Les éventuels maux du système éducatif guinéen! (Deuxième partie)

Les gens de toutes les spécialités sont unanimes de souligner que le niveau du développement d’un pays à quelque chose à voir avec l’état de son éducation. Quant à l’état de notre système, il est urgent que tous ceux qui ont des expériences dans ce domaine, conjuguent leurs effort dans le but d’identifier les maux qui le caractérisent, de situer les responsabilités et pour finalement aboutir à ses résolutions heureuses.
En ce qui me concerne, je continuerai dans cette publication à égrener les problèmes qui sont les causes du manque de niveaux de nos élèves et mettent ainsi en périr les potentialités naturelles de nos jeunes. J’en ai déjà parlé les incompétences des enseignants dans les écoles primaires qui se sont miraculeusement retrouvés dans les sales de classes même si leurs places sont ailleurs, les professeurs qui étudient une chose à l’université et enseignent une autre chose sans aucune formation supplémentaire et toutes ces choses et beaucoup d’autres se passent sous les bénédictions des autorités éducatives à tous les niveaux, d’A à Z.
Aujourd’hui, on parlera quelques responsabilités de l’Etat. Si les élèves sont responsables à un grand pourcentage de leurs faiblesses académiques, il n’en demeure pas moins que leurs gouvernements successifs ont piétiné le département en charge de remplir toutes les conditions nécessaires pour qu’ils soient dans les écoles dignes de noms et soient enseignés par les méritants. Il n’est guère rare de rencontrer les effectifs chinois dans les écoles primaires, les collèges et les lycéens publics. Comme à Kindia par exemple, on y trouve un collège de huit classes de septièmes années, six classes de huitièmes années, … avec chacune plus de cent élèves, qui, s’ils ne s’arrêtent pas pour suivre les cours, s’assoient par trois à quatre pour une seule table-banc. Dans ces situations qui peuvent être indexés partout en Guinée, les contrôles des élèves deviennent malheureusement très difficiles et poussent leurs professeurs à bâcler les cours et les évaluations.
Il est aussi le devoir du gouvernement de mettre aux têtes des ministères en charge d’éducation les gens qui connaissent parfaitement le système parce qu’ils dont dû passer par toutes les étapes nécessaires qui caractérisent ce domaine et en élargissant les mêmes formules aux autorités éducatives locales. Celui qui n’a jamais dispensé un cours, ne peut pas contrôler un seul enseignant; celui qui n’a jamais été un directeur d’école, n’a pas sa place à la tête d’une direction préfectorale de l’éducation et ainsi de suite. On appelle ça, les plans de carrières qui dépendent naturellement des compétences car tout enseignant ne sera pas un directeur d’école et tout directeur d’école ne doit point diriger une direction préfectorale de l’éducation. En Guinée, l’Etat n’hésite pas à nommer un ministre en charge de l’éducation qui n’a jamais mis pied dans une direction préfectorale de l’éducation, a plus forte raison, ait été dans une inspection régionale. Il est fréquent de rencontrer les mêmes manquements à tous les niveaux de notre système. Si ces nominations fantaisistes peuvent marcher dans les autres départements, elles détruiront sans doute celui de l’éducation.
En outre, la prolifération des établissements scolaires privés et les agissements peu catholiques de certains d’entre eux posent de problèmes et disent beaucoup de choses sur le manque de leurs contrôles par les autorités scolaires. On peut comprendre que si les écoles publiques ne sont en mesure de scolariser tous les jeunes, alors les écoles privées seront des aides inestimables. Cependant, il est fréquent de constater qu’elles biaisent les règles de compétitions entre les candidats aux différents examens. Chez eux, personne ne partent avec moins de cinq ou dix de moyennes et surtout que les autorités scolaires locales s’adonnent aux arbitrages passionnés et injustes entre elles. Sans aucun contrôle et l’absence de critères justes et cohérents, elles acceptent les notes de cours de certaines privées et refusent celles des autres ou les diminuent carrément selon leurs humeurs. Heureusement que la nouvelle politique en matière des notes de cours résoudra peut-être ce problème. Si les élèves ont été un peu surpris cette année, beaucoup savent maintenant ce qui les attend l’année prochaine. Sans oublier que personne n’échoue dans les classes intermédiaires lorsqu’ils évoluent dans les privées et certains trouvent même des arrangements pour les non-admis aux différents examens nationaux; et il semble que certains directeurs d’écoles, principaux et proviseurs, contre quelques sommes modiques, appliquent les mêmes formules pour les élèves évoluant aussi dans les publics. C’est pas parce que leurs parents payent les mensualités qu’ils ne doivent pas redoubler les classes qu’ils ont échoué; ces manières de faire n’arrangent point les élèves eux-mêmes. Au contraire, ils compliqueront sûrement leurs évolutions académiques dans le futur.
Enfin, le fait que les enseignants et professeurs souffrent de toutes les manières leur donne, même si incompréhensible, des alibis pour bâcler les cours, enseigner mieux dans les écoles privées que dans les publiques et à attribuer de manières arbitraires et injustes les notes aux élèves. Comme disait M. Kabouya: « L’un des problèmes de la Guinée est tout le monde se justifie ». Il entend par là qu’en général, on aime trouver des faux prétextes ou de fausses justifications aux manquements à nos devoirs. Il appartient donc au gouvernement de créer toutes les conditions nécessaires pour que ceux ont choisi la craie, puissent satisfaire leurs besoins fondamentaux en élevant dignement leurs familles. Sans oublier que si on en trouve les écoles nationales d’instituteurs pour ceux qui souhaiteraient enseigner dans les primaires, à ma connaissance on n’en trouve guère les centres de ce genre dans lesquels les jeunes licenciés puissent recevoir d’autres formations supplémentaires, même si c’est pour une année ou un an et demi dans le but d’enseigner dans les secondaires.

Ibrahima Kandja Doukouré

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