Arrestation de Nanfo Soumaila Diaby à Kankan : Le recadrage de Koita Aboubacar

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Depuis quelques heures, l’arrestation du Nanfo Soumaila ( qui officie la prière en langue MANINKA) alimente le débat sur les réseaux sociaux. Une arrestation qui serait intervenue ce Samedi après avoir été convoqué par les Autorités préfectorales de KANKAN.
Après avoir parcouru l’essentielle des publications faites sur le sujet par des concitoyens et même des politiques comme le frère Siaka Barry et d’autres, j’ai décidé de prendre ma plume pour apporter un modeste éclaircissement sur deux expressions qui ont été reprises en abondance mais qui semblent être confuses pour beaucoup. Il s’agit de ( LA LIBERTÉ DE CULTE et LA LAÏCITÉ).

Avant de développer ces deux notions qui sont profondément juridiques, je tiens à préciser que la légalité ou l’illégalité de son arrestation ne sera pas abordée dans la présente publication pour la simple raison que je manque d’éléments d’informations sur les conditions et le contexte de son arrestation.

En effet, dans la plupart des publications qui défendent Nanfo et contestent son arrestation, on crie à la violation du caractère laïque de notre pays et la violation de la notion de liberté de culte.

Qu’est-ce que la laïcité et la liberté de culte juridiquement parlant ?

Pour moi, la définition la plus simple de la liberté de culte est : le droit subjectif fondamental des personnes de choisir et de pratiquer une religion donnée ou aucune.

Partant de cette définition, la liberté de culte suppose donc la liberté pour chacun d’exprimer sa religion, celle de la pratiquer conformément à ses prescriptions et celle de l’abandonner, dans le respect de l’ordre public.

En français plus facile, elle est la liberté reconnue à toute personne d’adhérer à une religion déjà existante en respectant ces règles et principes ou de créer sa propre religion mais tout doit se faire dans le respect strict de l’ordre public.

Quand à la LAÏCITÉ, elle assure pour chaque citoyen le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

De ce qui précède, j’arrive à la conclusion qui consiste à reconnaître le droit et la liberté à Soumaila NANFO et n’importe quel citoyen de :

– Choisir librement sa religion ;
– créer sa religion s’il désire ;
– changer de religion;
_ de n’avoir aucune religion…

Toutefois, s’il décide d’adhérer à une religion quelconque, il lui revient de respecter scrupuleusement les règles, les principes et valeurs qui régissent celle-ci et d’en exercer en toute tranquillité sans porter atteinte à la Paix, à la quiétude et stabilité.
Ai-je besoin de rappeler que l’exercice d’une liberté est strictement encadré par nos textes de lois, et dont l’application de ces textes est assurée par les autorités compétentes.

WASSALAM

Dorah Aboubacar Koita

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