Nzérékoré : Les confidences d’un délégué menacé par des responsables d’écoles privés : « Ils sont venus chez moi à 6h pour me proposer de l’argent, j’ai refusé… »

Votre quotidien Actuguinee.org est allé à la rencontre de M. Ibrahima Sory CAMARA, ce mercredi 28 juillet 2021. Ce responsable du service scolarité de l’université de Nzérékoré a été le délégué du centre Zébéla Tokpa PIVI sise au quartier Gonia, au compte du ministère de l’enseignement supérieur. Il a reçu plusieurs menaces de la part de certains responsables d’école privées qui voulaient le corrompre dans le but de laisser leurs candidats frauder.

Après toute opposition de la part du délégué qui a reçu la visite à son domicile, des individus ont failli incendiés sa maison dans la nuit du vendredi 23 juillet 2021, confie-t-il.

‘’Le mercredi 21 juillet 2021, des individus ont tapé la porte de ma cour à 22h. Je n’ai pas ouvert parce qu’il faisait déjà tard. Le lendemain jeudi, j’ai reçu deux personnes. Ces deux personnes se sont présentées comme fondateurs et directeur d’une école privée. Ils m’ont demandé de leur proposer une somme concernant le baccalauréat, qu’ils ont des candidats dans mon centre. Je les ai dits que leurs candidats allaient composer comme les autres candidats. Après ils m’ont dit que ce n’est pas ce qu’ils voulaient entendre de moi. Ils m’ont demandé sur mon enfant qui était avec moi et qui est l’homonyme de Docteur Binko. Dans la causerie, je leur ai fait comprendre que la maman de ce dernier était même en formation à Conakry. Comme il était l’heure, nous nous sommes séparés. Moi je suis allé à la préfecture pour récupérer les sujets et continuer au centre’’, nous a confié Ibrahima Sory Camara, avant de poursuivre :

 « Après les épreuves du vendredi, je suis rentré chez moi. A 17h 46 mn, j’ai reçu un appel d’un numéro, pour me dire d’avoir pitié des candidats car j’ai aussi des enfants. La personne m’a mis en garde que si non je mets ma vie et celle de ma famille en danger. Je l’ai dit que je fais mon travail, après j’ai raccroché.  A 1h 14 mn, j’ai reçu un autre message me disant ceci : ‘’ salut Camara, j’ai empêché des gens de brûler ta maison et ta voiture à toi de voir. Demain on a 3 matières, ta femme qui est en formation à Conakry est déjà ciblée y compris ton fils’’. A 1h 26 mn, je reçois le troisième message, qui dit ‘’si tu veux, informes le DPE ou l’inspecteur, l’essentiel c’est toi. Il faut libérer les enfants samedi, de les laisser copier. Si non, même après un mois tu verras’’. Après avoir lu le message, j’ai senti l’odeur du gasoil dans ma maison. Je pensais que c’est une fuite au niveau du gaz. Je suis allé voir, mais je n’ai rien vu. C’est en ce moment que je suis allé voir à la grande porte, j’ai vu maintenant la trace du feu, la fumée étais là. Et je suis sortis par derrière, je suis allé voir effectivement, ils ont mis du gasoil et du feu. J’ai constaté, qu’ils ont escaladé le mur, ils ont même fait descendre quelques briques, de la première rangée du mur. A 6h, j’ai appelé le recteur pour lui dire que j’ai été attaqué la nuit. Il est venu, on a fait le constat ensemble, nous avons pris des images, puis j’ai continué au centre », témoigne Ibrahima Sory Camara, chef service scolarité de l’université de Nzérékoré.

Les candidats se sont acharnés contre eux après les dernières épreuves, pour les avoir empêchés de copier. Ils ont aussi intimé aux délégués de leurs rendre des téléphones récupérés pendant l’examen. Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre nous apprend-t-on.

« Les candidats nous ont empêché de sortir à la fin des épreuves le samedi. Ils ont dit qu’il faut qu’on leur rende leurs téléphones si non on ne sortira pas. Il a fallu qu’on appelle les forces de l’ordre qui sont venues nous chercher pour nous accompagner à la DPE. Les deux premiers jours, samedi et dimanche, j’ai payé la police pour sécuriser mon domicile. Mais je n’ai pas les moyens pour continuer à les payer donc je suis tenu obliger moi-même de monter la garde avec d’autres personnes à la maison », a confié M. Camara, indiquant qu’il va porter plainte contre les responsables d’écoles qui ont été à son domicile. A le croire, les encadreurs et les surveillants sont les complices de toutes les fraudes qui se déroulent pendant les examens dans le pays. Jean Kouloubo KALIVOGUI, correspondant régional en Guinée forestière pour Actuguinee.org

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