VOX POPULI, VOX DEI (Par Dr Sidiki Cissé de Fria)

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Sur http://Actuguinee.org / Peut-on se réclamer démocrate et protecteur des intérêts du peuple quand, au même moment, on veut empêcher, par tous les moyens, ce même peuple à se prononcer sur un élément aussi essentiel que la constitution ? Pourtant, c’est à cette épreuve de l’impossible mariage de l’eau et du feu à laquelle certains de nos compatriotes voudraient  s’essayer.

En effet, depuis le début  du débat sur  le maintien ou pas de l’actuelle constitution,  des Guinéens n’hésitent  point à proclamer leur farouche  détermination à user  de tous les moyens pour empêcher  le peuple de jouir pleinement  de sa souveraineté, conformément à ce que  stipule  l’alinéa 1, article 2 de la constitution : «la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus ou par voie de  référendum » ; et l’alinéa 2 du même article de poursuivre : « aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice ».  Cet article signifie clairement que le peuple est au-dessus de tout ; et que ni les pros, ni les antis, pour une nouvelle constitution, ne pourraient ou ne devraient s’arroger le droit de parler en son nom.  On peut ainsi dire que si les intangibilités sont au-dessus des individus, elles ne peuvent cependant en aucun cas s’opposer à l’expression libre de la volonté de tout un peuple.

Le FNDC

En dépit de la clarté des dispositions de cet article, de nombreuses organisations, à l’instigation de ceux-là qui craignent par-dessus tout le verdict populaire, fleurissent et tentent de créer un climat de tension et de peur pour museler le peuple.

Au nombre de ces organisations agitatrices, citons le FNDC, les brassards rouges, les gilets rouges et autres trublions qu’il serait fastidieux d’énumérer tous.Afin d’éviter au peuple de tomber dans le piège des propagandistes professionnels de cet ensemble hétéroclite, il nous parait utile de présenter quelques-uns d’entre eux sous leur vrai visage.

LE FNDC : Front National de Défense de la Constitution !  Curieuse dénomination pour une organisation qui s’est jurée d’étouffer la voix du peuple dans un débat aussi important, le  débat sur le référendum constitutionnel, par des moyens  des plus contestables : diffamation, manifestations violentes, chantages, grèves sauvages politiques commanditées par des mains  noires, conspiration; bref ! Tout un arsenal d’armes de déstabilisation  massive (ADM) qui justifierait cette autre appellation du FNDC par  Front National pour la Diffamation et la Conspiration.

Pourquoi les membres de ce front qui se targuent de pouvoir mettre dans la rue des millions de personnes pouvant affronter n’importe quelle armée du monde, pourquoi,  disons nous ,ne pas utiliser  cette formidable capacité de mobilisation pour mener campagne,  voter,puis sécuriser leur vote ? La réponse est claire : la certitude de mordre inévitablement la poussière devant le Professeur Alpha Condé dans un combat loyal face à l’éventualité d’une candidature de celui-ci.

Les partis politiques membres du FNDC : sans pouvoir les citer tous, retenons, entre autres :

L’UFDG

-L’UFDG : composante essentielle de l’opposition républicaine et du FNDC, ce parti, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, donnera-t-il raison, par la relance des manifestations de rue, à ceux qui l’ont toujours qualifié d’Union Des Forces de Déstabilisation de Guinée ? Déstabilisé par l’installation des PA(Point d’appui) dans ses bastions de la haute banlieue de Conakry, affaibli par le départ de personnalités de renom comme Aboubacar Sylla, Mouctar Diallo, Makanéra et Papa Koly, et enfin désarçonné dans son fief de Pita par le mois de reconnaissance du Fouta au Président Alpha Condé, mené de mains de maître par le leader des NFD, ce parti ressemble de nos jours à un tigre en papier. Le leader de l’UFDG qui fut un fervent partisan, et même directeur de campagne au Fouta, d’une modification constitutionnelle ayant abouti au Koudéisme, sera en grande peine pour convaincre les Guinéens de sa brusque reconversion en démocrate. Quel crédit pourrait-on d’ailleurs accorder à la sincérité de conviction d’un homme qui, en l’espace d’une semaine,dit et se dédit sur un seul et même sujet : le référendum constitutionnel de 2001, qui aura permis à Feu Général Lansana Conté, bien que très affaibli par la maladie, de rempiler pour un troisième mandat ? Si, comme le prétend le chef de file de l’opposition, être un bon Président est une condition suffisante pour obtenir un nouveau mandat, quel argument pourrait-il alléguer à l’encontre de ceux-là qui, très nombreux, trouvent que le Professeur Alpha Condé est un bon Président et qu’à ce titre, il devra poursuivre la réalisation de son ambitieux programme de développement au-delà de 2020 ?

