Plan de riposte du gouvernement contre le covid-19 : « S’il y avait un travail concerté, la période gratuite de l’électricité serait de 6 mois » (Ahmed Cissoko, secrétaire général de la section syndicale d’EDG)

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Face à la propagation du coronavirus, le gouvernement guinéen a élaboré un plan de riposte de 3500 milliards Gnf pour 30 mesures dont la gratuité du courant pour trois mois (Avril, mai, juin) pour les tarifs sociaux. Dans le plan de riposte, le coût des tarifs sociaux pour les trois mois s’élevaient à 456 milliards Gnf.

Après le commentaire de la banque mondiale sur le plan de riposte, il s’est avéré qu’il y avait une surestimation du coût de l’électricité d’environ 400 milliards Gnf (46 millions de dollars). Le premier ministre avait indiqué dans sa réponse au courrier de la banque mondiale que c’était une erreur de la part du ministère de l’énergie.

Avec ces bisbilles, l’on se demande si l’électricité de Guinée ( EDG) a été consultée avant l’élaboration du plan de riposte et notamment dans le volet de la gratuité du courant pendant trois mois ?Tout porte à croire que non.

« En ma qualité de secrétaire général de la section syndicale d’EDG, je ne peux répondre à la place du patron. Mais je n’ai aucune preuve qu’EDG ait été consultée dans l’élaboration du plan de riposte contre le covid-19 jusqu’à preuve de contraire. Je n’ai vu en aucun moment un travail de ce genre. Il revient au patron de le confirmer ou pas » a indiqué Ahmed Cissoko, secrétaire général de la section syndicale d’EDG.

La période de gratuité du courant électrique (avril, mai, juin) vient renforcer la thèse que l’entreprise en charge de la fourniture du courant n’a pas été consultée dans la mesure où la facturation est bimensuelle à Conakry et mensuelle qu’à l’intérieur du pays, ce qui pose problème.

« Dans les conditions normales, EDG devrait être consultée dans l’élaboration du plan de riposte. S’il y avait un travail concerté, EDG ne peut pas parler de factures de trois mois parce qu’à Conakry, les factures sont bimensuelles et mensuelles à l’intérieur du pays. Donc, si vous prenez une période gratuite de 3 mois, vous laissez une bonne partie de la consommation par derrière. Où se trouve la facture d’avant avril où commence la gratuité et la facture de juin-juillet ? Il n’y a pas de facturation mensuelle et les 80% de notre consommation se trouve à Conakry » a expliqué Ahmed Cissoko avant de poursuivre : «S’il y avait un travail concerté, il n’y a pas de raisons qu’EDG ne fasse pas sortir ça parce qu’elle n’a rien à gagner. A Conakry par exemple, quelle est la tranche sociale qui paie les factures aujourd’hui ? Aucune tranche ne paie le courant. C’est seulement les industriels qui payent les factures. Les professionnels, les salons de coiffure ne payent pas. Et aujourd’hui, tout le monde est confondu dedans. C’est la gratuité totale »

Pour le secrétaire général de la section syndicale d’EDG, rien ne prouve qu’EDG est à l’origine de la surestimation évaluée à 456 milliards dans le plan de riposte du gouvernement contre le covid-19

« Qu’est-ce qui prouve que c’est EDG qui est à l’origine de la surestimation ? Rien ne le prouve. C’est une question de fusible. Et lorsque ça failli, la partie la plus sensible à faire sauter, c’est le fusible. C’est ce qui se passe » a ajouté Ahmed Cissoko, secrétaire général de la section syndicale d’EDG.

Il estime que si Electricité de Guinée (EDG) avait été consultée, la période de gratuité de l’électricité serait de 6 mois compte tenu de la bi-mensualité des factures à Conakry où se trouvent les plus grands consommateurs.

Sadjo Bah pour Actuguinee.org

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