Abdoulaye Bah de l’UFDG,survole l’actualité,déballe tout.. sur Kindia

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Kindia : L’ancien président de la délégation spéciale de Kindia a accordé à son domicile le vendredi dernier un entretien avec un reporter de votre quotidien en ligne http://Actuguinee.org. Un entretien au cours duquel Abdoulaye Bah a survolé l’actualité sociopolitique de la Guinée, évoquer ses rapports avec l’actuel maire de la commune urbaine de Kindia accusé de détournements, la nouvelle constitution et tant d’autres sujets. Un entretien à battons rompus que votre quotidien en ligne vous propose de lire.

Quelle lecture faites-vous de l’actualité sociopolitique de la Guinée ?
Abdoulaye Bah :
Nous avons un pays en danger. L’analyse que je fais est que nous avons un président qui a soit deux choses ou une. Il a toujours chanté qu’il lutte pour une Guinée démocratique quand il était en France. Maintenant, nous nous retrouvons avec un homme complètement à l’antipode de ce qu’il avait dit. Soit, Alpha Condé est un fin imposteur, manipulateur. Il a driblé tout le monde en ayant derrière sa tête sa petite idée du pouvoir dictatorial, sanguinaire. Aujourd’hui au pouvoir, il nous montre sa vraie face. Ou bien, il a été complètement manipulé par son clan qui l’a amené sur une trajectoire qui n’était pas la sienne. Et voilà, les conséquences sont là. On manifeste parce que ça ne va pas, c’est parce que les lois sont violées. L’exemple de l’installation des conseillers de quartiers et district en fait foi. Il est dit qu’après 15 jours de l’installation des conseillers communaux devrait celle des quartiers et districts.

Et le gouvernement qui est garant des lois se refuse. C’est un gouvernement hors la loi. C’est ce qui a conduit à la crise. Si la Guinée était gérée comme tous les pays du monde à travers la loi, on aurait eu moins de problèmes parce que les lois visent l’ordre public. C’est lorsqu’ils sont violés ou pas appliqués qu’il y a désordre. C’est malheureux et inquiétant. Aujourd’hui, ce sont nos femmes qui servent de bouclier (faisant référence à la femme que les policiers se sont servi comme bouclier lors d’une descente à Wanindara).

Aujourd’hui, ce sont des ambulanciers protégés par des conventions de droit humanitaire international qu’on tue. On tue des jeunes à bout portant en pleine capitale nationale par des armes sophistiquées et bizarrement la police dit qu’elle ne connaît pas qui tire en Guinée.

Et pis, les dépouilles des victimes sont gardées pendant des semaines dans le but de les offrir des cérémonies religieuses dignes d’un pays croyant, musulman et chrétien et là encore, cette force criminelle qui n’a rien de républicain vient attaquer les fidèles qui sont en train de prier pour des dépouilles décomposées. Les forces de sécurité empêchent que les dépouilles soient accompagnées à leur dernière demeure. Au cimetière, cette force criminelle ne trouve rien que si ce n’est de gazer des croyants en train d’enterrer des assassinés. On a pas dépassé toutes les limites de bon sens dans ce pays, mais le guinéen ne voit pas le danger. Je vous assure que sous d’autres cieux, avec d’autres peuples, ce gouvernement n’allait plus exister parce qu’il est criminel, mécréant et inhumain. C’est grave ce qu’on vit. Nous sommes tous en danger. Vous avez des gens armés et cagoulés qui sillonnent nos quartiers. Il est interdit de se cagouler. Il y a des milices qui ont infiltré les forces publiques qui aujourd’hui n’ont de rien de républicain. Ce sont des forces spéciales. La police, la gendarmerie et l’armée sont toutes infiltrées par un ancien rebelle qui n’a pas pu prendre le pouvoir politique en 2000 et qui aujourd’hui à travers une mascarade électorale est président et ne veut pas respecter les dispositions de la constitution.