-L’UFR : Union Des Forces Républicaines,encore appelée Union des Forces Ronchonnes, en raison de l’insatisfaction permanente qui caractérise son leader, toujours en train de maugréer dans ses incessants va et viens. Son célèbre slogan « ton pied mon pied » qui continue encore de résonner à nos oreilles, en dit long sur celui qui veut se présenter aujourd’hui comme un parangon de vertus en matières de respect des normes démocratiques.  Son parti, incapable d’enrayer une descente aux enfers entamée depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010, continue de surfer sur une gloire à jamais perdue qui ne trompera plus personne.

– Le PEDN : en errance depuis son départ de la mouvance présidentielle en 2012, le parti de l’espoir pour le développement national ou parti errant des dépités de la nation fait penser à un bateau ivre, menacé de naufrage à tout moment, et duquel s’échappent les passagers dans un sauve qui peut indescriptible.

-Le PADES : le parti des démocrates pour l’espoir ou parti du désespoir est un petit poucet, un bébé sans griffes et sans dents qui ne peut faire du mal à personne.

-Le BL (bloc libéral) : plus connu par la truculence et la tonitruance verbale de son leader, Dr Faya Lansana Millimouno, que par une quelconque capacité à mobiliser les foules. Ce parti restera toujours un amuseur de la scène politique guinéenne, aussi longtemps que son chef n’aura pas compris que la gestion de la réalité politique est totalement différente des débats enflammés dans les amphithéâtres universitaires. En raison de la « maigreur » des foules que ses coups de gueule mobilisent, d’aucuns n’hésitent pas à dire que le bloc libéral est en réalité un bloc lamentable.

-Le RGD (Rassemblement des Guinéens pour le Développement) : avoir pour leader un homme qui sera resté longtemps dans le gouvernement de la troisième République, à des postes stratégiques et juteux, et qui n’en découvrira les « tares » qu’après en avoir été renvoyé, rend peu ou pas du tout crédible le discours de cette formation politique. Ce discours est un disque usé, souvent utilisé par tous ceux qui oublient qu’ayant remplacé, qu’à leur tour, ils seraient eux aussi remplacés. D’où la forte tentation à traduire l’acronyme RGD par la Rengaine d’un Grognon Déflaté.

-L’UDG : arrivée à l’Assemblée Nationale dans les manches du grand boubou jaune du RPG AEC, et porté à la tête de la mairie de Kindia avec son seul et unique conseiller, grâce au soutien du même parti, l’Union pour la Démagogie en Guinée semble maintenant se prendre pour un senior qui voudrait désormais jouer dans la cour des grands, alors qu’il n’en a ni le gabarit, ni la force de frappe. Est-ce ce nouveau protectorat dont elle bénéficie actuellement de la part de l’UFDG qui lui fait prendre de tels airs ? Erreur monumentale ! Car ce parti a proclamé avoir tiré un trait définitif sur le greffage de listes électorales qui permettait à des formations politiques sans envergure d’échapper à une noyade plus que certaine lors des différentes consultations électorales ; L’UDG croit-elle vraiment que le croc en jambe qui l’a hissé à la tête de la mairie de Kindia, au détriment de son allié et protecteur du jour, a déjà été oublié par celui-ci ? Rien n’est moins sûr. Et les législatives qui pointent à l’horizon prouveront de façon indiscutable que la vanité de cette grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un bœuf n’est que vacuité qu’aucune démagogie ne saurait combler.

Il serait injuste et tout à fait inimaginable de boucler cette ronde non exhaustive des partis frontistes sans citer la GECI, Génération   Cireurs de Chaussures pour grands partis, du terne Fodé Mohamed Soumah, et l’UFD, l’Union des forces Décadentes du parolier de la politique guinéenne, Bah Mamadou Baadiko, deux formations politiques dont les performances électorales, depuis l’avènement du multipartisme en guinée, sont calamiteuses ou simplement inexistantes. Il s’agit là de partis politiques que l’on compte plus qu’ils ne comptent, mais dont les présences sont néanmoins indispensables à une colorisation égayante de la scène politique guinéenne.

Les FSG(forces Sociales de Guinée) : la dénomination de Forces Subversives de Guinée serait mieux, tant elles auront été à l’avant-garde de toutes les entreprises de déstabilisation du pays au cours des deux dernières années.Leur manque  total d’ancrage au sein du peuple sera révélé par les échecs cuisants qu’ils essuieront, suite à leurs intempestifs et infructueux appels à manifester en de nombreuses occasions, notamment :

-l’affaire kèlèfa Sall

-la populiste et démagogique lutte pour la baisse du prix du carburant à la pompe, dans un contexte fortement marqué par le coulage pétrolier organisé et entretenu par des délinquants économiques.

