Examens nationaux 2021 en Guinée: comment le ministre Dr Bano Barry compte éviter la fuite des sujets ?

http://Actuguinee.org / La fuite des sujets est devenue un fait récurrent lors des différents examens, ces dernières années. Cette année, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENA) veut réduire les risques pouvant conduire à de tels résultats. Alpha Amadou Bano BARRY a des pistes de solutions pour réussir son pari de zéro fuite de sujets. Il a mis sur tables les moyens logistiques pouvant empêcher que de tels faits se produisent désormais.

« … il y a fuite parce qu’il y a beaucoup de personnes qui ont touché aux sujets… »

Plusieurs stratégies sont envisagées par le MENA pour sécuriser les sujets des examens de la session 2020-2021. Invité dans l’émission « Mirador » (FIM FM) ce mercredi 07 juillet 2021, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation a exposé plusieurs stratégies pour empêcher la fuite des épreuves. « J’avais proposé deux stratégies d’envoie des sujets pour réduire la possibilité d’interférence humaine dans la chaîne. La première est que nous avons acheté du matériel informatique important. Le 16 , ce matériel sera remis au différents DPE et DCE qui seront à Conakry pour retourner avec les groupes électrogènes, les portables, les ordinateurs, des tablettes qu’ils vont partager. Je voulais que les sujets soient faits sur envoi électronique avec un code qui verrou chaque sujet et on donne à chaque DCE le code à un moment donné pour qu’il puisse accéder au contenu. Mais, … la technologie c’est pour ceux qui ont déjà appris quelque chose. (…) Je pense que quand j’ai dis ça, … Il y a eu tellement de demandes. Non, il ne faut pas faire ceci ou cela. Étant donné que je propose, je ne suis pas le genre de ministre pour venir en conseil des ministres pour dire : j’ai pris cette décision, on applique. Non ! Je pose le problème et j’écoute les avis contraires et je vois à la fois le niveau de formation des uns, le niveau de compétences et, tous les avatars qui permettent de prendre une décision éclairée. Deuxième stratégie, j’ai dit : on va reduire le nombre de personnes ayant accès aux sujets … il y a fuite parce qu’il y a beaucoup de personnes qui ont touché aux sujets. Donc l’idée c’est que l’Inspecteur général, … soit le seul, en capacité, d’imprimer les sujets, de les mettre dans les enveloppes et les mettre à la disposition des IRE et des DPE. Là aussi – il y a une difficulté particulière parce que le volume du travail et la capacité des uns et des autres de faire ça. Aujourd’hui, probablement, on va revenir à quelque chose d’un peu plus simple. Mais, ce qui est sûr, je veux que le nombre de personnes impliquées dans l’impression, la multiplication des sujets d’examens soit réduit au plus petit nombre possible. Idéalement, il ne devrait pas dépasser deux personnes. L’autre chose c’est qu’on prend ces enveloppes sécurisées, on remet aux DPE qui vont venir ici », explique Pr Bano BARRY

L’ancien conseiller à l’Éducation du Chef de l’État est conscient que ce combat ne peut être mené par une seule personne. « (…) Mais encore une fois de plus, quel que soit ce que nous allons faire, nous sommes obligés de responsabiliser chacun… Je ne peux pas pas remplacer tous les cadres du MENA pour faire leur boulot ». De cette façon : « S’il y a des défaillances, on va espérer qu’on sera capable de situé la défaillance – je vais informer l’autorité qu’il y a eu défaillance à ce niveau », indique-t-il.

L’autre facteur préoccupant qui touche la fuite des sujet, c’est l’internet. Les deux années écoulées, des sujets ont circulé sur les réseaux sociaux pendant même les heures des épreuves. Va-t-il être coupé en période d’examens cette fois-ci ? « Je ne suis pas le ministre des télécommunications. Pour qu’internet soit coupé, il faut une autorisation gouvernementale, il faut donc une autorisation présidentielle. (…) Je n’ai pas fait de demande. (…) L’année dernière, nous avons discuté avec la Taïwan pour que nous puissions acheter des brouilleurs. Mais quand vous achetez les brouilleurs, il faut espace donné. Ça veut dire que chaque salle donnée, il faut un brouilleur. Et, quand j’ai calculé, il faut sensiblement plus d’un million de dollars pour sécuriser chaque salle d’examen », a répondu le ministre qui se résigne en invitant à la prise de conscience des uns et des autres, vu la complexité de l’opération de sécurisation des épreuves. « On va compter sur les Guinéens, dans l’espoir qu’ils pourront comprendre que l’enseignant qui vous aide à copier ne vous aime pas », a-t-il conseillé.

Joseph KADOUNO pour http://Actuguinee.org

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