Guinée/ Déchets meurtriers à Dar-es-Salam : irresponsabilité de l’Etat et fatalisme illicite

Une semaine après celui de la Sierra Leone qui était numériquement beaucoup plus important en termes de victimes lundi 14 août, la Guinée a, à son tour, a été endeuillée mais par l’éboulement d’une montagne d’ordures dans le quartier de Dar-es-Salam où l’on a dénombré 9 morts et plusieurs blessés le mardi 22 août 2017
L ’averse qu’a connue Conakry et ses environs dans la nuit du dimanche à lundi 21 et qui s’est poursuivie dans la journée du mardi 22 août a causé des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels à Dar-esSalam, dans la commune de Ratoma à Conakry. Neuf personnes y ont trouvé la mort suite à l’éboulement de la décharge d’ordures se trouvant dans le secteur cracheux, puant et nauséabond dénommé Combosse. Parmi les victimes, 4 originaires de Dalaba, 3 de Gaoual et 2 de Mali.
Aussitôt informé, le chef de l’Etat, sur les pas de Cellou Dalein Diallo et de Sidya Touré, s’est rendu sur les lieux pour apporter son soutien et présenter ses condoléances aux familles éplorées. «Il est extrêmement important qu’on mette de l’ordre dans l’habitat à Conakry», a déclaré Alpha Condé, annonçant par la suite le déguerpissement immédiat des populations riveraines afin d’éviter le pire dans le futur. «On ne peut accepter qu’il y ait des maisons situées dans des endroits marécageux ou autres.
Mais, on va prendre des dispositions au niveau du gouvernement parce que des drames comme ça peuvent être beaucoup plus graves si on ne prend pas des dispositions rapides», a-t-il prévenu. Cette décharge se trouvait à Kénien un quartier de la Commune de Dixinn. Elle a été délocalisée en 1986 pour le site actuel de Combosse à Dar-esSalam. Au début de son premier quinquennat, Alpha Condé avait fait la pause de la première pierre de la décharge publique contrôlée pour Conakry, Coyah et Dubréka sur un site de 60 ha à Kagbélen dans Dubréka. Mais, les travaux se sont limités là et l’infrastructure, comme tant d’autres, tarde toujours à être réalisée. A l’index: Irresponsabilité et fatalisme Loin d’être un effet de changement climatique, c’est la résultante de l’insouciance publique et de l’irresponsabilité des gouvernants qui hument l’odeur nauséabonde des quartiers populaires à chaque fois qu’ils descendent de leurs bolides VA de luxe. Maintenant, avec cette catastrophe qu’ils auraient dû faire éviter à une population emprisonnée dans le providentiel refuge religieux fataliste, ils viennent des verser des larmes de crocodiles alors que des dossiers d’autorisation d’exercice déposés depuis des lustres par des sociétés de recyclage et de traitement de déchets urbains dorment dans leurs bureaux.. En somme, l’éboulement de la montagne d’ordures remet au goût du jour la sempiternelle question de l’assainissement urbain dans ce pays où le fatalisme domine encore les esprits alors que la double responsabilité de l’Etat dans ce fâcheux précédent crève les yeux.
Par Abdoul Malick Diallo in le Populaire

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