Guinée/Baisse du prix du carburant : « l’État doit fournir beaucoup plus d’efforts »(Réactions croisées)

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Hier mardi 31 mars, le gouvernement guinéen a réajusté le prix des produits pétroliers à la pompe de 10.000 à 9.000 Gnf. Au lendemain de cette légère baisse du prix du carburant, bon nombre de guinéens la jugent « insignifiante » et sans « impact »
Les citoyens guinéens s’attendaient à une baisse considérable des produits pétroliers à la pompe pour accompagner les mesures prises par le gouvernement dans la lutte contre la propagation du Covid-19 et à la chute du prix du baril à l’échelle mondiale. Mais contre toute attente, le prix n’a été réduit que de 1.000 Gnf.
Pour le secrétaire général de l’union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), le réajustement du prix de carburant est une petite avancée mais estime que l’État devrait fournir plus d’efforts.
« C’est une petite avancée du fait que le prix du carburant soit baissé de 1000. Gnf mais c’est en deçà du prix du baril à l’échelle internationale qui est à 20 dollars. L’État devrait faire plus d’efforts qui puissent être proches du prix du carburant à l’échelle internationale sinon c’est vraiment insignifiant. Quand vous regardez la structure du prix du baril qui est à 20 dollars, je pense qu’on pourrait vendre le litre à 7.000 Gnf en Guinée » a indiqué Abdoulaye Sow, secrétaire général de l’USTG.
Dans la même lancée, le président de l’union des consommateurs guinéens souligne que l’État pourrait faire mieux : « Un effort quel qu’il soit est toujours à saluer. Mais la question qu’il faut se poser est est-ce que cet effort est suffisant ? Je dirai qu’on pourrait faire mieux. Il serait plus important que cet effort se traduise par une baisse importante du carburant de façon qu’il y ait un impact non seulement sur les métiers de transporteurs et sur le panier de la ménagère. Un effort concentré sur une baisse significative du prix du carburant va entraîner un effet domino sur tous les paniers de l’économie » a soutenu Ousmane Keïta, le président de l’union des consommateurs de Guinée.
De son côté, le président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSG) reconnaît la réduction du prix du carburant est une déception pour le peuple de Guinée.
« Quand on connaît le niveau de réduction du prix du baril, quand on connaît la conjoncture socioéconomique actuelle du pays, l’État doit être beaucoup plus présent du côté de la population. Réduire de 1.000 Gnf est un effort mais cet effort est perçu par la majeure partie de nos concitoyens comme un effort qui n’a pas d’impacts sur leurs situations actuelles. Les prix du transport en commun se sont multipliés par deux suite aux dernières décisions liées à l’urgence sanitaire mais également, il faut reconnaître que les activités économiques sont au ralenti. Ceux qui vivent de petites activités économiques ont du mal à joindre les deux bouts. Plus grave, nous sommes une population qui se trouve dans une situation d’insécurité alimentaire à près de 60% et quand cela s’ajoute à une épidémie d’envergure mondiale, il faut que la solidarité de l’État soit plus manifeste du côté de la population » a expliqué Dansa Kourouma, le président du CNOSG.
Pour le président du CNOSG, l’État doit renoncer en cette période difficile à ses avantages sur les produits pétroliers.
Pour mieux impacter la vie des citoyens, la plupart des guinéens estiment que l’État doit fournir beaucoup plus d’efforts dans la réduction du prix des produits pétroliers surtout en cette période de pandémie du Covid-19.

Sadjo Bah pour Actuguinee.org

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