Problématique d’électricité en Guinée : Le message accablant de Ködömba à son beau-père Soungalo !

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Depuis son accession à la souveraineté nationale en 1958, la Guinée n’a pas pu avoir suffisamment d’électricité ni pour les ménages, ni pour les services de l’administration publique, encore moins les services privés.

Opérateur économique dans le domaine du poulet, de la viande et des fruits congelés, M. Ködömba octroie un générateur électrique au père de son épouse. Prétextant que la problématique d’électricité est désormais réglée en Guinée sous le règne du Pr. Alpha Condé.

Mais suite aux coupures intempestives d’électricité qui ont même endommagé ces installations électriques, causant plusieurs millions de francs guinéens, il écrit une lettre à son beau-frère, lui priant de lui restituer le groupe électrogène qu’il lui avait envoyé. Lisez plutôt !

Mon cher beau,

Vous serez très sûrement surpris après lecture de cette lettre. Parce qu’il n’y a plus de courant à Conakry. Les coupures intempestives d’électricité dans la capitale guinéenne risquent de déboucher au délestage total. Si au moins ce n’était que cela.

Car, chaque retour d’électricité dans les ménages ou dans les services provoque un court circuit. Mais à qui la faute ? Quand le principal fournisseur d’électricité, l’EDG décline toute responsabilité.

Mon cher Soungalo,

Au jour d’aujourd’hui, mon entreprise et ma famille sont toutes deux victimes de court circuit qui a endommagé mes installations.

La première fois, ce sont mes installations de domicile qui crament suite à l’arrivée d’une haute tension électrique. Là, je vous informe que tous mes appareils électroménagers ont été calcinés. Même mon compteur et disjoncteur n’ont pas échappé.

La dernière fois encore plus pire, vous n’êtes pas sans savoir que je suis opérateur de poissons, de poulets et de viandes congelés. Là je vous apprends que les climatiseurs qui alimentent mes sept conteneurs en froid ont tous cédé quand le courant est retourné à une intensité extrême.

Ce qui veut dire qu’à la maison comme au service, je n’ai plus de courant. D’ailleurs, je compte arrêter ma collaboration avec EDG qui ne fait que me détruire. A nos jours, mes poissons, mes poulets et viandes sont en voie de pourrissement pour faute d’alimentation électrique.

N’ayant plus aujourd’hui les moyens de m’acheter un autre groupe électrogène pour faire fonctionner mon service, je te prie de bien vouloir me comprendre et me retourner urgemment le générateur que je vous ai octroyé. C’est dur mais que faire ? Car, chaque jour que Dieu fait, mes marchandises ne font que pourrir davantage. Ce qui me fait concéder des pertes colossales.

Mon cher beau,

N’eut été le paradoxe guinéen qui fait à la fois de la Guinée le pays le plus riche et le pauvre de la planète, tous les phénomènes de la nature comme l’eau, le vent, le rayon solaire, les ordures donnent de l’électricité. Disposant en grande quantité de tous ces phénomènes-là, la Guinée reste depuis l’accession du pays à l’indépendance, ni courant, ni eau. D’ailleurs des manifs y afférentes sont monnaie courante. Alors que le pays est connu sous le pseudonyme de ‘’château d’Afrique de l’Ouest’’.

Cher beau,

Observe un peu l’évolution de la société qui fournit de l’électricité en Guinée. Tu sauras combien de fois elle a changé d’appellation. D’abord SNE (société nationale d’électricité) sous la première république. En cette période-là, elle n’a pas pu satisfaire le besoin en électricité malgré la présence de quelques micro-barrages hydroélectriques et le moindre niveau de consommation.

Sous la deuxième république, elle prend le nom de SOGEL (Société Guinéenne d’Electricité), EDG (Electricité De Guinée), croyant que cela va donner de l’électricité. Avec la collaboration de la société canadienne Hydro-Québec, on pouvait se réjouir un peu de l’électricité… mais en compte-goutte. A leur départ, le compteur est revenu à zéro. Pas d’électricité, pas d’eau.

Sous la troisième république, le nom du fournisseur n’a pas changé. Mais une équipe de français, en l’occurrence Veolia, vient apporter ses expertises à l’EDG pour rendre fiable la fourniture de courant. Au constat, c’est l’échec lamentable.

Les Chinetoques sont maintenant dépêchés à Conakry pour que le pays puisse rompre avec l’obscurité grandissante devenue mode de vie après l’injection des sommes colossales dans les sphères de Tombo. Parait que des barrages hydroélectriques seront érigés dans presque toutes les préfectures du pays et sur le plan national et international. Là encore, on parle d’interconnexion.

D’aucuns même sont unanimes que la Guinée serait le plus gros fournisseur d’électricité dans la sous-région ouest-africaine. Qu’à cela ne tienne, l’obscurité et la quête d’eau restent le quotidien majeur du guinéen moyen. Sauf quelques ripoux du régime Alpha qui bénéficient de générateurs, du carburant et des forages.

C’est pourquoi mon cher beau, moi je reste tout de même pessimiste. C’est raison pour laquelle, je vous demande pardon de bien vouloir me retourner mon groupe électrogène. Car, la solution de l’électricité et de l’eau en Guinée n’est ni pour demain, ni après-demain encore moins des années avenir. Tout ce que l’on entend là n’est que du bluff !

Ton beau M. Ködömba

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