Nzérékoré : « Le problème d’électricité guinéen est un problème spirituel », dixit un prédicateur africain

Le prophète Joël Krasso, célèbre prédicateur et fondateur de l’ONG Espoir et Vie, a entamé une tournée dans plusieurs pays africain. A Nzérékoré, où il séjourne actuellement, ce prédicateur d’origine ivoirienne a fait plusieurs révélations sur le retard du continent africain. Il a parlé entre autre de l’origine des djihadistes, des microbes de la Côte d’Ivoire, des braqueurs, des délinquants, mais aussi du manque de courant en Guinée.

Le prophète Joël Krasso a dit que le problème d’électricité guinéen est un problème spirituel.

« Je suis fort surpris qu’en 2006 je découvre qu’il n’y a pas de courant, en 2021 encore il n’y a pas aussi de courant. On ne peut pas vivre sans le courant. On a l’impression qu’à minuit, c’est comme si on disait aux sorciers, venez manger. C’est-à-dire le courant va à minuit et nous savons bien ce qui se passe à minuit. C’est là les sorciers vont manger etc. Dans un pays où il n’y a pas de lumière, c’est un problème spirituel. Selon ma croyance. Parce que les forces du mal luttent farouchement contre le développement. Quel que soit la décision de l’Etat, il y a deux forces. Il y a le monde visible, il y a le monde invisible. Si vous ne traitez pas avec le monde spirituel, vous allez échouer dans tout votre combat de développement. Hors l’occident a combattu farouchement l’esprit de la sorcellerie au moyen âge. Il y a eu la chasse aux sorcières et là où il y a la sorcellerie, il n’y a pas de développement. Ce que nous allons faire c’est de prier pour la Guinée, parce que là où il y a le développement, le diable aussi n’aime pas ça. Le diable n’aime pas la paix. Il n’aime pas la stabilité. Et nous allons prier pour que Dieu fasse grâce, qu’il protège ce pays », a martelé le prophète Joël Krasso avant d’aborder les autres sujets.

« Je suis allé moi-même faire mes constats au Burkina. Vous savez le Burkina est confronté aux djihadistes.  Je pars dans la rue, je trouve des milliers d’enfants abandonnés, des enfants drogués. Je suis allé travailler avec l’association de la protection des enfants. Je leurs ai dit mais c’est très simple. Les djihadistes les voici là. Les enfants drogués. Ils sont sous vos yeux et vous faites semblants de ne pas les voir. Parce que un enfant comme ça qui n’a pas été éduqué, on vient on le recrute à raison de 200.000 FCFA, il donne toute sa vie. Parce que pour lui, il n’y a plus d’espoir et là où il n’y a plus d’espoir, c’est la mort. Donc ce sont des kamikazes. Ce sont des gens qui sont prêts à tout parce qu’ils sont mal éduqués. Au Mali, c’est pareil, là j’ai découvert des enfants mendiants à partir de 22h. Hors dans les pays développés, un enfant quand on le trouve dehors, on interpelle ses parents. Si ces parents ne répondent pas, l’Etat récupère l’enfant et l’éduque. Le seul problème de l’Afrique, on ne pense pas à la relève. La preuve si un enfant vient dire à son père, ‘’Papa si tu meurs qui sera ton héritier’’ ? Le papa va dire c’est un sorcier. Pourtant c’est vrai. En réalité tu vas mourir, qui va un jour prendre ton héritage ? L’africain ne pense pas à la succession. Ce n’est pas seulement les enfants, en matière politique, on ne prépare pas la relève et c’est dangereux.

C’est encore plus sérieux en Côte d’Ivoire parce que nous avons les microbes. Et les microbes eux ils dépêchent des gens comme des bouchers. Tu vas le voir pour l’aider lui il guette tes portables. Tu finis l’entretien, tu rentres, tu ne retrouves plus tes téléphones. Mais c’est ce que la rue lui a appris. La rue ne lui a pas appris des sentiments. Quand je suis arrivé à Conakry, on m’informe que sous le pont il y a des enfants qui dorment là-bas. Mais encore, il y a une dame qui avait un bébé de deux semaines, sous le pont. Quand j’ai reçu l’information, à partir de 5h du matin, j’ai pris une moto pour me rendre sous le pont. Dans la nuit, ça devient un dortoir. Je trouve un enfant de deux semaines avec sa maman et sa grand-mère qui dorment à la belle étoile. Hors nous savons qu’un enfant a un endroit où grandir. Si un enfant grandi dans ces genres d’environnement, il est d’office délinquant. Nous les africains, nous oublions que l’enfant est un investissement. Et les choses se passes sous leurs yeux, ils font l’impression de ne rien voir. Si nous avons vu les enfants dans la rue, sans rien faire, ces enfants se retourneront contre nous. Ne soyons pas surpris, si nous avons des véritables braqueurs, ne soyons pas surpris, si nous avons demain des rébellions », prévient le prédicateur.

