Thione Seck : Un « monument » de la musique africaine s’en est allé

Un grand « Monument » de la musique africaine s’en est allé, ce dimanche à Dakar, laissant orphelin tout un pays,tout une génération de musiciens mais aussi tout un continent. De ses décibels auréolés de chansons qui impactent la conduite de ses compatriotes, le plus grand parolier de tous les temps a tiré sa révérence au moment  où les sénégalais s’y attendaient le moins. Alors que les politiques s’attelaient à l’intégration économique de l’Afrique, le défunt père de Wally Ballago Seck  lui travaillait à une intégration culturelle de l’Afrique par le biais de son projet d’envergure (Cedeao en cœur)  qui devrait mettre au point 900 titres.

Le grand « Monument » de la musique Afrique, Thione Ballago Seck s’en est allé, ce dimanche à la suite d’une courte maladie. A l’instar de Manu Dibango et Cie,Thione a marqué son époque et apporté sa pierre à l’édifice d’une Afrique à l’unisson musicale.

Grand parolier assimilé à un grand philosophe, Ballago semblait parler à tout le monde à travers ses chansons qui impactaient positivement dans le vécu quotidien  de ces concitoyens. Né en 1955 à Dakar, le père de Wally Ballago Seck connaîtra le succès très jeune.

Le gamin de la Gueule tapée, qui a « toujours su » qu’il voulait faire ce métier, arrête l’école avant la classe de 6e. Un choix que son père, policier à Dakar, estime compromettre son avenir. À 17 ans, introduit par Abdoulaye Mboup, l’un des pères fondateurs de la musique tradi-moderne sénégalaise, il intègre le mythique Orchestra Baobab.

Il y retrouve le musicien Mountaga Kouyate, qui a grandi comme lui dans le quartier dakarois de la Gueule tapée avant de mettre sur pied sa propre formation musicale le Raam Daane. La riche discographie de celui qui est considéré comme l’un des plus grands paroliers de la musique sénégalaise a fait l’objet de deux ouvrages.

Outre celui écrit par le journaliste Fadel Lô, un autre intitulé « Papa Thione : La conscience morale et religieuse dans la poésie chantée de Thione Ballago Seck » ,lui a été consacré par l’enseignant-chercheur Chérif Seck, de l’université Caroline du Nord, aux Etats-Unis.

Les deux auteurs décryptent la « densité » des messages contenus dans les chansons de Thione Ballago Seck, plusieurs fois honoré par diverses distinctions. Il a notamment obtenu les médailles de « Chevalier de l’ordre du mérite », « Chevalier des arts et lettres », un disque d’or avec le chanteur franco-sénégalais Disiz la Peste, entre autres récompenses.

A travers son projet d’envergure « la Cedeao en cœur »,Thione Seck s’attelait à un projet musical dans lequel il dit vouloir montrer que le Mbalax, style musical le plus populaire au Sénégal, est « exportable ».En effet,352 artistes venant de tout le Sénégal , « « inconnus » et « pétris de talents », avaient participé à ce projet.

L’artiste dit avoir donné l’occasion, à travers cet album, à toutes les ethnies du Sénégal d’exprimer leur culture à travers des chansons. L’interprète de la chanson « Numéro 10 », réputé pour ses nombreux registres musicaux qui alternent le traditionnel, le moderne ou le tradi-moderne, a cette fois-ci misé sur le « style classique »

.Thione Ballago Seck a  tiré sa révérence à l’âge de 66 ans. Il était par ailleurs très proche du Roi du Mbalaw Youssou avec qui il a plusieurs fois travaillé ensemble. Un grand « Monument » de la musique africaine s’en est allé. Senegal7  présente ses condoléances à sa famille, à Wally Ballago Seck et prie pour le repos de son âme.

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