Nous sommes tous en danger parce que les institutions de sécurité et de défense nationales sont aujourd’hui à la solde d’un seul et unique homme qu’est Alpha Condé qui veut tout simplement rester au pouvoir.
Après avoir longtemps revendiqué votre victoire aux communales de février 2018 on ne vous entend plus.

Dites nous si vous vous êtes pliés aux résultats de la CENI ?
Abdoulaye Bah : Pas du tout, au contraire, nous n’allons jamais abandonné nos résultats dans notre victoire politique réelle et qui est connue de tout le monde. Nous avons œuvré pour gagner les communales et l’État n’a trouvé autre chose que de saboter la démocratie. L’UFDG a raflé à l’occasion des communales 22143 voix à Kindia et Mamadouba Bangoura (actuel maire) n’a obtenu que 1352 voix. Notre revendication est active et permanente parce que nous n’allons pas nous plier à une volonté anti démocratique des autorités guinéennes.
Est-ce qu’il vous reste un recours pour aller jusqu’au bout de vos revendications ?
Abdoulaye Bah : Il y a un recours introduit au tribunal de Kindia le 18 octobre 2018. Cette requête est pendante ici à Kindia puisque le pouvoir judiciaire est à la solde malheureusement de l’exécutif et il (le juge) n’ose pas dire le droit. Et c’est un grand problème dans ce pays. Il n’est pas exclu que d’autres solutions envisagées. Et je me réserve de les dévoiler ici.
Quels sont vos rapports avec le maire actuel Mamadouba Bangoura ?
Abdoulaye Bah : Je n’ai aucun rapport avec lui et il n’y en aura jamais tant qu’il est complice de cette volonté de me damer notre victoire à Kindia. On ne peut pas collaborer avec un ennemi pareil. C’est contre nature.
Il a été révélé tout récemment d’un détournement de plus de 100 millions Gnf à la mairie de Kindia.

Qu’en dites-vous à propos de ce détournement ?
Abdoulaye Bah :
Cela ne pouvait pas ne pas arriver. Lorsque vous vous rappelez de la manière par laquelle l’équipe que j’avais l’honneur de conduire a été écartée, on ne pouvait que s’attendre à de tels dérapages. Pour votre gouverne, il n’y a pas 120 millions détournés. C’est 115 millions offerts par Oyé Guilavogui sous prétexte que la ville de Kindia est sale et qu’il n’y a de camions de ramassage d’ordures. Cheick Taliby Sylla a donné 20 millions Gnf pour le même argument. Ce sont 115 plus 20 plus 6000 euros (60 millions) qui vous font facilement 185 millions de francs guinéens détournés par la mairie. Et ce n’est pas tout. Je vous fais une confidence.

Lorsqu’ils ont estimé j’ai été expulsé de la circulation politique de Kindia, ils ont poussé Debelé (zone d’exploitation de bauxite) à décaisser en 2019, trois chèques de 3 milliards pour chaque chèque. En février 2019, ils ont reçu deux chèques de 3 milliards, ce qui fait au total 6 milliards. Et à 2fin du mois de novembre 2019, le 3ème chèque est venu.

Où est-ce qu’on peut voir ou sentir que Kindia a reçu 9 milliards ? Ils ont tout détourné et lapidé. La ville de Kindia est une ville dangereuse et mafieuse. Mais Kindia n’est qu’une goutte d’eau dans cet océan de la Guinée de corruption, de détournement de deniers publics. Le procureur de la république devrait s’autosaisir s’il entend à travers les médias q’une administration a été mêlé à des détournements de fonds comme c’est le cas, il devrait s’autosaisir pour mener des enquêtes pour élucider ce qui a été dit.
Comment analysez-vous la position du maire favorable à une nouvelle constitution en Guinée ?
Abdoulaye Bah : C’est très simple. Le deal qu’il a conclu avec le RPG (parti au pouvoir) ne peut que le pousser à prendre une pareille position. Il n’est pas un homme libre, c’est un allié et par conséquent il est suiviste. C’est une marionnette, il ne pourra que d’emblée accompagner les positions même illégales, illégitimes et immorales du pouvoir en place. Donc, il ne faut pas s’étonner que Mamadouba Bangoura puisse se permettre d’appuyer cette situation portant sur cette fausse et illégale nouvelle constitution.
Comment analysez-vous le décret du président de la république fixant les modalités d’un éventuel référendum ?


