Guinée : Le rapport sur l’état de la population mondiale 2019 lancé à Conakry

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http://ACTUGUINEE.ORG / Le gouvernement guinéen par le biais du ministère du plan et du développement économique en partenariat avec le système des nations unies a procédé ce mercredi au lancement du rapport sur l’état de la population mondiale 2019 dans un réceptif hôtelier de Conakry.

Le rapport permet aux différents décideurs étatiques et non étatiques de voir comment les progrès sont réalisés sur les droits en général, les droits à la santé sexuelle et reproductive.

Selon M. Mohamed Hama Garba, coordinateur résidant par intérim du système des nations unies, le programme d’action de la conférence internationale sur la population et le développement de 1994 au Caire a mis l’accent sur le fait que tous les pays devraient s’efforcer de garantir à toutes les personnes un accès par l’intermédiaire du système, à des services de santé en matière de procréation dès que possible avant 2015.    

Vingt et cinq ans plus tard, ces engagements n’ont pas respectés d’où le thème du rapport de cette année  «Une tâche inachevée ».

«-Le ratio de mortalité maternelle devrait être inférieur à 100 décès pour cent mille naissances vivantes. En Guinée, nous sommes à 550 pour cent mille naissances en 2016 (selon MICS5) ; le quotient de mortalité infantile devrait être inférieur à 50 pour mille. En Guinée, nous sommes à 66 pour mille en 2018 (selon EDS5) ; la prévalence contraceptive devrait atteindre en 2015, 15%. Nous sommes actuellement à 11% en 2018 (selon EDS5) ; l’espérance de vie à la naissance devrait être au moins à 65 ans. En Guinée, nous sommes à 59 ans en 2014 (selon le 3ème recensement général de la population ; le pourcentage de la population attendue en 2015 était de 56%, nous sommes actuellement à 34% (selon RGPH3) ; la proportion de ménages ayant accès à une eau de boisson de qualité est 83% pour une cible attendue de 100% ; la parité de fille/garçon est de 0,91 pour une cible est égale à 1 en 2015 ; aujourd’hui encore, à travers le monde, des millions de femmes touchées par la guerre ou les catastrophes sont privées de services  de contraception ou d’accouchement sûr » a rappelé à titre d’exemple M. Mohamed Hama Garba du système des nations unies.

Le rapport de cette année met l’accent sur les engagements pris par les pays à travers le monde et qui n’ont pas été satisfaits mais qui méritent l’attention de tous les acteurs qui travaillent pour le développement des populations. Il met aussi en exergue les progrès remarquables réalisés en matière de santé sexuelle et reproductive depuis 1969 (date de la création de l’UNFPA) dans plusieurs pays mais aussi les objectifs non atteints à ce jour.

Selon Mohamed Sano, directeur national de population et développement, le rapport sur l’état de la population 2019 comporte plusieurs chapitres dont : le respect des droits et la liberté de choix pour les femmes en terme de santé sexuelle et reproductive, disponible mais inaccessible c’est-à-dire que les contraceptifs modernes sont disponibles mais il y a des obstacles de natures économiques, géographique, juridiques qui affectent les femmes dans la disposition de leur corps pour savoir avec qui et quand avoir des enfants ; il y a la défense des droits en situation de crises humanitaires et en dernier ressort plus que ma mère et moins que ma fille.

«La présente publication revêt une signification toute particulière. En effet, nous célébrons cette année deux évènements majeurs. Il s’agit des 50 ans d’activité du fonds des nations unies pour la population  -UNFPA- et organisme des nations unies en charge de la santé sexuelle et reproductive et des 25 ans de la conférence internationale sur la population et le développement  -CIPD- à l’issue de laquelle, les liens entre l’autonomisation des femmes, le droit à la reproduction et le développement ont été consacré » a rappelé Kanny Diallo, ministre du plan et du développement économique avant de revenir sur le bilan du rapport : «En termes de bilan, le rapport passe en revue les progrès accomplis, il met l’accent sur les défis et plus particulièrement les obstacles à lever pour le plein exercice du droit et des choix en matière de santé sexuelle et de reproduction. Au regard de la situation de départ, 50 ans plus tôt où la contraception était un luxe, la probabilité à mourir en accouchant était élevée et où les femmes se trouvaient dans l’incapacité d’opérer de vrais choix de vie »poursuivant, elle dira : «Les progrès enregistrés depuis 1969 sont encourageants. Cette tendance mondiale se reflète parfaitement dans les indicateurs socioéconomiques et sociodémographiques en Guinée. Les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2018 indiquent en effet que de plus en plus de femmes utilisent une méthode contraceptive moderne, 10,6% en 2018 contre 4,6% en 2012. La fécondité est en baisse, 4,8% en 2018 contre 5,1% en 2012. Le pourcentage d’enfants ayant commencé une vie procréative est en recul, 26% en 2018 contre 34% en 2012. Le pourcentage des femmes accouchant dans une structure sanitaire augmente, 53% en 2018 contre 40% en 2012. S’agissant toujours des progrès, le rapport indique que la lutte en faveur des droits de reproduction a fait chuter le nombre de grossesses non désirées, de décès maternels et a permis à des millions de femmes d’avoir des vies plus saines et plus productives ».

En dépit de ces progrès réalisés ces 50 dernières années en matière de santé sexuelle et reproductive, les objectifs ne sont pas atteints et de nombreux défis sont à relever : «De très nombreuses femmes sont encore privées de leurs droits reproductifs, ainsi en est-il des millions de femmes qui voudraient éviter une grossesse mais qui n’ont pas accès aux informations relatives à la contraception moderne, des centaines de milliers d’autres se trouvent privées du pouvoir de prendre des décisions relatives à leur corps notamment choisir si et quand elle désire concevoir et des minorités ethniques (…). Le rapport en se fondant sur les avancées significatives des 50 dernières années plaide pour un partenariat continu entre la société civile, les Etats, le monde universitaire et les institutions internationales pour garantir le droit sexuel et reproductif. Le rapport préconise de mettre l’accent entre autres sur les actions suivantes : la formulation de politique démographique conforme aux droits humains en général et aux droits à la reproduction en particulier, la mise en œuvre de programme visant à accroitre l’offre et l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, l’éducation des filles afin qu’elles soient en capacité de faire évoluer les normes et attitudes inéquitables entre les sexes et de lutter contre les violences sexistes, les mariages d’enfants, les dictats de la fécondité et la préférence pour les garçons. La plupart de ces orientations du rapport figure en bonne place dans le Plan National de Développement Economique et Social  -PNDES- 2016/2020 (…) a ajouté la ministre du plan et du développement économique avant de rassurer que le gouvernement marque sa totale disponibilité à mettre en œuvre les recommandations du rapport sur l’état de la population mondiale 2019. Et à redoubler d’efforts pour s’aligner sur le sigle des trois 0 c’est-à-dire 0 besoin non satisfait de contraception, 0 décès maternel évitable, 0 violence ou pratique néfaste à l’égard des femmes et des filles.

Par ailleurs, Mohamed Hama Garba a réitéré l’engagement du système des nations unies à soutenir le gouvernement guinéen dans ses efforts pour achever sa contribution à la réalisation des buts et objectifs du programme d’action de la CIPD de 1994 au Caire.

Outre la ministre du plan et le coordinateur du système des nations unies, des représentants de la société civile, des ambassadeurs, chefs de missions diplomatiques, représentants des organisations internationales, interafricaines entre autres étaient présents à la cérémonie de lacement du rapport.

Sadjo Bah pour Actuguinee.org Tél : 625016669 

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