Tabaski à Conakry : « …Où est-ce que l’on va… ?, s’interroge un citoyen sur la hausse du prix du bétail

La fête de Tabaski est proche. Ce n’est plus un secret, c’est le moment idéal pour les vendeurs de bétails de se faire plus de bénéfices. À moins d’une semaine de la fête de Tabaski, le prix du bétail grimpe de façon exponentielle. Les acheteurs se plaignent mais les vendeurs justifient cela par les difficultés liées à plusieurs contraintes dont le coût du transport du bétail de l’intérieur du pays à Conakry.

La Tabaski est la plus importante fête musulmane. Elle exige est l’immolation d’un mouton, en signe de mémoire à l’acte hautement symbolique du patriarche Abraham, qui selon les écritures saintes (le Coran), a voulu exécuter l’ordre de Dieu pour sacrifier son seul fils Ismaël. À la place, il lui aurait donner un mouton. Pour de nombreux musulmans guinéens, la tâche s’annonce compliquée car il faut débourser assez d’argent pour avoir ce mouton. « (…) Les moutons qu’on avait l’habitude d’avoir au prix de 950 000 avant ce jour, on se retrouve avec un million , un million 900 000 francs guinéens. Les commerçants nous parlent de l’État de la route qui est mauvaise », témoigne M. CAMARA (nom d’emprunt), citoyen musulman que nous avons trouvé au marché à bétail de Yémbeya, non loin de Symbaya gare, dans la Commune de Ratoma. Il dit avoir fait des va-et-vient entre les marchés à bétail pour trouver un mouton au prix qui lui convient. « J’ai fait plusieurs allers- retours. J’ai commencé par l’Aéroport. Là-bas le plus petit prix d’un mouton c’est 2 millions 500 000. Le pareil que j’ai eu ici. Dieu merci, j’ai pu trouver un mouton à un million 750 000 francs guinéens ».

« …Où on va ?… »

En Guinée, cette fête intervient au moment où les prix (de tout) flambent sur le marché. Notre interlocuteur pour qui l’État est responsable, ne le cache pas. Il va jusqu’à prédire « la colère de Dieu » pour un tel fait. « Pour avoir un bon mouton, il faut trois millions de francs guinéens. Le prix du riz qui était à 150 000 est aujourd’hui à 370 000 francs ! Tout à augmenté. Où on va ? s’interroge-t-il avant de pointer un doigts accusateur à la responsabilité de l’État. « (…), si le gouvernement n’est pas responsable, il s’en fiche de tout, c’est la population qui va souffrir. C’est ce qu’on est en train de subir aujourd’hui. Dieu n’aime pas ça. À cause de ça, la colère de Dieu peut s’abattre sur nous », a-t-il affirmé.

Si M. CAMARA se plaint, les vendeurs de bétails ont leur raisons. « La route n’est pas bonne. Le transport du bétail coûte cher. Moi je prends mes moutons à Mamou-Gbalè. Le transport d’un seul mouton varie entre 100 et 200 000. Aujourd’hui je n’ai vendu qu’un seul mouton. Les gens viennent demander le prix après ils s’en vont », se justifie Mamadou Aliou DIALLO, vendeur de bœufs et de moutons à Yémbeya. « Avoir un véhicule pour transporter le bétail, c’est difficile à l’heure là à cause de l’état de la route. On loue les voitures. Moi je prends mes bœufs à Dabola. Je paie 70 000 par tête pour les plus petits. En plus, il faut nourrir les bêtes une fois arrivée à Conakry. Il faut payer la garde et les gens qui leur donnent la nourriture, les herbes. S’il est malade, il faut le soigner. Et cela n’est pas gratuit », indique un autre vendeur de bœufs du nom de Mamadou Yaya BARRY.

L’homologation des prix des bétails, c’est le plus grand souhait des fidèles musulmans surtout à l’approche des fêtes musulmanes. Le sujet est revenu à chaque fois que nous avons interrogé un fidèle musulman.

Joseph KADOUNO

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