Abdoulaye Bah : Je l’analyse sur deux angles différents. En première position, Monsieur Alpha Condé pourrait être frappé par la sénilité, maladie de la vieillesse. En seconde position, le président de la république pourrait également être dans une posture de destruction, un homme inconscient. Le pouvoir use et quand il est mal géré, il use davantage. La situation en Guinée est catastrophique. Le pays est déstabilisé sur tous les plans et même Alpha Condé vit dans son palais assiégé. La ceinture de sécurité au pont 8 novembre (entrée de la commune de Kaloum) et au palais montre que l’homme n’est plus en sécurité comme un président libre. S’il s’est permis de prendre une ordonnance fixant les règles d’organisation d’un référendum éventuel et improbable, la question que l’on se pose est de savoir si cet homme est porteur de toute sa capacité psychologique intellectuelle. Ou soit il est bonne santé mais il est dans une orientation de destruction. Il est tout à fait conscient que la situation est grave mais il a une personnalité qui mène à la destruction et il assume les conséquences. Autrement, un homme normal, un président de la république devrait être capable de jauger, juger et d’analyser la situation globale du pays et prendre du recul et respirer un petit coup avant d’agir d’autant plus qu’il a au moins 50 à 70 conseillers qui l’entourent et qui sont censés lui dire Monsieur le président, la situation est grave, tenez en compte et faites attention.
Nous avons assisté ces derniers temps des mouvements de résistance active et citoyenne appelés par le FNDC dans les régions de Labé, Mamou, mais pas à Kindia.

Qu’est-ce qui explique cela ?
Abdoulaye Bah : Il y a trois ou quatre raisons qui expliquent l’inertie des mouvements à Kindia.

En premier lieu, nous sortons d’une grande crise politique communale de 2018. De mémoire d’homme, on a jamais vu une ville aussi impactée que celle de Kindia. 2018 a enregistré beaucoup de dégâts. Des dégâts humains puisqu’on a eu deux morts ici, des blessés.

Des pertes économiques, plus de 3 milliards de biens ont été détruit ici. Des arrestations, des emprisonnements, des jugements, etc… Donc 2018 a été une année extrêmement difficile pour les populations de Kindia à cause de la crise. Et on arrive en 2019 avec cette volonté du pouvoir de faire autres choses.

Les citoyens commencent à souffler un peu et il est difficile pour eux de s’engager dans un nouveau combat qui nécessite des sacrifices parce qu’il y a certains qui ont des loyers à payer dans le commerce, des familles à nourrir. La deuxième raison est que la ville de Kindia est militarisée. C’est une ville stratégique qui fait l’objet de convoitises. Le pouvoir a un œil sur Kindia. Il y a une volonté d’étouffer dans l’œuf une quelconque manifestation populaire. Kindia a été d’ailleurs la première ville victime par rapport aux manifestations du FNDC. C’était le 4 mai 2019 où le premier procès des membres du FNDC a eu lieu. La troisième raison est que le FNDC n’a pas pu installer vite les antennes avant le début des manifestations dans les quartiers. C’est ce qui justifie la léthargie à Kindia.

Cependant quand même, les populations de Kindia à l’instar des autres de la Guinée sont tout à fait sensibles à la fibre populaire, à la volonté d’Alpha Condé de violer nos lois. Il est important de signaler que les citoyens de Kindia aussi ne sont pas favorables à un changement de constitution.
Suite à l’appel de résistance active et citoyenne appelé par le FNDC dont vous êtes un membre influent, des actes de vandalisme ont été enregistré à Dalaba, Pita, Labé.

Vous condamnez ces actes ?


