Déguerpissement à Conakry : Dr Mandjouf Mauro Sidibé dénonce des injustices et alerte sur d’éventuels dangers écologiques

Le leader de l’Alliance des Forces du Changement soutient avec acuité les opérations de déguerpissement en cours sur les emprises de la voirie et autres domaines de l’Etat à Conakry la capitale guinéenne. Cependant, il déplore des cas d’injustice infligée à certains occupants illégaux et tire la sonnette d’alarme sur des dangers écologiques qui pourraient survenir en cas d’échec des travaux de déguerpissement enclenchés par le gouvernement d’Alpha Condé.

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à l’antenne régionale d’Actuguinee.org à Kankan, le docteur Mandjouf Mauro Sidibé en parlant de Conakry sa ville natale renvoie à l’image d’une métropole hier paradisiaque à celle d’aujourd’hui défigurée suite à des occupations anarchiques.  

« Je me souviens bien de cette ville de mon enfance, aujourd’hui méconnaissable…de la marée haute venant lécher la corniche de Coronthie jusqu’au quai du petit bateau, de la baie derrière l’hôtel de l’unité occupée par ma grand-mère qui y élevait ses porcins ayant fini par donner leur nom à cet endroit, de la plage ‘’Péronne’’ accessible à tous, de l’école primaire de Sandervalia dont les plages nous servaient de terrain de jeu jusqu’au cimetière de Boulbinet ….De nos jours ,les habitants de Conakry ne peuvent plus contempler la mer » constate le président de l’AFC.

A propos des opérations de déguerpissement qui défraient la chronique, Mandjouf Mauro Sidibé parle de « deux poids deux mesures » voire d’une « Parfaite injustice » au grand bénéfice d’une aristocratie :« Le marché Niger était un grand hall de vente de fruits, de légumes, de viande, de volaille et divers produits pour la bonne cuisine au niveau inférieur. Ce commerce était assuré en grande partie par les femmes qui se retrouvent aujourd’hui dans la rue. A leur place, on a construit des boutiques et installé des conteneurs de riches commerçants qui paient certainement de l’argent dont la destinée est à vérifier. La passerelle qui servait à faire monter les marchandises au premier niveau et qui descendait de l’autre côté est complètement obstruée par les boutiques et conteneurs. Il faut les racler et replacer les femmes dans le hall » suggère Mandjouf Mauro Sidibé.

« Notre capitale étouffe sous la pression exercée par les occupants de son littoral. On s’attaque aux taudis du Petit Bateau, à ceux du port de Kouléwondy des sans abris et sans domicile fixe en oubliant les remblais de Coronthie, du Petit Bateau, de la zone de résidence 2000 et l’hôtel Onomo qui continuent à ronger progressivement en direction du centre-ville pour barrer complètement la vue sur la mer. C’est une parfaite injustice », dit-il avant de prévenir : «  A long terme, il faudra craindre des grandes marées pouvant entrainer de lourdes conséquences pour la ville. Les inondations récurrentes de Tombo et Coronthie sont des signes précurseurs. N’oublions pas que Conakry est à une dizaine de mètres  du niveau de la mer. Plus grave encore est le littoral Camayenne jusqu’à Cobaya et au-delà. On continue à remblayer, les immeubles poussent comme des champignons au su et au vu de tout le monde grâce à la bénédiction des autorités. Quand il pleut, ces zones deviennent sinistrées mais puisque ce sont les nantis et hauts cadres qui y investissent personne ne bronche ni ne lève le petit doigt. Damond Plaza est un exemple éloquent….Dans cette anarchie se sont les pauvres qui payent », a déploré le médecin gynécologue.

Toujours selon le docteur Mandjouf Mauro Sidibé, il est temps de se réveiller, de rétablir l’ordre afin de rendre la capitale guinéenne plus belle et agréable.

De Kankan, Mamadi CISSE, correspondant régional Actuguinee.org

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