Guinée : L’intégralité des propos révoltés de Salif Keïta à Conakry

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A l’occasion de ses 50 ans de carrière, l’artiste malien, Salif Keïta était à Conakry le lundi 30 décembre 2019 où selon lui, le salon d’honneur lui a été refusé. Il fait savoir que ça fait 600 ans que l’Afrique est maltraitée par les ‘’blancs’’. Pour lui, l’Afrique reste pauvre parce qu’ils sont en train de tuer les Africains pour en profiter. Il invite donc la jeunesse africaine à continuer le combat après lui.

« J’ai 70 ans, j’ai passé 20 ans de scolarité et 50 ans de musique. Je suis quelqu’un de déterminé comme Malcolm X, comme Martin Luther King, comme Sékou Touré, comme Kouamé N’krumah. Tous ces pionniers qui ont aimé l’Afrique dans leurs cœurs, qui se sont battus et qui peut être sont partis par trahison, par empoisonnement pour cette Afrique qui nous est très chère. Cette Afrique a besoin de vous.

Ça fait 600 ans que les blancs sont rentrés chez nous. Depuis l’an 1400, ils sont venus, ils ont commencé à nous vendre, à nous maltraiter. Ça fait 600 ans de maltraitance. Je suis sûr que ces gens trouveront toujours ce petit filon d’ADN africain qui va toujours les rappeler que l’Afrique a eu des guerriers qui se sont battus », a expliqué Salif Keïta.

A cause d’eux, nos enfants sont en train de mourir dans le désert, ils sont en train de mourir en esclavage en Libye, dans l’océan. Parce que tout simplement ils ne veulent pas qu’on soit développé. Donc je vous confie l’Afrique. Est-ce que je vais revenir en Guinée ? Ce n’est pas sûr. Donc je profite pour vous dire que ce continent a besoin de vous.

NOUS SOMMES DES PAUVRES GENS MAIS DIGNES DEVANT LEUR PUISSANCE.

Ce continent si riche, si pauvre, si digne a besoin de vous. Riche parce que c’est le sous-sol africain qui rend le monde riche. Pauvre, parce qu’ils sont en train de nous tuer, de nous maltraiter pour profiter. Nous sommes des pauvres gens mais dignes devant leur puissance. Je suis très fier de parler à cette jeunesse sur laquelle je veux compter. Que ce combat continue après moi, a invité l’auteur d’’’un Autre Blanc’’.

Pour lui, « il y a des puissances qui sont premiers producteurs d’or, pourtant elles n’ont pas d’or chez elles. Il y en a qui sont premiers producteurs d’uranium alors qu’ils n’ont pas de mine d’uranium chez eux. Premiers en pétrole alors qu’ils n’ont pas de pétrole chez eux. Nous sommes des pauvres qui avons tout ça, mais quand même pauvres ». « J’ai eu une petite histoire en Guinée.

JE SUIS ALLÉ À L’AÉROPORT ET IL Y A EU QUELQU’UN QUI N’A PAS VOULU QUE J’AI ACCÈS AU SALON D’HONNEUR.

Et on m’a foutu dehors. Cela n’est pas un problème. Mais j’avais oublié que l’aéroport guinéen n’est pas guinéen, il est français. 99 ans de contrat avec la France, il n’est pas guinéen mais français. Si je l’avais su d’avance, je ne serais pas allé dans le salon d’honneur.

Mais je suis fier, le Président Alpha Condé est en train de faire une route entre Bamako et Conakry et je serai fier de découvrir le paysage entre les deux capitales en passant par la route », a-t-il marré. « J’ai pu avoir plusieurs nationalités. J’ai pu être français, américain, norvégien, suisse, canadien ; j’ai refusé. Je suis africain et je vais mourir africain. Je suis un africaniste, fier de l’africain et prêt à mourir pour l’Afrique », a fait savoir le septuagénaire.

Rappelons qu’en novembre 2019, dans une vidéo diffusée sur Facebook, l’artiste s’était adressé en bambara au président Ibrahim Boubacar Keïta, en lui demandant de ne plus obéir à son homologue français, Emmanuel Macron, et avait accusé la France de financer les djihadistes dans son pays.

Karina Fofana pour afriksoir

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