Guinée : Le malaise du Système éducatif est réellement profond ! (Constat)

Une année scolaire n’est validée qu’à l’issue de l’acceptation des résultats des examens nationaux par tous.
La session 2017 des examens vient de se clôturer par le baccalauréat unique ce 11 juillet 2017.
La perfection relève de Dieu, c’est dire ainsi qu’aucune œuvre humaine ne saurait être parfaite. Sur toute l’étendue du territoire national, ces trois examens nationaux ont connu une certaine  réussite dans leur déroulement et surtout par l’intéressement des partenaires sociaux et autorités administratives. Jamais auparavant une telle organisation impliquant l’ensemble des autorités administratives dans la sécurisation des examens n’avait été mise en place.
C’est justement cette stratégie qui a permis d’atteindre un tel résultat.
Le nouveau chef du département serait sur la voie de réussir son pari, la mission à lui confiée par le chef de l’Etat.
Cette victoire met en exergue le profond malaise qui mine le système éducatif guinéen.
Par sa sagacité, il vient de mettre à nu la saignée financière dont l’Etat était victime avec des anciens ministres. Intelligent, prudent, patriote engagé, Ibrahima Kalil Konaté, K2 a décidé sagement de maintenir intact le budget monté par l’équipe de Dr. Kourouma. Et le résultat est accablant car, le nouveau ministre vient de déceler la manne financière qui se volatilisait à chaque examen.
Pour combien d’années cette malversation a duré, malin celui qui pourra quantifier cette rocambolesque saignée.
La moralisation, la crédibilisation des examens en réalité n’étaient que de la poudre aux yeux car, ces fameux slogans opaques empêchaient de voir réellement la réalité.
La suppression des moyennes de cours a mis en évidence la supercherie entretenue par les écoles privées et certains chefs d’établissement véreux, qui ne se gênaient aucunement de gonfler les notes de cours, pour récolter un taux d’admission à leur convenance. Le débrayage à Kaloum est la manifestation logique de ce sevrage brusque.
C’est même inexplicable de voir des candidats s’acharner contre les surveillants et les superviseurs pour motif : ils nous ont empêché de copier. Quel scandale, quelle honte ! Combien de dizaines de milliers d’enfants ont été ainsi trompés par cette mauvaise pratique à travers le pays ?
Le nombre est effrayant et quand on sait que la mission de ce département est de préparer la relève nécessaire au développement du pays, on est abasourdi. C’est pourquoi le ministère de l’enseignement supérieur ne cesse de se plaindre du niveau des nouveaux étudiants admis dans leurs institutions.
Aujourd’hui à cause des mesures coercitives prises contre les candidats et les mauvais surveillants, le peuple espère intensément que le ministre Konaté redorera le blason terni de ce département.
Pour réussir sa mission, Ibrahima Kalil Konaté doit s’entourer des hommes aguerris, consciencieux et patriotes pour l’accompagner dignement. Une purge, même une épuration systématique serait nécessaire. L’habitude étant une seconde nature, il faut alors une prudence extrême au ministre, pour ne pas maintenir dans la bergerie des loups masqués dangereux.
Cinq ans est le temps maximum possible à un poste en la dépassant, le cadre se notabilise et devient inefficace.
L’espoir est alors permis car, ce nouveau ministre est un professionnel du corps enseignant, un pédagogue chevronné et un syndicaliste averti. Il permettra certainement au système éducatif guinéen de panser les plaies de l’administration Kourouma. On comprend aisément pourquoi lors de l’ouverture de l’atelier préparatoire des examens nationaux à Kindia, les DCE/DPE ont qualifié K2 de sauveur du système éducatif.
Ce qui est mauvais pour le système éducatif c’est l’improvisation. Chaque réforme a ses avantages et ses inconvénients. Pour réussir donc une réforme, il est prudent de prendre toutes les dispositions nécessaires à son succès. C’est justement ce manque de précaution et d’analyse qui a entrainé le mauvais fonctionnement des innovations.
Maintenant que le nouveau chef du département veut apporter du renouveau au système éducatif, il serait alors très prudent d’envisager des mesures palliatives pour les conséquences de son application. La suppression des moyennes de cours aux examens, est une mesure salutaire qui rétablit la justice dans les évaluations. Cependant, cette mesure comme nous venons de l’observer avec les résultats du BEPC va entrainer à la rentrée prochaine un surpeuplement des classes de 10è année. Les enseignants doivent être en conséquence bien formés pour pouvoir gérer les gros effectifs. De nouveaux enseignants sont mis à la disposition de l’école guinéenne, ils ont besoin de formation pédagogique et professionnelle.
Les cellules de formation continue doivent être mises à l’épreuve en les donnant bien sûr les moyens matériels et financiers nécessaires à l’exécution de leur mission.
Il faut que les enseignants apprennent à connaitre les trois types d’évaluation nécessaires à l’enseignement/apprentissage :
L’évaluation diagnostique
L’évaluation formative
L’évaluation sommative.
C’est justement autour de ces différents types d’évaluation que l’on doit former les enseignants pour soutenir le renouveau envisagé par le chef de département de l’Enseignement Pré universitaire.
Puisque le ministre est un professionnel de la boite, il y a espoir que le combat qu’il veut mener est à sa portée.
Bon vent à toi monsieur le ministre, le peuple te tient à l’œil hein!!
Actuconakry / Tel +224 622 56 56 67

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