Ebola en Guinée : Pourquoi les habitants de Gouécké, épicentre de l’épidémie ne croient pas en son existence ?(Carnet de voyage)

Les habitants de la sous-préfecture de Gouécké, épicentre de l’épidémie à virus Ebola situé à 42 kilomètre de Nzérékoré ne croient pas à l’existence de la maladie dans leurs localité. Ce samedi, jour du marché hebdomadaires, ils sont sortis massivement pour vaquer à leurs activités quotidiennes alors que plusieurs mesures pris par le chef de l’Etat qui visaient à la lutte contre Ebola avait interdit la tenue des marchés hebdomadaires à Gouécké et d’autres activité de regroupement tel que les cultes religieux et traditionnels.

Pourquoi les citoyens de Gouécké ne croient pas en l’existence de la maladie ? Répondant au micro d’Actuguinee.org, plusieurs citoyens de Goucéké, voient une main noire du gouvernement derrière cette affaire d’épidémie. Pour eux, c’est un moyen du gouvernement dans le but de s’enrichir.

‘’Ils nous ont dit qu’il ya Ebola chez nous ici. Mais c’est faux il n’y a pas de maladie ici. Nous sommes tous guéris, donc ce qu’ils disent c’est faux’’, confie Oumar Soumaoro, vendeur d’habit disant qu’il ne sera pas vacciné puisqu’il n’est pas malade.

Pour cet autre citoyen venu faire le marché, le gouvernement veut s’enrichir au dos de Gouécké. A l’écouter, c’est du business qui serait derrière cette affaire d’Ebola, cependant eux qui vivent dans la localité n’ont vécu aucun fait qui illustre l’existence de la maldie dans leur localité.

 « Je demande au gouvernement, d’arrêter des magouilles, de nous laisser en paix travailler. Il n’y a pas Ebola à Gouécké ici. S’ils veulent manger, ils n’ont qu’à manger bien, nous aussi nous allons manger bien. Ils n’ont qu’à nous laisser faire notre marché. Si Ebola est là personne ne va dire à son ami. Entre deux à trois jours seulement, vous allez voir l’effet. Et pourtant depuis le décès de la dame, nous sommes dans la quatrième semaine comme ça mais rien. S’ils veulent gagner quelque chose sur nous, ils n’ont qu’à faire mais Ebola n’est pas à Gouécké ici. S’il y a des cas de morts, ce n’est pas à Gouécké centre ici c’est enregistré. Moi je suis là, je dors ici, je n’ai pas vu quelqu’un dire qu’il est mort d’Ebola. Si c’est fait, c’est hors de Gouécké. Les gens quittent tout temps de Nzérékoré pour Gouécké. S’il n’y a pas Ebola à Nzérékoré, pourquoi on dit qu’il y a Ebola à Gouécké. Moi je dois faire le marché pour trouver le quotidien. Alors si on dit qu’il n’y a pas de marché, comment on va vivre », s’interroge Jacques HABA.

‘’Si vraiment ils veulent que le marché soit fermé, ils n’ont qu’à aussi fermé les écoles. On ne peut pas dire qu’il y a Ebola à Gouécké et les élèves sont à l’école, cela fait une semaine, personne n’est contaminé. Pourtant nous sommes assis trois par banc. Nous souffrons beaucoup. Demandez au président de nous laisser en paix. Il n’y a pas Ebola à Gouécké’’, réplique un autre qui s’insurge contre la cherté du marché suite à l’annonce du gouvernement.

Interrogé sur les mesures prise, le sous-préfet de Gouécké a confié que les commerçants qui sont venus ce jour à Gouécké sont ceux qui ne sont pas informé de la décision prise par le chef de l’Etat. Il rassure cependant que ces citoyens sont bien sensibilisés à recevoir le vaccin qui est annoncé pour la semaine prochaine. Selon Ibrahim Koné, les récidivistes ne sont pas qu’à Gouécké seul. C’est partout dans le pays.

Selon des informations recueillis auprès des personnes anonymes, des malades ont fui le centre de santé de Gouécké. Par la peur, personne ne veut fréquenter ce centre où servait l’infirmière qui avait rendu l’âme.

Au cours des réunions passées, l’autorité sanitaire ainsi que les partenaires se sont engagés à fournir des kits sanitaires à la population de Gouécké pour freiner la propagation de l’épidémie. Bon nombre de ces kits étaient déjà sur place à la sous-préfecture alors que la répartition était en cours d’organisation.

Il fait signaler que les rentrées et les sorties de Gouécké sont sécurisées par des cordons de la protection civile qui obligent le lavage des mains de citoyens et prennent les températures des passagers.

Ci-dessous réactions des citoyens

De retour de Gouécké, Jean Kouloubo KALIVOGUI, pour Actuguinee.org

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