Kouroussa/ Riziculture : Plus de deux mille hectares de plaine agricole mis en valeur par un fils du terroir : « En faisant le bien, je cultive…»

http://Actuguinee.org / Zoom sur un champ agricole à perte de vue qui fait la fierté des riverains du fleuve Niandan. La plaine rizicole de Fansan est située dans le district de Serekoroni relevant de la sous-préfecture de Baro dans la préfecture de Kouroussa.

Deux mille deux-cents hectares y ont été labourés et ensemencés cette année par le Dr Bala Moussa Keïta, operateur économique et PDG de SIVITA très réputé en raison de ses multiples actions humanitaires au sein de sa communauté.

Emboitant le pas de son défunt père [ El hadji Nankaba Moudou Keïta décédé en 2014, à l’âge de 95 ans, dont la tombe est vénérée par les habitants et de nombreux visiteurs dans le village de Fansan] et trempé de la politique agricole de la première République appelée FAPA (Ferme Agropastorale d’Arrondissement), ce médecin de formation récolte et distribue gratuitement des tonnes de céréale, chaque veille de carême musulman, avec pour seul but dit-il, de contribuer à l’autosuffisance alimentaire dans plus de 40 villages des zones de Hamana, de Gberedou, de Kouroulamini, de Toron et Sankaran.

Si le visiteur reste stupéfait par la grandeur de la superficie de ce champ, il n’en demeure pas moins face au caractère naturel du labour effectué à cause de la fertilité du sol de la plaine.

Une technique culturale rarissime héritée par le Dr Bala Moussa Keïta : « Je n’utilise pas d’engrais puisque ça pousse naturellement, ce depuis le temps de mon père. Tout ce que mon papa faisait en bon paysan, je cherche à marcher là-dessus et ça me réussit par la baraka que j’ai réussie de lui. Vous voyez comment le riz a poussé sans engrais ? Et dans deux mois, si vous venez ici, on va s’arrêter, ça va pousser jusqu’au niveau du nombril », a-t-il déclaré devant les journalistes en visite guidée dans le champ.

A propos de la gratuité de ses récoltes offertes aux plus nécessiteux de sa communauté depuis sept ans, le PDG de SIVITA croit dur comme du fer à une récompense divine: 

« Au lieu de demander au gouvernement, au lieu de demander au Président de la République, je fais ça pour nous, notre communauté (…). En faisant le bien, je cultive. Comme ça, les oiseaux prennent leur part, les agoutis mangent leur part et ainsi de suite. Je préfère ma récompense de Dieu qu’on me récompense ici », a clamé le Dr Bala Moussa Keïta.

Outre ces travaux champêtres, il élève deux-cents têtes de bœufs et de moutons.

Aidé par les membres de sa famille, ce promoteur agricole dispose également de plusieurs engins agricoles ultramodernes : des tracteurs, des moissonneuses-batteuses et des camions de ravitaillement pour mener à bien cette agriculture de subsistance. Le Dr Bala Moussa Keïta a fait le reprofilage de quarante kilomètres de piste rurale dont 18 ponts reliant plusieurs villages de la contrée. Ces habitants se souviennent encore de leurs impôts de capitation entièrement payés pendant 22 ans, sous la deuxième République, par cet operateur économique humble et généreux.

Cette contrée agropastorale ne mérite-t-elle pas d’être boostée afin d’être érigée au rang de zones agricoles tournées vers l’économie de marché telles que prônées par le Président Alpha Condé dans le cadre de la souveraineté alimentaire qu’il ambitionne pour la Guinée ? A titre d’exemple, la construction d’une rizerie moderne dans cette plaine pourrait accroitre le revenu des femmes et des jeunes paysans ,plus que jamais engagés à faire de l’agriculture la locomotive du développement économique de cette localité.

En attendant, seule lueur d’espoir pour les habitants de l’ensemble des zones agropastorales de Hamana, de Gberedou ,de Toron, de Kouroulamini et Sankaran, c’est le barrage hydroélectrique de Fomi dont les travaux de construction ont démarré il y a quelques années. Tous espèrent qu’une fois terminés, ils pourront voir leur immense plaine de 30 mille hectares ( dont la plaine de Fansan qui est de 3 mille hectares) ,irriguée pour une agriculture de contresaison ainsi que des pistes rurales en vue de désenclaver ces nombreux champs agricoles.

Mamadi CISSE, correspondant régional

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