Guinée : l’arrêt de Conakry Express, ont-ils menti au Président Alpha Condé ?

Au cours du Conseils des Ministres du lundi 24 Octobre, avant son départ pour la Chine, le Chef de l’Etat, Professeur Alpha Condé a instruit le Ministre en charge des transports d’accélérer les travaux de réparation et de remise en marche du train Conakry-Express à l’arrêt depuis le 1er octobre.

Apparemment, la réalité a été cachée au président de la République parce que l’arrêt du train n’a rien à voir avec une panne quelconque. A l’origine de cet arrêt, il y a un problème d’argent entre la Guinée et ses partenaires chinois. Qui alors, a menti au Chef de l’Etat ? Et pour quoi ?

A l’origine de l’arrêt du train, les partenaires chinois affirment prendre en charge, depuis 6 ans, tous les frais alors qu’ils n’encaissent rien. Ils exigent la signature d’un protocole d’accord encadrant leurs investissements. Ils réclameraient au Gouvernement guinéen, le payement de 40 millions de dollars.

« Chers distingués passagers, le Train Conakry Express pris en charge entièrement par l’équipe de l’assistance technique de la China International Fund a été mis en circulation à partir de l’année 2010 et depuis cette date il a continué sans interruption à apporter aux populations Guinéennes un service de transport confortable, abordable et sécuritaire que nous savons très apprécié du peuple de Guinée. En effet, depuis sa date de mise en circulation, le train Conakry Express a fonctionné plus de 1400 jours. Au cours de cette période il a parcouru plus de 200,000 kilomètres jusqu’à fin juillet 2016 et transporté plus de 9,170,000 passagers sans incident.

Au cours de l’exploitation du train, nous avons apprécié le soutien et la confiance des populations et des passagers du train que nous souhaitons d’ailleurs à l’avenir encore plus nombreux à embarquer sur le Conakry Express. Cependant, il nous paraît dorénavant indispensable de porter à votre connaissance le fait qu’en plus de l’investissement de fonds importants dans l’achat du train et des équipements nécessaires à son fonctionnement et de son acheminement de la Chine vers la Guinée, c’est notre société qui prend en charge la totalité des dépenses liées au fonctionnement du train alors qu’elle ne reçoit en retour aucune recette. En effet, depuis six 06 ans que le Conakry Express est en fonctionnement, c’est notre société qui prend en charge entièrement les frais de toutes les opérations ainsi que les frais de fonctionnement du train, les salaires de tous employés et parfois même les frais de dégagement de la voie ferrée. Permettez-nous de porter à votre connaissance également que depuis la mise en circulation du train, notre société n’a encaissé aucune recette (pas même un Franc guinéen). Toutes les recettes sont encaissées par notre partenaire l’Etat Guinéen. Aujourd’hui étouffée par le ralentissement économique international et dû à la raison unilatérale du côté de la Guinée, nous voudrions humblement dire que nous ne sommes plus capables de maintenir le fonctionnement du train Conakry Express. C’est donc avec regret et amertume que nous annonçons à tous les aimables passagers que l’opération de train Conakry Express sera suspendue à partir de 1er octobre 2016 jusqu’à la signature des accords déjà négociés et soumis à la signature du Gouvernement ou de tout nouveau protocole encadrant nos investissements et favorisant la poursuite de nos efforts relativement au fonctionnement du Conakry Express. Tout en nous excusant d’avance des désagréments que cette interruption pourrait vous causer, nous comptons sur votre bonne compréhension », annonçait en fin juillet, GDC (Guinea Development Corporation), l’entreprise chinoise qui gère le train.

S’exprimant récemment sur ce sujet, chez nos confrères de la radio nationale, Naby Badra Youla, directeur général des Chemins de fer de Guinée, a reconnu les faits en ces termes : « une commission avait été mise en place par les autorités guinéennes pour régler le problème avec les partenaires chinois. La commission a fini son travail. Le ministre des Transports a signé. La partie chinoise a signé aussi. On a transmis au ministre des Finances pour sa signature. C’est cette signature qu’on attend ». C’était pendant que la ministre Maladho Kaba était à New York pour les assemblées annuelles du FMI.
A-t-elle reçu le document et refuserait de le signer parce qu’il n’est pas bienfait ? A-t-on peur d’informer le président qu’il s’agit d’un problème d’argent pour ne pas l’emmener à s’interroger sur la destination des recettes du train estimées à 12 millions de francs guinéens par jours? Quoi qu’il en soit, il serait mieux de dire au président, ce qu’il y a que d’inventer car tôt ou tard, il sera informé. Et ce qui sera une circonstance aggravante de la situation.

Kovana Saouromou pour http://lexpressguinee.com/

 

 

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