Remaniement ministériel en Guinée : La montagne aurait-elle accouché d’une souris ?(Par Sidimé Alpha K.)

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L’attente du nouveau gouvernement a été longue et pénible pour l’administration. En dépit de la pandémie de Covid 19, tous les départements tournaient au ralenti car, les chefs étaient angoissés et dubitatifs. Tous étaient dans cette inquiétude de se voir éjectés ou confirmés par le chef de l’Etat. Le décret lu par le Directeur général de la RTG a enfin mis un terme à cette longue attente.

Mais ce nouveau gouvernement n’a pas été en réalité ce à quoi s’attendaient de nombreux guinéens.

Beaucoup pensaient que le Président de la république allait procéder à une refonte totale de son équipe gouvernementale mais loin s’en faut. On a plutôt assisté à la formation d’un gouvernement politique taillé sur mesure et intégrant un équilibrisme astucieux  tenant compte de la promesse du Pr. Alpha CONDE vis-à-vis des jeunes et des femmes.

Sur 38 Ministres : 28 ont été confirmés ; et 10 ont fait leur entrée dont 4 femmes et 6 hommes.

Quand on observe minutieusement ce nouveau gouvernement, on sent qu’il est l’œuvre de trois personnes. Le chef de l’Etat qui demande de ne pas toucher à ses hommes, laissant ainsi les mains libres à Kassory Fofana et autres de procéder à sa composition.

A regarder la reconduction des Ministres économiques, on note la poursuite de la cacophonie, du blocage car, ces Ministres ne symbolisent pas l’unité d’actions du Gouvernement. Leur collaboration est le plus souvent compliquée, et est tout sauf , celle d’une équipe qui gagne. La fracture entre ces Ministres est même exportée hors de nos frontières, notamment devant les partenaires du FMI.

Aussi, dans leur gouvernance au quotidien surtout au Ministère du Plan, la Ministre se comporte comme un chef de canton. Les cadres ne sont pas bien traités,et la gestion des ressources du Département est semble très opaque dans ces conditions.

Alors que les dispositions de la Loi Organique Relative aux Lois de Finances et ses textes d’application consacrent la déconcentration budgétaire, au Ministère du Plan, tout est centralisé au niveau de la Ministre, pourtant ,un semblant catholicisme de façade est extériorisé pour cacher les vrais problèmes.

 Les cadres souffrent énormément. Le travail au quotidien est traité suivant son humeur. Allez-y comprendre.

Au ministère des finances, M. le Ministre est fatigué. Il fallait trouver un jeune capable pour le remplacer.

En termes de résultat, la position nette du Trésor se dégrade tous les jours, le solde budgétaire de base se détériore, l’inflation est visible sur les marchés des changes. Bref, les critères quantitatifs du programme sont loin d’être atteints.

En résumé, les finances publiques sont mises à mal.

Pour bon nombre guinéens, nombreux ministres devaient être écartés par manque de résultats notamment, le plan, les finances,

Mais la gestion du dossier Covid 19 aura été pour eux un véritable canot de sauvetage qu’ils doivent absolument assurer jusqu’à la fin de cette pandémie

Au niveau de la Diplomatie, on se rappelle que notre pays a été isolé lors des élections du 22 mars par tous comme si, nous n’avions pas une diplomatie fonctionnelle. Il est temps pour le Ministre Mamadi Touré de se réveiller pour redonner à la Guinée sa place dans le concert des nations.

L’autre découverte non la moindre et aux conséquences désastreuses se manifesteront sous peu dans des départements suivants

Ministère de l’énergie, Aux dires des sources bien introduites, la nouvelle,Mme Bountouraby Yattara n’y connait rien en la matière.

Pour qui connait les problèmes énergétiques de notre, pour qui connait l’edg, mettre une dame avec une timidité reconnue et sans la formation de base, c’est vendre négativement la dame.

Enseignement technique : C’est une DAF dont la seule capacité reconnue reste la mobilisation des personnes autour des idéaux de son mentor.

Alors, une économiste au parcours léger prendre les reines d’un département aussi technique, c’est comme s’il ne faut pratiquement rien attendre .C’est simplement suicidaire pour le pays. Elle serait mieux à la tête d’un département de propagande politique et de mobilisation s’il y’en avait.

Ministre des Droits et l’autonomisation des femmes : Bien qu’elle soit Juriste de formation, elle manque tout de même d’un parcours qui lui donne gagnant à gérer un nouveau département.

Pour gérer un département qui vient de naître, cela demande bien entendu de l’expérience.Alors,au-delà de l’euphorie que cela crée chez la jeune dame, les  observateurs s’inquiètent de la réussite de celle-ci pour un département nouveau.Bonne chance à Mme Hawa Beavogui

Aussi pourquoi gonfler le nombre de ministres à 38 pour un pays de 12 millions d’habitants ?

Et on se demande réellement comment vont fonctionner les nouveaux départements nés de l’éclatement du département des affaires sociales et de celui du travail ?

N’y aura-t-il pas un conflit de compétence à l’avenir pour leur gestion ?

Le temps apportera certainement la réponse à cette question.

Avec l’annonce faite par la CENI relative aux présidentielles du 18 octobre2020, ce nouveau gouvernement apparait clairement comme une véritable équipe de choc pour aborder les prochaines joutes électorales.

En tout cas les dés sont jetés espérons que ce nouveau gouvernement pourra apporter un soulagement dans les attentes du peuple.

 S’il faut toujours reconduire les mêmes personnes cela ressemble étrangement à un manque de confiance totale aux dizaines de cadres pourtant très compétents qui croupissent sous le givre de l’oubli. Ceux-ci ont cru à l’avènement du Pr. Alpha CONDE à la magistrature suprême, ils ont pensé que ce serait la fin de la médiocrité aux affaires mais hélas, rien n’a cependant pas changé.

C’est réellement dommage !

Sidimé Alpha Kabinet, Journaliste

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