Gestion de la pandémie covid-19 en Guinée : Désemparée, Mme Suzanne LOUAMOU ouvre son cœur dans une lettre adressée au Premier Ministre,Kassory Fofana

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A Conakry, les citoyens montent au créneau  pour fustiger la gestion de la pandémie Covid-19 par l’ANSS depuis des semaines en Guinée.

Désemparée par la méthode utilisée par ceux qui sont censés respecter le serment d’Hippocrate, Mme Suzanne LOUAMOU ouvre son cœur dans une lettre ouverte dont voici la teneur

 Conakry, le 20-04-2020     

                                    A

     Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement

                      S/C voie de presse

Monsieur le premier ministre,

Par cette présente, je viens très respectueusement à travers quelques mots, vous exprimer la douleur et l’indignation d’une citoyenne dans la gestion de la crise afin de prendre des mesures qui s’impose, et faire des constats et des propositions de solutions.

En tant que citoyenne guinéenne, je veux d’abord m’indigner avant de faire quelques constats et aboutir à des propositions de solutions sans édulcorer les réalités liées à cette pandémie #COVID_19 dans notre pays la Guinée, en Afrique mais également à travers le monde.

Je suis vraiment touchée au plus profond de moi, lorsque je vois le serment d’hyppocrate violé dans la gestion de la pandémie du COVID 19 dans notre pays la République de Guinée. Tous les décès liés au COVID 19 sont relayés par la presse et les individus avant même que les familles et les autorités ne sachent. Mais à quoi sert le serment si on ne peut plus garder le secret de la profession ? C’est pourquoi Monsieur le Premier Ministre, vous devez commencer par dénoncer ces médecins, pour qu’ils respectent avec le serment d’hyppocrate et la conscience professionnelle quelles que soient les circonstances ou les conditions de travail qui restent à désirer.

Certes, la défaillance sur le plan de la santé ou presque tous les services sociaux sont des évidences en Guinée tout comme dans la plupart des pays africains. Cela est certainement dû à la négligence de vous les gouvernants ou la non prise en compte par vous les gouvernants des accords du sommet des chefs d’États à Abuja le 30 Avril 2001 sous l’initiative du président Obasanjo face à la trilogie SIDA – Tuberculose – Paludisme, qui consistait à allouer 15 % du budget de chaque pays au secteur de la santé. A ce jour en Guinée tout comme dans la plupart des pays africains, le constat est amer ou très amer car très rares des pays qui parviennent à allouer 5 % de son budget à ce secteur primordial après presque 20 ans de ces accords.

Il n’est un secret pour personne de comprendre que l’investissement dans le cadre de la santé est un grand atout dans le cadre du développement durable, dans la mesure où le capital humain est celui le plus précieux. L’homme est le principal propulseur du développement technologique, économique, industriel, social, culturel etc.… or tout développement pour être durable, doit mettre l’homme et sa santé au cœur des préoccupations. Mais le constat en Afrique très spécifiquement, le taux de mortalité et de morbidité ainsi que l’espérance de vie sont très faibles, comparativement à l’Europe, le Pacific occidental et les Amériques où l’espérance de vie est de 67 ans, tandis qu’en Afrique il est de 45 ans en moyenne.

Après que nous pays africains avons pris l’initiative d’allouer 15 % du budget à la santé sans grand succès, avant de réaffirmer ce même engagement pendant un sommet spécial sur le VIH /SISA -la Tuberculose – le Paludisme encore à Abuja en 2006, ainsi que lors de la quinzième session ordinaire de la conférence de l’union tenue en 2010 à Kampala.

Après une décennie, les engagements en Guinée et particulièrement dans les pays africains n’ont pas été honorés. Seulement 6 pays des 53 États membres de l’Union Africaine ont honoré. Citer en effet ces quelques pays : Rwanda 18, 65% Botswana et Niger 17, 8 % Malawi 17, 1% Zambie 16, 4 % et Burkina 15, 8 %.

Rapport de l’accord des pays africains sur la santé publique en Afrique.

Dans le cas particulier de la Guinée, l’épidémie à virus Ebola il y’a 5 à 6 ans en arrière devrait être le catalyseur pour booster notre système de santé. Une épidémie qui causa la mort à plus de 4000 personnes en Guinée, et plus de 10000 dans des différents pays Sierra Léonne – Libéria – Guinée. Mais hélas… nous n’avons pu tirer les leçons de ce constat antérieur et tous les dégâts économiques avec une croissance en baisse de 3,7 % en 2014 ainsi que les conséquences sociales engendrées au sein de la population mais particulièrement chez les couches les plus vulnérables.

