait pas la drogue. « J’ai été appelé nuitamment vers 4 heures par une demoiselle du nom de Koho qui a une fois été opérée par moi pour me dire qu’elle m’envoie une patiente en état de souffrance. Quand on s’est rencontré à Donka, la femme ne faisait que crier en (langue) toma : « frère, aidez-moi ! je vais mourir ». On l’a envoyé dans la salle. J’ai demandé aux chirurgiens de m’aider. C’est la passion de la profession qui m’a mis dans cette situation. Quand on n’a demandé l’antécédent, elle nous a parlé d’une gastrique.  On a pensé à une perforation d’ulcère et que c’est une urgence qu’il fallait prendre au bloc. Quand on l’a opérée, on n’a trouvé des boules dans son ventre. J’ai remis les boules à un monsieur qui était à un monsieur. Moi je ne connais pas ce que c’est. Je ne suis pas fumeur de drogue, je ne connais pas la drogue », a-t-il laissé entendre.

Joseph KADOUNO pour http://Actuguinee.org

Laisser un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire plus