Abdoulaye Bah : Je ne les condamne pas. Ces actes de vandalisme sont l’expression d’une mal gouvernance et d’une volonté illégale de confiscation du pouvoir en violant toutes ses dispositions légales. Mahatma Gandhi disait que lorsque le peuple souverain d’une nation constate que le gouvernement est hors la loi et corrompu, il a le devoir sacré de résister. Résister en le faisant partir. Cela se fait dans le monde entier. Si le gouvernement se comportait de manière normale, les citoyens ne pouvaient que les applaudir. Mais la Guinée va mal, on ne peut pas nier cela. On ne peut pas être aussi fâché contre un gouvernement si la situation n’est pas catastrophique. Aujourd’hui, ces militaires, gendarmes et policiers qui tuent les enfants des autres parce qu’ils ont manifesté sur la voie publique pour réclamer le respect de la loi. Je vous assure si les pays ne sont pas gouvernés de manière légale, c’est ce qui arrive dans le monde entier. Ce qui est arrivé en moyenne Guinée n’est que la conséquence logique d’un gouvernement qui se moque du peuple.
Le président de la république a récemment convoqué le corps électoral pour les législatives du 16 février prochain. Comment se passe la campagne électorale à Kindia ?
Abdoulaye Bah : Avant de répondre sur la campagne électorale, je tiens à préciser que tout ce que le président de la république et son gouvernement font est illégal. C’est ça le malheur. Parlant de l’éventuelle nouvelle constitution illégale, même l’adjectif nouvelle ne sied pas parce qu’elle n’est fondée sur aucune disposition légale. On peut modifier des articles, on peut réviser les articles des constitutions, on peut les amender mais on ne peut pas changer une constitution comme on change une chemise ou une voiture. Il y a quatre raison en sciences politiques et en droit constitutionnel qui expliquent le changement d’une constitution. La première raison est lorsque nous assistons à la naissance d’un nouvel État. La deuxième raison pour changer ou créer une constitution est lorsqu’un pays sort d’une guerre catastrophique comme celle de la guerre mondiale. La troisième raison est lorsqu’un peuple, un État vit une catastrophe civile comme le génocide au Rwanda. Et enfin, c’est lorsqu’un État, un pays a été par le fait du hasard ou de l’histoire se retrouve dans les mains d’une oligarchie. Une oligarchie est une association d’élites politiques, civiles de malfaiteurs. En ce moment, l’armée qui est garante de la république et de la souveraineté nationale, une armée morale décide de ramasser tout simplement et bonnement l’élite civile dangereuse et remet le pays à l’État et la constitution peut être soit suspendue ou changée comme ce fut le cas au Ghana avec J. Rawlings. Ce sont les 4 raisons pour changer une constitution. Mais aucune de ces raisons ne concernent la Guinée. Cependant, nous avons un président qui savait très bien qu’il est élu sur la base d’une constitution qui fixait le nombre et la durée du mandat dans l’article 27 et l’article 154 qui prévoit cinq intangibilités parmi lesquelles la durée et le nombre de mandats. Maintenant, il se lève un beau matin parce qu’il a une boulimie du pouvoir, il déverrouille les intangibilités dans le but de faire une constitution taillée à sa mesure. Il veut rester au pouvoir jusqu’à la fin de sa vie et de donner également à son parti et à l’élite qui l’entourent de gouverner a Guinée pendant 50 ans au minimum. C’est ce que beaucoup ne savent pas.
Concernant la campagne électorale, je suis désolé de vous dire qu’il n’y en a pas. En démocratie on ne doit pas quelqu’un quand il sort parler à la population pendant la campagne électorale. En démocratie, les gens sont libres d’aller vers les populations en toute indépendance pour s’adresser à eux. Mais ici, on ne ressent pas qu’il y a campagne électorale. A Kindia comme partout ailleurs, il n’y a rien. Même le RPG n’est pas sorti. Et il ne sortira pas parce qu’en fait, il y a une crise politique grave. Ils savent eux-mêmes que c’est du faux. Il n’y aura pas d’élections le 16 février 2020 parce que toutes les règles démocratiques ont été complètement violées.

Sadjo Bah pour Actuguinee.org

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