Travaux publics : Pourquoi cette éternelle reconstruction des routes guinéennes à coût des milliards ?

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Les travaux de rénovation des voies routières sous Alpha Condé nous rappellent à la période d’Ulysse et son épouse Pénélope. Lorsque son mari meurt en guerre, les prétendants sont venus demander sa main. Elle proposait de donner une réponse que lorsqu’elle finira de filer sa laine. Elle ne finira jamais. Parce qu’elle défaisait la nuit tout ce qu’elle avait filé durant le jour.

L’administration guinéenne est en passe de devenir un étouffoir de compétences ou du moins un budgétivore. La preuve, rien ne se crée, ni ne se perd, tout se transforme. Comme on l’apprend dans les études de corps chimiques avec Lavoisier.

Sous le règne de Lansana Conté, la construction de nos routes et autres grands travaux était destinée aux sociétés étrangères. On a vu se partager les marchés guinéens de construction des routes, des entreprises sénégalaises, béninoises, maliennes.

Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de compétences guinéennes civiles en la manière. Surtout que nos universités privées ne formaient que des littéraires. Alpha Condé accède au trône. Des sociétés guinéennes de tous ordres se fondent sur la base de créer un patronat national en vue d’exploiter ou de travailler avec des experts étrangers.

Mais dans ce genre de collaboration, la compétence professionnelle et le sérieux doivent primer sur la relation et la possession financières. La première société de construction a été ‘’Africof’’ qui a édifié des établissements scolaires. Après son contrat avec le gouvernement, l’Italien Santulo arrache la relève et embelli la capitale guinéenne de quelques immeubles sis dans l’enceinte de la cité des chemins de fer, des services des impôts et ‘’Fria Base.

L’accès à cette sphère par nos compatriotes guinéens n’a pas été bénéfique pour le pays. Tant dans le domaine de la construction des routes que dans celle des bâtiments. Parce qu’il a permis à certains détenteurs de sociétés de BTP, des cadres des Travaux Publics et ceux des marchés publics de mieux se servir et non servir le pays.

D’abord que l’octroi de marché à un postulant ne s’est pas déroulé en bonne et due forme. En ce sens que certains marchés de construction attribués à des tiers avaient déjà été réalisés à 100/100. Mais puisque des autorités n’ont pas souvent les yeux ouverts sur ces dits contrats, ils peuvent être réaffectés à d’autres en vue de se partager la broutille financière.

En plus, il manque un véritable cabinet de contrôle compétent et conséquent. Les clauses du contrat sont souvent foulées aux pieds au su et au vu des cadres du ministère des TP et des marchés publics. D’ailleurs, la commission de pourcentage octroyée aux donneurs de marchés est tellement onéreuse que le reste du fonds destiné à la réalisation des travaux ne suffit plus. Alors, soit le contractant peine à débuter ses travaux, soit il se fait multiplier plusieurs fois le montant dans d’autres affaires avant d’entamer les travaux proprement dits. Ce qui peut entraver ledit contrat. C’est pourquoi l’on parle souvent de lenteur dans les contrats du gouvernement. Parce qu’en fait, tout le personnel de l’administration est trempé et souillé jusqu’aux os.

L’autre constat amer ,c’est aussi l’inexistence des nouvelles infrastructures routières dans Conakry depuis l’avènement du pouvoir Condé. C’est toujours l’éternel recommencement des travaux de reconstruction  des mêmes voies urbaines et au même moment de chaque année .

Les Travaux dont le coût est estimé à hauteur des milliards de nos francs guinéens sont débloqués chaque année dans des projets surnommés travaux d’urgence . . des nids de poules se trouvent à tous les niveaux des voiries urbaines et des dos d’ânes non réglementaires

Malgré l’existence des machines en leur possession, ces sociétés traînent sur les travaux à réaliser. Elles vont même au-delà du délai d’exécution du contrat. Une manière de débloquer tous les fonds et se faire des avenants.

C’est pour dire que la Guinée ne se construira jamais tant qu’il y a la prédation, la déprédation et la prévarication sanctionnées par une impunité à visage humain.

Abbas Aziz

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