Tribune : Soignez la fièvre et cassez le thermomètre

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Dans la soirée du vendredi 27 février 2020, une déclaration de M. Alpha CONDE reporte le double scrutin et ce, en violation du principe élémentaire de droit : le parallélisme de forme. En effet, le principe voudrait que soit pris un décret pour abroger celui portant fixation de la date du double scrutin. Cette autre violation est la preuve de ce que nous sommes dans un État où tout est bafoué donc dans un État néant. 
A la suite de cette déclaration publique, une lettre a été transmise au Président en exercice de la CEDEAO. Dans cette lettre trois éléments attirent mon attention et pourraient en être aussi pour d’autres observateurs ou politiques de la Guinée :
1. La lettre souligne que le logiciel que dispose la Guinée est le plus performant de l’Afrique. A cet effet, il affirme que ce logiciel est capable, à lui seul, de neutraliser les morts, les mineurs. 
2. La lettre fait mention du constat de l’OIF relatif à la présence de 2 millions 400 milles électeurs « problématiques » dans le fichier électoral. Pour régler ce problème, la lettre affirme s’appesantir sur le code électoral. 
3. La lettre martèle que seuls les partis politiques qui ont accepté d’accompagner la ‘’forfaiture’’ seront convoqués au prochain rendez-vous électoral 
De ces constats, il ressort des enseignements dont : 
1. Vouloir que les experts de la CEDEAO qui viendront certifient la performance du logiciel et donc du fichier qui mettra inéluctablement en mal la crédibilité, l’impartialité de cette prestigieuse institution sous régionale. Car, force est de constater que plusieurs anomalies susceptibles d’annuler le processus électoral évoquées non seulement par par l’opposition mais aussi la société civile guinéenne et certains partenaires techniques au processus électoral. 
2. La présence des électifs dits problématiques quand bien même ce sont des fictifs a toujours été évoqué lors des assises du comité de suivi, cadre institutionnel dans lequel les questions électorales sont évoquées. Vouloir s’appuyer sur le code électoral pour régler ce problème c’est réellement se moquer du peuple de Guinée. Car, à maintes reprises, les démocrates de Guinée réunis au sein du FNDC ont appelé au respect de la loi. Et d’ailleurs, c’est conscient du non respect continu de la loi par la mouvance que dans le rapport d’audit validé par tous, il a été fortement recommandé que chacun citoyen à l’âge de voter passer devant une tablette. C’est ce processus qui a été délibérément violé par ceux qui veulent aujourd’hui faire croire respecter la loi. 
3. Soutenir avec fermeté que les seuls partis politiques souscrivant à la forfaiture seront les seuls à y prendre part. Comme si le report ne résulterait pas des griefs formulés par les démocrates de Guinée réunis au sein du FNDC. 
A l’analyse de ce qui précède, l’on peut aisément affirmer que le régime Alpha CONDE est plus déterminé à casser le thermomètre que de soigner la fièvre guinéenne (crise) qu’il n’a reconnue que tardivement. 
En somme, soigner la fièvre reviendrait à donner satisfaction aux revendications du FNDC qui, elles-mêmes, tirent leurs fondements en une croyance sous régionale. Cette croyance voudrait que les pays de la CEDEAO s’inscrivent résolument dans le processus démocratique. Ne pas accompagner le peuple de Guinée dans cette dynamique serait trahir la mémoire collective sous régionale. Encore que les guinéens croient en eux-mêmes dans cette lutte parce qu’ils ont soif de démocratie, ils croient en elle et ont décidé de se battre pour son ancrage en Guinée. Et cela est irréversible. Il suffit de voir la détermination des jeunes, des personnes âgées, des femmes pour s’en convaincre. 
Fodé BALDE, Homme Politique Guinéen, LA GUINÉE D’ABORD

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