Assassinat de Fatoumata Tounkara : le témoignage émouvant de sa voisine « Monsieur Nabé a tué sa femme »

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http://ACTUGUINEE.ORG / Nous avons trouvé, ce lundi matin Madame N’Diaye, voisine directe de feue Fatoumata Tounkara, dans un état de tristesse indescriptible, à son domicile de Yimbaya Tanéné. Nous avons pu la convaincre de parler, nous l’avons convaincue de nous parler de sa regrettée voisine et de ce qu’elle sait de son meurtre, elle se livre sans concession.

Lisez plutôt son récit assez pathétique.

« Dans la journée du samedi, monsieur Nabé m’a demandé de garder leur enfant, il m’a dit que sa femme est à une réunion de travail. Je lui ai dit que je ne pouvais pas, parce que je suis malade, il a insisté, j’ai dit non. Il est allé voir une autre voisine, celle-ci également à dit qu’elle ne pouvait pas, elle n’a pas de temps, c’est alors qu’il a envoyé l’enfant chez sa grand-mère, le lendemain.

Mais, le samedi nuit, je descendais pour aller acheter du lait Ardo, pour mes enfants, j’ai croisé monsieur Nabé arrêté en bas de l’étage, en culotte, il avait un couteau dans la poche. Je lui demandé ce qui n’allait pas, il m’a répondu « c’est ta mère (c’est ainsi qu’il appelait cette femme) qui a recommencé encore ». Je lui ai répondu, en disant » mais monsieur Nabé, c’est votre femme, quand ça ne va pas, trouvez une solution, sans faire de violence » il m’a dit « awa, j’ai compris » en remontant, il était 23heures, je l’ai vu boire du Coca.

Le matin à 6 heures du matin, je sortais, je l’ai encore vu arrêter en bas, avec la même culotte et le même habit, je lui ai encore demandé ce qui n’allait pas, il m’a dit qu’il était descendu pour faire du sport. Pourtant, nous avons fait 3 ans ici, je ne l’ai jamais vu faire un seul sport. Tous les jours, il sort entre 9 et 10 heures, j’étais donc étonné de le voir très tôt dehors. Je suis rentré le soir, il n’était pas tranquille, il rentrait et sortait de la maison, en plus, il fermait toutes les portes à clé. Je pense que c’est dans la nuit du samedi (le 08 juin) qu’il a commis l’acte. Durant 2 jours, il était la, le corps était à l’intérieur, il dormait avec. A partir de lundi, on ne l’a plus vu. En partant, il a laissé les climatiseurs allumés. On a fait lundi, mardi, mercredi jusqu’à vendredi, on ne voyait personne. J’ai dit à ma sœur » ça, c’est bizarre, chez nous, quand un homme et sa femme font des histoires, c’est la femme qui part chez ses parents, les deux ne quittent pas la maison ».

On a commencé à appeler Fatim, son téléphone sonnait mais, elle ne décrochait pas. On est allé sonner à sa porte, pas de réponse. Le vendredi, le concessionnaire a remarqué les climatiseurs allumés, il a fait sauter le disjoncteur. Au bout d’un temps, on a commencé à sentir une odeur, j’ai pensé que c’était les ordures qu’on n’avait pas jeté. On a fait appelle aux jeunes qui sont allés à leur balcon (le couple logeait au premier étage) pour faire descendre la poubelle. Malgré cela, l’odeur était persistante, le samedi et le dimanche. Les jeunes ont pris une échelle pour monter au balcon. Arrivée au niveau de la fenêtre de leur chambre, ils ont poussé les vitres pour voir, c’est alors qu’ils ont vu le corps de Fatim allongé. Le concessionnaire a appelé la gendarmerie, quand ils ont défoncé la porte, on a vu le corps en décomposition. Elle était attachée des pieds et des mains, la bouche attachée aussi. On a vu qu’elle était percée au niveau du bas-ventre et sur les côtés, le couteau était dans la cuisine. Nous étions tous dépassés, jusqu’ici, je n’en reviens pas, monsieur Nabé a tué sa femme. Pourtant, il va tous les jours à la mosquée, son front est même noir.

La mère de Fatim m’a dit que 9 hommes ont voulu de sa fille en mariage, elle a refusé, c’est monsieur Nabé qui était le 10e, elle a accepté de lui donner sa fille parceque son front est noir, donc il prie beaucoup.

« Il se disputait tout le temps avec sa femme. Je crois que c’est la jalousie qui l’a poussé à faire ça, il était trop jaloux. Il avait de l’argent avant, maintenant, il n’a plus rien. C’est sa femme qui se débrouillait à travers des stages dans les entreprises, mais partout où elle avait la chance de travailler, il partait la bas pour menacer, elle changeait tout le temps de service. » Ainsi s’est confiée à nous cette dame qui avait l’air terrifiée par ce qu’elle venait de vivre.

Pour rappel, Fatoumata Tounakara était âgée de 25 ans, son mari est âgé de la cinquantaine. Ils se sont mariés en 2016 et ils ont eu un garçon qui est âgé de 3 ans. Monsieur Mory Nabé, le principal suspect de ce crime odieux et crapuleux , est un commerçant vendeur de friperies à Madina. Il a été mis aux arrêts, ce lundi par la police.

Antoine Guineepanorama.com

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