La Sonatel accusée d’avoir corrompu le premier ministre de la Guinée Conakry

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Avant le 09 décembre 2004, date de sa nomination à la primature, Cellou Dalein Diallo est au ministère de la pêche et de l’aquaculture. Au même moment, l’appel de l’attribution de la 4ème licence GSM est lancé.

Dans les grands milieux d’affaires du pays, c’est une aubaine, l’opportunité est trop belle pour la rater. Alpha Amadou Diallo, richissime commerçant guinéen, défend le dossier de la Sonatel. Pour ce faire, il prend de nombreux contacts dans la haute sphère de l’administration guinéenne et cherche des appuis dans d’autres services publics. Peu de temps après, Cellou Dalein Diallo arrive à la primature. Et aussitôt, Alpha Amadou Diallo, ne tarde pas à le rencontrer, lui parle de la 4ème licence et lui présente le dossier de la Sonatel. Dans le plus grand secret, l’accord est conclu entre les deux hommes. Alpha Amadou devient ainsi l’émissaire du premier ministre auprès de la Sonatel avec pour double mission de négocier et de récupérer le pot de vin mais aussi de garantir auprès du no 2 du Gouvernement guinéen les intérêts de la Télécom-Sénégal.

Après plusieurs mois d’intenses bras de fer avec le Ministre des Postes et des Télécommunications, Jean Claude Jacques Sultan, Cellou Dalein Diallo n’a pas pu offrir comme promis la 4ème licence GSM à la Sonatel. Pourtant la Sonatel avait repris de l’espoir suite à la demande par Conté à ce que le Trésor guinéen rembourse à la société Investcom Holding (qui a finalement gagné la licence) l’intégralité des sommes déjà avancées.

La raison ? Cette société aurait au sein de son capital un ennemi encombrant de Conté, l’ex président du Libéria, Charles Taylor. La Sonatel avec cet ultime volt face de Conakry espérait toujours gagner la licence Gsm, mais le président guinéen est revenu sur sa décision et Investcom a commencé à s’installer sur place.

Après avoir versé 15 millions d’euros d’acompte à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Investcom Holding a entamé depuis quelques jours son installation à Conakry. En effet, des sources proches de l’équipe dirigeante de la société de téléphonie mobile indiquent que des centaines de milliers de dollars, 200.000 à 300.000$ ont été mobilisés pour le siège, désormais sis à la cité des chemins de fer à Conakry ainsi que pour les matériels et les équipements.

Un premier jet rapide pour l’installation administrative et technique de l’entreprise, avant le début de l’exploitation qui ne saurait tarder à venir, nous confient les mêmes sources. A Conakry, dans les hautes instances du gouvernement, on ne parle plus de la Sonatel.

Le choix est clair, il est fait, le match est fini, la récréation est terminée, déclare sous couvert d’anonymat un des dignitaires du régime. Mais l’affaire est en train de devenir en Guinée, un véritable scandale politico financier. Les médias guinéens réclament le départ du premier ministre et son éventuel emprisonnement.

(Source : Rewmi.com, 27 octobre 2005)

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