Mort du guinéen Mamadou Magassouba en France , le poignant témoignage de la femme de l’accusé

Dix ans de vie commune, deux enfants, et la police qui sonne à la porte. A partir de ce jour de septembre 2013, l’épouse de Soufiane Kachouri n’a plus reconnu celui dont elle partageait le quotidien, mais pas les secrets. Elle a découvert qu’il venait de tuer d’une balle dans la tête Mamadou Magassouba, « l’ami d’enfance », « le frère ».

« Soufiane m’a menti sur tout », a expliqué ce jeudi à la barre cette mère de famille de 37 ans qui a depuis obtenu le divorce. Mise en confiance par la présidente de la cour d’assises, elle a réussi à surmonter l’épreuve de venir témoigner. Un récit poignant et crucial. Car depuis le début, l’accusé explique qu’il a « voulu protéger sa femme et sa famille », des menaces de Mamadou à qui il devait encore de l’argent et qu’il est soupçonné d’avoir tué le 30 août 2013.

« Mamadou, je l’ai toujours apprécié, il a toujours été respectueux envers moi, même quand j’ai appris qu’il y avait quelque chose de bizarre avec Soufiane », dit la jeune femme. Elle raconte la venue de Mamadou, chez eux, un soir de 2012 où il lui a expliqué que Soufiane lui devait 140 000 €. « On ne pouvait pas rembourser une telle somme. Mamadou a pensé que Soufiane pouvait vendre la maison, mais elle n’était pas à nous,et quand je l’ai dit, j’ai vu de la stupéfaction dans le regard de Mamadou », explique la jeune femme.

« Tout ce que j’ai appris ensuite, c’est quand [Soufiane] a été interpellé », poursuit-elle en pleurant. Elle a alors compris que ses jambes éraflées, le soir du meurtre, ne l’avaient pas été au moment d’« escalader un grillage après une panne de voiture ». Elle a compris que les « affaires » (snack et restaurant à Saint-Ouen) n’appartenaient pas à Soufiane, que les emprunts étaient nombreux… « J’étais sa femme, j’avais toute confiance en lui, je me reposais sur lui, et tout ça c’était de la flûte de pan » pleure-t-elle à la barre.

Elle se tourne vers le box : « Tu nous a mis en danger, je n’accepte pas que tu dises que c’était pour me protéger, à aucun moment tu ne nous a préservés. Regarde où je suis… » Il se lève, baisse la tête, se tait… « Je ne voulais rien de tout ça, je suis désolé… », finit-il par dire, interrompu par la présidente. « Pour une fois, vous ne voulez pas prendre vos responsabilités ? Soyez un homme ! Elle est là, en pleurs, elle sort ses tripes, vous lui faites vivre un enfer et la première chose que vous dites, c’est Je. »

 

S’ensuit un dialogue entre l’accusé et son ex-femme de plusieurs minutes. « Mon intention était de construire quelque chose, chaque jour que Dieu a fait je travaillais pour avoir une vie stable et éduquer nos enfants, lance-t-il. C’était ça mon intention pour ma famille… Oui je t’ai menti. » « Je t’ai tout donné… L’honnêteté aurait payé, lui répond son ex-femme, il faut se rendre à l’évidence : ton rapport à l’argent et le mien ne sont pas les mêmes. » Le verdict est attendu ce vendredi.

 

Parisen

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