Macky-Sonko: Karim Wade et Khalifa Sall, les grands vainqueurs…(Tribune)

Le président Abdoulaye avait prédit et annoncé que le pouvoir politique d’Etat au Sénégal sera entre les mains des libéraux pour au moins les 50 années à venir. Si dans l’intervalle, cet oracle avait été sérieusement perturbé de 2012 à 2020, la confrontation entre les présidents Macky Sall et Ousmane Sonko en 2021, remet désormais et définitivement, cette prévision qui est en route, depuis que le président Abdoulaye Wade a pris les airs et en direction de Doha. Depuis que le président Idrissa Seck a franchi les portes du palais.

Le Général De Gaulle disait que les Etats n’ont pas d’amis mais ils n’ont que des intérêts. Et le président Macky Sall ne ferait-il plus l’intérêt de la métropole qui considère que sa présence au-delà de 2024, serait désastreuse pour les intérêts français au Sénégal et raviverait davantage l’ambiant sentiment anti-français (Eiffage, Total, Auchan, Sonatel, etc…)?

Ainsi, pour donner un signal fort au président Macky Sall pour lui faire comprendre qu’il ne serait plus dans leurs plans, la métropole aurait-elle saboté le TER qui est l’un des projets phares du président Macky Sall? D’ailleurs, pour la petite histoire dans la grande, à chaque fois que l’ex-ministre des infrastructures, Oumar Youm, donnait une date parmi les multiples dates avancées pour le démarrage, eh bien c’étaient des dates données par la France. Quand l’Etat du Sénégal a déjà fini de payer l’intégralité de sa facture (pour une facture initiale  de 800 millions FCFA, le TER aura coûté finalement à l’Etat du Sénégal, 1.200 milliards FCFA).

Alors, sabotage pour sabotage, le président Macky Sall aurait-il bien décrypté les signaux diplomatiques en sachant qu’il n’est plus sur les tablettes de la métropole? Le président Macky Sall aurait-il posé des actes pour faire comprendre à la métropole, qu’il a bien bien compris son jeu? En retour, le président Macky Sall est-il entrain de s’affranchir petit à petit de la métropole et du camps occidental, pour faire la belle à leurs concurrents, en ouvrant les vannes à la Chine (infrastructure et pêche), à la Turquie (infrastructures et pêche), à la Russie (pétrole et gaz) et à l’Inde (la grande distribution)?

Le président Macky Sall a t-il poussé le tocquet plus loin en direction et en destination de la métropole et du camp occidendal, en décidant d’accueillir au Sénégal en 2021, le FOCA (Forum Chine-Afrique) dont la date reste à déterminer? Comme si cela ne suffisait pas, le président Macky Sall, est allé jusqu’en Chine pour acheter le vaccin chinois contre le coronavirus. Et cela a été perçu comme une gifle du côté de la métropole et du camps occidental pour qui ‘’en Afrique, tout sauf la Chine’’, au point que la France a dépêché son média d’Etat, RFI, pour une séance d’explication, et s’il vous plaît, en public, habillé dans un genre journalistique appelé ‘’Entretien/Interview’’.

Mais voilà, si le président Macky Sall tout comme la métropole et le camps occidental, seraient en désaccord entre eux mais, les deux camps semblent être en accord pour la suite des évènements. Si pour le président Macky Sall, le but de cet exercice est d’assurer ses arrières au delà de 2024, pour la métropole et pour le camps occidental, le but de la manoeuvre est ne jamais, ni se partager encore moins perdre leurs business au Sénégal, au profit de leurs concurrents que sont la Chine, la Turquie, l’Inde et la Russie. Et l’arrivée au pouvoir d’un certain Ousmane Sonko en 2024 serait un séisme politico-économique désastreux pour le régime beige-marron, pour la métropole et pour le camp occidental.

Si dans ce traquenard tendu à Ousmane Sonko et digne des méthodes trotskistes, avait pour objectif premier de l’emprisonner- ce qui aurait pour conséquence de lui faire perdre ses droits civiques, donc son éligibilité- cet objectif est tombé à l’eau, du fait de la faiblesse du dossier du chef d’accusation (viol). Le scénario de ce traquenard politico-sexuel est tellement mal écrit et la mise en scène très kafkaïenne que dans les mouvements révolutionnaires, on appelle cela, un brin d’allumette qui a mal pris du feu.

Exit le plan A, place au plan B. Et c’est dans le cadre de la mise en place de plan B, qu’il faut relier le voyage du président Abdoulaye Wade pour Dubaï. Ce plan B, a les contours suivants:

1- Sonko ne sera pas condamné mais cette épreuve du traquenard politico-sexuel pourrait le faire éloigner aussi que possible, une partie de cet important électorat de la majorité silencieuse auprès de qui les idées de Sonko résonnent de plus en plus, mais ils n’avaient pas totalement encore confiance en lui Sonko (soit de par sa fougue, soit de par sa radicalité, soit de par son manque d’expérience gouvernementale) pour traduire leur sympathie à la doctrine Pastef, en bulletin de vote au soir de février 2024.

2- Juste après que la poussière se sera dissipée sur cette affaire politico-sexuel et politico-juridique, ce sera le retour au bercail de Karim Wade (probablement en 2022 et au plus tard en 2023) qui se verra totalement amnistier de toutes charges retenues contre lui. Ce qui lui donnerait maintenant le droit de présenter sa candidature au nom du PDS, en 2024.

3- Khalifa Sall, vers la fin de l’année 2021 ou au plus tard en 2022, lui aussi, va bénéficier des mêmes services que Karim Wade, à savoir une amnistie totale totale et une amnistie totale bien avant même Karim Wade.

4- En 2024, on devrait avoir entre autres, pour barrer la route au candidat Ousmane Sonko, le bloc des socialistes avec Khalifa Sall, le bloc des ‘’apériens trahis’’ (Amadou Ba, Mimi Touré, Mary Teuw Niane, Aly Ngouille Ndiaye, Makhtar Cissé) et le bloc du PDS (Karim Wade), le candidat du camps du régime en place (Idrissa Seck ou Mansour Faye). De sorte que pour les intérêts nationaux et internationaux contre Ousmane Sonko, le but sera de l’imposer à la présidentielle de 2024, une course de 400m haies (Karim Wade, Khalifa Sall, Mansour Faye ou Idy, le camps des apériens trahis).

Siré SY, Think Tank Africa WorldWide Group

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