Gouvernement guinéen : La politique de sédentarisation a faussé !

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Pendant les dures épreuves de campagne électorale pour les présidentielles 2010 et 2015, les partis politiques en lice s’hasardaient à convaincre les populations électorales que lorsqu’ils seront au pouvoir, les habitants de chaque région naturelle pourraient survivre ou vivre des fruits de leurs productions. De surcroît, pourraient éventuellement se sédentariser, s’auto-suffire et voire même dépendants de la capitale Conakry et des capitales des pays limitrophes.

Aujourd’hui, cette hypothèse grotesque qui a fait jaser plus d’une population électorale de ces régions naturelles de la Guinée, est devenue une réalité absurde et vide de tout son sens. Pire, la situation de ces populations électorales ne fait que s’empirer. Pas de routes, pas d’eau potable, pas d’électricité, pas d’infrastructures sanitaires et scolaires. Et leurs produits agricoles sont stockés aux lieux de production par manque de voies d’accès. Et le gouvernent se tait là-dessus.

Aux dires de ces politiciens, les habitants de la Guinée, à plus de 90% agricoles, pourraient réellement vivre de ces productions agricoles et en exporter le reliquat ou l’excédent aux pays limitrophes. Les quelques argentiers près du régime Alpha ont contracté des prêts bancaires pour s’engager dans cette aventure.

Après plusieurs années de productions, ces entrepreneurs agricoles végètent avec les fruits de leurs productions sans le moindre preneur. Puisque le gouvernement guinéen qui devrait faire de ces productions une priorité, n’a instauré aucune caisse de stabilisation ou de récupération de ces produits agricoles.

Au jour d’aujourd’hui, ces opérateurs agricoles sont confrontés au remboursement de ces prêts aux banques pour plusieurs raisons. D’abord le manque d’accès facile des lieux de production aux centres de stockage ou de commercialisation des produits agricoles ; le manque de subvention ou de prêts du gouvernement aux éventuels opérateurs agricoles ; la non-prise en charge de ces produits par le gouvernement ou par une autre structure habilitée spécialisée ; et la non-sécurisation du gouvernement des opérateurs agricoles prêteurs de fonds auprès des propriétaires des plaines louées pour ces productions et auprès des institutions financières.

Ce qui fait qu’après leurs productions, ces opérateurs agricoles se retrouvent cloués au pilori. Du fait aussi que ces vastes plaines cultivables ont été baillées à des coûts onéreux pour plusieurs années. Et les éventuels bras valides qui apportent leurs contributions aux travaux champêtres restent à être désintéresser. Ces bras valides comptent retourner aux activités d’orpaillage, de coupeurs de routes, de vols de bétails… on peut en oublier !

Voilà à peu près les enjeux que les promesses électorales non tenues ont affecté les investisseurs privés locaux.

Depuis donc plusieurs années de production, aucun sac de riz n’a pu être écoulé faute de voie d’accès. Et le gouvernement reste muet malgré les cris de cœur des grands et petits producteurs agricoles. Et l’importation des cargaisons de riz s’accentue vers Conakry et la Guinée alors que la solution idoine s’y trouve à proximité.

Comment les populations électorales de ces régions naturelles pourraient être sédentarisées si elles ne sont pas mises à l’abri du besoin. C’est pourquoi, certaines d’entre elles avaient tenté d’aller marchander leurs produits dans des pays limitrophes, mais sans succès. Puisqu’il leur a été imposé l’ouverture des voies d’accès des lieux de production ou de stockage aux véhicules gros porteurs. Ce qui n’est pas de leur ressort.

Au lieu de créer des institutions financières et des agences nationales à vocation budgétivore, il serait mieux de subventionner les opérateurs agricoles. Récupérer leurs productions après chaque récolte pour les proposer à coût éventuellement accessible aux plus démunis. Ou proposer ces produits agricoles aux marchés sous-régionaux.

Avec ce procédé, les populations électorales pourraient au moins se sédentariser. Si elles ont aussi accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation, à la santé et aux voies d’accès. A défaut, c’est la crise de confiance qui pourrait s’installer voire même se dégénérer en révolte.

Il revient donc aux gestionnaires du sommet de l’Etat, de réviser sa position envers ses populations électorales. Si toutefois ils veulent continuer à maintenir leur confiance. Car, une crise de confiance peut éventuellement changer l’ordre de toute chose.

Abbas Aziz

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