Selon lui, la solution pour la Guinée et pour l’Afrique, c’est l’éducation. Il soutient que l’éducation est la clé de développement du continent africain.

« Si nous voulons voir une Afrique développée, c’est à partir de l’éducation. Il faut commencer déjà à aller à la source. Et la problématique aujourd’hui, je pense que nous avons plus le phénomène des enfants de la rue aujourd’hui en Afrique, c’est un peu très grave et  bien même au sérieux. Quand je regarde dans les nations, on dit non, ce des chinois on a fait venir. C’est parce qu’ils sont éduqués. Mon pays qui est la Côte d’Ivoire, en 1960, ils ont connu le ‘’miracle économique’’. Ça est où aujourd’hui ? On est dans une pauvreté sans nom. Ils ont dit en Côte d’Ivoire, le succès se repose sur l’agriculture, ils n’ont fait que miser sur l’agriculture. On n’a pas de grosse tête, et le pays est à plat. Les chinois qui n’ont rien du tout, à un moment donné de leur histoire, ils ont opté pour l’éducation. La preuve est que le 13ème arrondissement de la France appartient au chinois. Aux Etats Unies, ils ont aussi un secteur. Les chinois ont su éduquer une génération. Ce qui fait qu’aujourd’hui, ils ont mondialement puissant. La plu part des chinois sont des boulistes, mais l’éducation n’a rien à voir avec la religion. Nous on met tout sur la religion, il faut que Dieu, mais Dieu ne prendra que ta connaissance.

Pourquoi nos dirigeants quand ils sont malades, ils doivent forcement se rendre en France pour se faire soigner ? Est-ce que nous on ne peut pas envoyer des gens pour être former pour la médecine ? On peut le faire, c’est une question de volonté. Le blanc ne pense pas qu’à eux. Ils pensent à une génération. Malheureusement nous les africains, on ne pense qu’à nous, et on ne pense même pas à demain. On n’est même pas futuriste même dans notre langage.  Notre ONG interpelle la conscience des gens pour dire, il faut déjà commencer à préparer une génération. Tout se prépare ».

Il a aussi soutenu que la Guinée est un pays que Dieu a mis à part. Selon le prédicateur, la Guinée a été préservé et que dans trois années elle sortira d’un désenclavement. Cependant, il recommande aux dirigeants guinéens de construire plus d’école pour l’instruction des enfants, mais aussi la prise en charge des enfants de la rue.

« Si les dirigeants guinéens veulent voir la Guinée émerger, je dis d’abord Dieu merci pour ce beau pays, pour tout ce que je vois, d’ici trois ans, vous allez sortir d’un désenclavement. La Guinée est un pays que Dieu a préservé. La Guinée a besoin de paix pour se développer. Il n’y a pas seulement que des voies ou des routes qu’il faut faire. Il faut construire aussi des écoles. Après moi mon constat, il y a plus d’école privée que de public. Et les écoles privées sont chères.

Les gens sont payés combien ? Ils ont combien pour se nourrir, combien pour se loger et combien pour l’éducation des enfants ? Moi ma proposition est très simple. Si on a les moyens de se faire des voiries, il y a combien d’écoles que les gens construisent ? Parce que pour qu’on entretienne ces voies, il faut des gens éduqués. Si les gens ne sont pas éduqués, ils vont aller bruler des pneus sur ces mêmes voies. Pour moi l’Etat guinéen est obligé s’il veut voir ce pays préservé, c’est une obligation de miser sur l’éducation. Il faut construire des écoles et commencer à faire des crèches. Ce que je propose à tous les dirigeants africains, c’est de miser plus sur l’éducation. Ensuite il faut créer une brigade pour traquer les enfants de la rue. Ce n’est pas pour les mettre en prison mais il faut les forcer à aller à l’école ou à faire une formation. Il faut récupérer ces enfants et les donner une éducation. Généralement, tout ce qu’on voit dans des pays, les gens ne sont pas censés ignorer ça, ils le savent. Et naturellement quand on essaie de toucher ça du doigt, on devient un problème. Hors nous ne sommes pas politique. Mais on essai seulement de vous dire voici le problème. On peut éviter les djihadiste, les microbes, les enfants délinquants ; les braqueurs. Parce que ça se construit. Les gens pensent qu’on critique l’Etat, mais nous ne sommes pas là pour critiquer. On touche du doigt les problèmes. L’africain, quand on lui dit la vérité, il pense qu’on le critique. Ce sont des critiques qui sont biens. On critique pour montrer où se situe le problème », conclut-t-il.

Jean Koulobo KALIVOGUI, correspondant régional en Guinée forestière pour Actuguinee.org

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