Frontière guinéo-ivoirienne : Pourquoi les citoyens déguerpis en 2019 sont revenus dans la forêt Déré(Lola) ?

Depuis l’année dernière, l’Eta guinéen a engagé une opération de déguerpissement des occupants illégaux de la forêt de Déré, situé entre la frontière Guinéo-ivoirienne, dans la préfecture de Lola. Les occupants qui sont de nationalité ivoirienne, burkinabé et guinéenne, qui faisaient l’agriculture dans cette forêt classée, avait été sommés de quitter les lieux, pour conserver la naturalité de la forêt.

Déguerpis en début d’année 2019, ces occupants qui ont fait assez de plaidoirie ont été autorisés à la date du 28 décembre 2020, à revenir juste pour récolter leurs produits fruitiers qui pourrissent dans la forêt.

« Les planteurs sont venus me voir pour leur préoccupation. Leurs cacaos murissent, ils ont du mal à récolter. C’est en fonction de cela qu’ils sont venus me voir, si on peut gagner une issue, pour leur permettre juste de récolter pour nourrir leurs familles, pas pour faire une nouvelle forêt. Ils ont du mal à vivre aujourd’hui. Ils regardent leur cacao en maturité ça se gâte », s’est plaint Moussa Sidibé, responsable des planteurs de Cogota.

Une délégation conduite par le Colonel Cécé Papa Condé, le coordinateur régional du corps des conservateurs en région forestière et directeur général pour la gestion des monts Nimba, Simandou et Djimmy Joh Patrice, chef secteur Nimba Cote d’Ivoire, de l’Office Ivoirienne des Parcs et Réserves s’est rendue à Cogota dans la sous-préfecture de Tounkarata pour rencontrer ces citoyens.

« La forêt de Déré est l’une des aires centrales de la réservede biosphère des monts Nimba. C’est une réserve qui concilie la conservation et le développement. Sans quoi avant les réservesétaientintégrales. C’est-à-dire l’accès dedans était interdit. Cette zone a été occupée illicitement par certaines personnes, qui y ont installés des plantations pérennes et qui venaient pour faire des champs annuels. Donc la forêt a été complètement détruite surtout par les cultures agricoles comme le riz annuel. Ceux qui ont mis des espèces agricoles pérennestelles que le café, le cacao ou l’hévéa, ces hommes-là, sont encore là, bien qu’on les a déguerpis. Ils trouvent que leurs plantations sont en train de produire. Ils ont envoyé une délégation vers moi, pour qu’on les laisse récolter, les issus fruits de leurs plantations, en attendant qu’on coupe les plantes. C’est ainsi que j’ai invité mon homologue de Côte d’Ivoire, pourque nous puissions voir ensemble ce qu’il faut faire, en attendant de couper. Et unanimement nous nous sommes convenus, de les laisser récolter, les plants arrivés en maturité et ne pas entretenir, ne pas faire des pièges, ne pas faire l’extension. Ne pas installer des campements pour dire je vais dormir ici pour récolter. Ils vont dans leurs villages, ils viennent le matin, ils récoltent, ils envoient le produit dans leurs villages, jusqu’à ce que les dispositions soient prise pour la destruction totale de ces plantations », a dit le Colonel Cécé Papa Condé, avant de poursuivre :

‘’Nous avons réfléchi, comme il ya des plantations comme le café, le cacao, si on peut avec le projet qui vient, faire l’agroforesterie. C’est dire qu’on va faire une restauration, des zones dégradées, et dans ces zones où se trouvent les plantations pérennes, mettre certains arbres, pourque ça soit l’agroforesterie, pour permettre aux paysans de continuer à récolter le café, parce que, le café réussi sous l’ombre. Avec cette politique, nous pensons en collaboration avec les communautés, on pourra sauver cette forêt de Déré’’.

« C’est vrai que nous sommes dans la conservation, mais desfois il faut voir aussi l’aspect social. En matière de gestion environnementale, nous parlons d’une gestion équitable, sociale et économiquement rentable. Donc l’Homme au cœur de la conservation dans l’agenda 37 de l’ONU. Je pense que les populations sont heureuses, elles vont approcher le colonel, pour étudier les modalités pratiques de cette gestion intégrée », a ajouté Djimmy Joh Patrice, chef secteur Nimba Cote d’Ivoire.

Jean Kouloba KALIVOGUI, correspondant régional en Guinée forestière pour Actuguinee.org

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