-leurs insignifiantes gesticulations contre la prorogation du mandat des députés par décret présidentiel, après consultation et avis favorable de la cour constitutionnelle.

Les composantes principales des FSG sont :

-la PCUD : éjectée du champ social par son grand rival du CNOSC (Conseil National des organisations de la Société Civile), la plateforme des citoyens unis pour la Démocratie a littéralement plongé dans le marigot politique pour se transformer en Plateforme des Citoyens Unis pour le Désordre, au service d’intérêts politiques inavouables. Pour avoir été le centre de commandement des actions de déstabilisation du régime, et servi  de refuge pour des fauteurs de troubles, en fait des syndicalistes politicards ayant joué à cache-cache avec les forces de sécurité, la PCUD s’est totalement discréditée aux yeux de l’opinion nationale devant laquelle elle apparaît dorénavant comme une simple marionnette.

Le Balai Citoyen : véritable tonneau vide que ce Balai Crédule ! Prompt à se saisir du moindre événement pour asséner ses théories juridiques bancales, les réseaux sociaux et les médias privés restent les seuls recours à la disposition du coordinateur de ce mouvement pour prouver  son  existence. Ayant naïvement pensé que les exemples congolais ou burkinabé étaient reproductibles partout, et plus particulièrement en Guinée, le leader du Balai Crétin est aujourd’hui dans la situation de quelqu’un qui prêche en plein désert.

S’agissant des brassards rouges et des gilets rouges, que l’on pourrait également appeler braillards rouges et grincheux rouges, il faut simplement déplorer le manque d’imagination de ses fondateurs qui n’auront pas trouvé meilleure couleur que le rouge, cette couleur rappelant le trop de sang versé par notre peuple tout le long de son tumultueux et tragique parcours. Perçues comme promoteurs de violences que le rouge suggère, ces organisations “épouvantail“ ne rencontreront ni soutien, ni sympathie au sein du peuple.    D’autres organisations opportunistes aux appellations les plus farfelues et aux ambitions des plus obscures, qui prétendent défendre la constitution alors qu’elles veulent étouffer l’expression de la volonté populaire, continuent de foisonner.

Cependant, en dépit d’une propagande médiatique forcenée et  tapageuse dans le but d’amplifier leurs actions très marginales, le manque criard d’adhérents ou de sympathisants est la preuve que le peuple refuse de selaisser enfermer dans le piège des verrous constitutionnels.

C’est à juste titre que le Général De Gaulle, citant Solon, homme d’Etat, législateur et poète athénien, considéré comme le père de la démocratie à Athènes, a dit : « la Constitution est bonne pour un peuple et pour un temps. Il ne faut pas la momifier ». Poursuivant dans la même veine, cet intellectuel catalan affirme, citation : « Les lois sont faites pour les hommes, non les hommes pour les lois ; la constitution est faite pour les hommes et pour les circonstances, non les hommes pour une constitution transformée en référence sacrée et intangible, élevée dans le ciel d’une abstraction inaccessible aux circonstances ».

De nos jours, en raison  de l’existence d’alternances n’ayant conduit ni au développement, ni à une démocratie véritable, les peuples sont de plus en plus circonspects face aux initiatives ou volontés tendant à imposer une automatisation de l’alternance  comme la seule et unique voie pour un développement  intégral et harmonieux ; les peuples sont à la recherche du bonheur  et non de l’alternance pour l’alternance, à la recherche d’ une alternative  pour un mieux être toujours accru pour le plus grand nombre, dans un cadre apaisé pour tous.

Et si dans le cas guinéen, l’accès au grand boulevard qui conduira au bonheur pour tous passe par le référendum constitutionnel, pourquoi pas ? Dans une telle perspective, il est un devoir patriotique pour tous les acteurs (pouvoir, mouvance et opposition), de mettre tout en œuvre pour créer les conditions idoines d’une campagne référendaire égale et équitable pour tous ; ainsi, dans la paix, la tranquillité et la sérénité, le peuple, juge suprême, livrera son verdict qui sera insusceptible de recours.

Tous ensembles pour une nouvelle constitution qui propulsera à brève échéance notre pays dans le club envié des pays émergents !

Mobilisons massivement le peuple pour voter et sécuriser son vote jusqu’à la proclamation définitive des résultats plutôt que d’envoyer de jeunes innocents guerroyer dans les rues !

DR SIDIKI CISSE de FRIA

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