Ce qui résulte de ce constat, est qu’on a l’impression que l’Afrique ne tire pas de leçon des événements qui bouleversent le monde et affectent gravement l’économie. C’est le cas de l’événement du premier choc pétrolier qui avait touché l’économie mondiale en étalant les défaillances des pays africains entre 1960 – 1980, avant de subir celles du Programme d’ajustement structurel, et qui continuent dans ce cycle de stagnation. Il est très malheureux de constater cet état de fait perdurer en 2020 en Afrique en général et particulièrement en Guinée à l’occasion de l’apparition de cette pandémie #COVID_19 qui compte ce 19 Avril plus de 2 300 000 cas confirmés, 162 000 décès ; et spécifiquement en Guinée plus de 540 cas confirmés avec à son compte et 6 décès plus ou moins officiels, un recensement spectaculaire de cas confirmés, une gestion qui reste à désirer, un impact plus que négatif sur les activités génératrices de revenus, un coût très dur sur les ménages dans un pays où plus de 56 % est en dessous du seuil de pauvreté.

Que faut-il faire pour contrer la pandémie, aider les couches les plus vulnérables et faire une projection économique d’avenir ?

* Renforcer les mesures déjà proposées par les uns et les autres, et surtout rendre effectif (joindre l’acte à la parole) les mesures d’urgence dans le plan de riposte du gouvernement.

* Faire une très grande commande au Benin (pays frère africain) de la molécule de la PEVERINE du chercheur Béninois VALENTIN AGON qui est en train de produire des résultats extraordinaires dans le cadre de la lutte contre le COVID 19 au Benin. Contacter les autorités malgaches par voie diplomatique afin de voir la possibilité de l’expérimentation clinique du produit traditionnel annoncé par les autorités de ce pays.

Comme l’a dit le Roi Mohamed V : << l’Afrique doit faire à l’Afrique >>.

* Intensifier la sensibilisation sur la véracité de la maladie dans les milieux démunis qui, aujourd’hui sont victimes de la désinformation de certains qui prétendent que la maladie n’existe pas.

* Aménager toutes les BLUEZONE (rapidement et efficacement) et Camps militaires au grand espace à Conakry dans le cadre préventif comme annoncé pour les hôtels vu l’allure de la contamination sans être pessimiste mais plutôt préventive.

* Rendre plus strict l’empêchement des déplacements de Conakry vers les régions, avec des mesures coercitives (emprisonnements de 6 mois à 1 année) compte tenu des informations selon lesquelles des personnes paient des montants aux forces de défense et de sécurité pour traverser les barrages. Exception faite aux convoyeurs des marchandises avec toute l’assurance de leurs états de santé.

* Ou, trouver des points de convergence (DÉPÔTS TRANSITOIRES) entre Kouria et le reste du pays, entre Coyah et Forécariah, entre Dubreka et le reste des régions. Ces DÉPÔTS TRANSITOIRES serviront à faire les transactions des marchandises entrantes et sortantes par les transporteurs de l’intérieur des régions et ceux de la capitale pour éviter tous les risques de contagion.

* Assurer une bancarisation rapide des enseignants du secteur privé dans les mutuelles et banques primaires, afin de les assurer des prêts mensuels équivalents à 70 % des salaires (à chaque fin du mois selon la durée de la pandémie ou la reprise des cours) remboursables après la pandémie ou dès la reprise des cours.

* La suspension de remboursement des prêts bancaires commerciaux et ceux liés aux activités économiques privées qui subissent des stagnations jusqu’après la pandémie.

* Un fond spécial de subvention pour la relance de certaines activités de nos mamans dans la pêche, l’agriculture et d’autres activités touchées par la pandémie.

* Impliquer fortement les ONG et les relais communautaires comme ce fût le cas lors de la pandémie à virus EBOLA. Tout en installant des centres préventifs dans toutes les préfectures, non pas parce qu’il y a des cas confirmés dans ces préfectures mais pour prévenir comme le dit cet adage : << mieux vaut prévenir que guérir >>.

* Tenir compte des cas de décès des guinéens de la diaspora afin de leur assurer des enterrements dignes ou d’autres mesures appropriées.

Créer par contingents des possibilités de rapatriement de nos compatriotes tout en imposant des tests de dépistages à l’aéroport et dans les frontières.

* Impliquer dans les débats et initiatives à prendre dans le cadre de la lutte contre le Covid 19, tous les acteurs politiques, ceux de la société civile, ceux économiques, les universitaires, les chercheurs etc.… puisqu’il s’agit d’une cause nationale.

* Impliquer toutes les sociétés qui font de gros profits en Guinée dans le plan de solidarité sociale afin de venir aux familles, pour rassurer le plan de confinement.

* Profitons de cette période moratoire accordée (gel du service de la dette) par les partenaires de financement bilatéraux afin de redéfinir notre budget et l’adapter aux réalités de ce deuxième trimestre ainsi que le long de la gestion de la pandémie. Cette loi de finances rectificatives nous permettra avec une très bonne intelligence, de gérer un peu les conséquences inéluctables qui s’annoncent.

Comptant sur votre disponibilité, je vous prie de bien vouloir agréer l’expression de ma très haute considération.

Par LOUAMOU Suzanne / Tel : 628 38 02 02

E-mail : snlouamou@gmail.com

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