Face à la fragilité de nos systèmes de santé, la distanciation sociale comme moyen de lutte pour limiter la propagation

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Le monde est en alerte, la psychose s’installe dans toutes les strates sociales et les populations dans la plupart des cas vivent dans la promiscuité et dans la précarité. Des familles, vivant au jour le jour sont contraints d’arrêter leurs activités quotidiennes pour éviter de contracter ou de propager le coronavirus.

Face à une croissance exponentielle de la propagation du Covid-19, une épidémie qui vire à la pandémie, l’implication de tous et de chacun est imminente. Plusieurs cas de contaminations sont confirmés aujourd’hui chez nous.
Hospitaliser autant de personne pendant des semaines à un niveau de soin aussi élevé que le décrivent les autorités en la matière, représente un défi sanitaire d’une ampleur inédite pour les systèmes de santés avancés. En Guinée aujourd’hui, notre système de santé est « fragile » et à la recherche d’un souffle nouveau. Au risque que ce système soit rapidement débordé dans la gestion du coronavirus, à l’instar de la plupart des pays du monde, les autorités guinéennes utilisent le confinement partiel (couvre-feu de 21h à 5h du matin) pour cuber la propagation de ce virus à travers la réduction des contacts sociaux. Cette mesure pourrait freiner la propagation en ralentissant l’augmentation des cas. Les vies sauvées seront proportionnées à l’intensité des efforts dans le respect des consignes. Cela n’a rien de prédictif mais insinue que si 95% de la population respectait les mesures de préventions, on évitera 95% de victimes. Toutes épidémie est réaction en chaine, les personnes infectées par contact vont infecter des personnes saines et les personnes infectées vont progressivement guérir.
Tous les systèmes de santé sont à l’épreuve de cette nouvelle pandémie qui continue à faire des victimes à travers le monde. À cette allure, les moyens seront rapidement saturés, et ce quel que soit le niveau initial ou l’expérience de nos services sanitaire notamment celle de l’Agence nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) qui a quand même fait ses preuves dans la gestion de l’épisode d’Ébola avec un taux de létalité élevé en Guinée. Cette structure sanitaire avec des moins limités répond aujourd’hui à la nouvelle épidémie de coronavirus. Un des nerfs les plus sensibles dans la lutte contre cette pandémie, c’est la disponibilité des équipements de protection dont les gants et les masques utilisés pour les examens médicaux et le suivi des patients par les médecins.

Se servir de l’expérience d’Ebola pour gagner face au virus : la solidarité nationale comme seule réponse à la crise
Il n’y a qu’une seule solution pour stopper cette progression, la mobilisation de la population (oui une mobilisation, comme à la guerre). Cette mobilisation est indispensable pour chasser cette maladie dangereuse hors de nos frontières. Les clefs du camion sont dans nos mains : nous seul, tous ensemble, pouvons et devons casser la croissance exponentielle. Il est vital que nous limitions nos contacts sociaux.
Plus que jamais, nous devons nous montrer solidaires, et nous soutenir les uns les autres en cette période exceptionnelle. Une aide en nature de denrées de premières nécessités aux nécessiteux qui vivent à travers les mosquées aujourd’hui fermées. Notre communauté a fait preuve d’une fraternité exceptionnelle au fil des années, partageant une histoire commune et faisant face aux mêmes difficultés dans le quotidien. N’attendons pas l’aide de l’extérieur pour aider nos compatriotes qui sont nécessiteux.

Dans le contexte actuel, la nécessité de “distanciation sociale” se pose. Chacun pour le respect de tous, doit respecter strictement les « bons gestes » : hygiène (main, coudes, mouchoir) limitation des rencontres, distance de prévention, et en cas de présence de symptômes et donc de doute sur sa santé, avoir le bon réflexe « appel au 115 mis en place à cet effet ». Cela pourrait nous éviter la propagation communautaire

Privilégier la communication en langues nationales pour dissiper les doutes

Faudrait-il noter que plusieurs personnes ne croiraient pas véritablement en l’existence de cette maladie ? certains considère le débat autour de cette pandémie comme des paroles en l’air ! « Sans prétention, connaissez-vous un de ces infectés ? Un mort du ‘’virus’’ chez vos proches, dans votre famille ? Était-ce ‘réellement’ du ‘coronavirus’ ou ces gens étaient déjà malade ? » il est passé devant la maison de telle personne, ne serait-il pas un contact ?
Je crois que c’est bien là le problème, nous passons peut-être à côté de l’essentiel. L’imprécision sur ce que représente le terme contact a une certaine importance : si le virus reste vivant pendant un certain nombre d’heures, le fait que deux personnes passent exactement au même endroit à deux ou trois heures d’intervalle est-il un contact ? Nous devant véhiculer le bon message, les informations données par les autorités sanitaire.
La multiplication des initiatives de jeunes, des femmes et des artistes à travers le pays qui font montre d’engagement dans les campagnes de sensibilisation en langue nationales et la distribution de kits sanitaire dans les quartiers mais aussi dans les communautés villageoises pourraient éventuellement leurs permettre de s’imprégner véritablement des dangers liés au non respects des mesures de prévention mais aussi et surtout sur les dangers de l’automédication occasionnée par les folles rumeurs à travers le continent africain par des pseudos experts qui défendent chacun leur chapelle.

Force est de reconnaître aujourd’hui que l’intérieur du pays n’est pas très touché par la maladie. Il serait alors temps pour nous de faire en sorte de contenir et d’éteindre cette maladie dans la zone de Conakry avant qu’il ne soit trop tard.
Osons nous mettre devant notre responsabilité individuelle et collective. La solution est entre nos mains. Quelqu’un passe-t-il ce message dans les familles de porte en porte ? dans la Guinée profonde et en langues nationales ? si oui, continuons tous et sans relâche à transmettre ce message qui sauve des vies.

Par Boh Souleymane DIALLO, Dijon France.

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