Guinée : L’impunité, prélude au retard économique et social ! (Coup de gueule

 

L’impunité est le prélude au retard économique et social d’un pays, elle est par excellence le ferment idéal qui obstrue les voies du progrès. Aujourd’hui cette impunité a pris une dimension inquiétante car, elle est en passe de devenir institutionnelle. Dès qu’on nomme à un poste de responsabilité, les proches vous invitent déjà à prendre votre part car, un autre décret peut  vous contrarier à tout moment. Un  tel esprit incubé dans la conscience des gens, rend la chose assez compliquée et difficile à soigner. Ce qui fait qu’aujourd’hui les deniers publics sont devenus presque des propriétés privées pour une certaine catégorie de guinéen.

Pourtant sous la première République personne ne pouvait se livrer à une telle activité sans qu’il ne subisse la loi dans toute sa rigueur. Qui ne se souvient pas des opérations dénommées vérification des biens ? les détracteurs ont pensé à une lutte contre la bourgeoisie locale mais, c’était une façon de garantir le développement du pays en empêchant l’enrichissement illicite. Rien n’a pu alors divertir l’Etat pour réprimer avec la dernière énergie les velléités persistantes. La morale et la conscience professionnelle ont caractérisé l’ensemble des gestionnaires sous la première République. Mais les délinquants qui se livraient à cela ne tardaient pas à devenir la risée du peuple. Ils étaient indexés comme criminels et ennemis du peuple.

En avril 1984, après la disparition du timonier de la révolution, une nouvelle équipe dirigeante s’est retrouvée aux rennes du pouvoir. Plus que par mépris que par raison, ces nouveaux dirigeants ont balayé d’un revers de la main les acquis institutionnels et la morale nécessaire à la conduite des affaires du pays. Liberté sera le leitmotiv de leurs actions. Les restrictions seront levées, on donnera alors libre cours à l’appétit du gain facile. Les caisses de l’Etat seront confondues aux poches de nos dirigeants. Feu Général Lansana CONTE n’a-t-il dit : « Nous sommes venus pauvres au pouvoir, si demain vous nous voyez autrement c’est qu’on aura volé ». C’est à partir de cette époque que l’impunité s’est installée insolemment dans le pays.Le fossé s’est alors agrandi démesurément entre les pauvres et les nantis qui n’étaient autres que les privilégiés du pouvoir.

Avec la troisième République l’espoir semblait renaitre à travers certaines mesures surtout la moralisation dans la gestion de la chose publique.  L’instauration du guichet unique commençait à rassurer plus d’un guinéen mais, avec la succession des jours et des mois, on a fini par comprendre que cette mesure était plutôt faite pour les pauvres que pour les parvenus du régime. On a parlé de restauration de l’autorité de l’Etat, on a parlé de changement mais en vain car, les bandits à col blanc continuent à sévir en toute impunité.

L’Etat se définit comme puissance publique. Feu Ahmed Sékou TOURE nous a enseigné :

A chaque régime, le système de coercition de la classe au pouvoir

  A chaque régime le système d’éducation de la classe au pouvoir(…)

Avec tout ce qui se passe dans le pays peut-on parler réellement de la puissance de l’Etat ? Cette impunité grandissante qui caractérise le pays ne serait-elle pas cautionnée par le pouvoir en place ? Sommes-nous en train de protéger les malfaiteurs pour des raisons politiques ? Ou bien y’aurait-il dans le pays deux poids deux mesures ?

Le gouvernement doit uniquement assurer le bonheur du peuple mais, si cela n’est pas, à quel saint le peuple va désormais se vouer ? La gestion de certains départements a été jugée calamiteuse mais, nonobstant cette réalité on continue à laisser à la tête de ces départements des ministres budgétivores décriés par le peuple en entier. Quand les faibles sont appelés à faire valoir leur droit à la retraite, on les pousse vers la sortie avec acharnement cependant, d’autres ayant une capacité relationnelle assurée, continuent à occuper leur poste dans une indifférence totale du pouvoir.

Si c’est ça le changement auquel on invite le peuple de Guinée, disons qu’il n’est pas rassurant. Certaines mauvaises langues disent même que le chef de l’Etat a peur de se débarrasser de ses ministres malveillants à cause d’une certaine reconnaissance pour le combat mené par leurs parents dans la conquête du pouvoir. Ce qui n’est pas réel car, ils sont légions à être oubliés ou ignorés et qui ont été sérieusement éprouvés à cause de leur choix politique. Nombreux guinéens sont aujourd’hui sceptiques quant à l’atteinte des  objectifs visés pour le bien-être du peuple de Guinée.

L’Etat a le devoir de sortir ses griffes pour prouver sa présence et sa puissance dans la lutte contre l’impunité dans notre pays. Personne n’est au-dessus de la loi, de ce fait les délinquants financiers, les bandits à col blanc doivent être traqués et jugés pour qu’ils rendent compte au peuple de leur forfaiture. Pour redonner encore espoir au peuple, le chef de l’Etat doit impérativement punir les ennemis de notre nation.

Lonceny Deen /Tel : (+224) 666 08 35 26

1 commentaire
  1. Bate mady dit

    Avec ce Prof n’attendez aucun changement en tout cas pas dans le domaine de la corruption, nepotisme.
    Ce qui interesse Alpha c’est le pouvoir rien d’autre
    Le development economique de la Guinee?
    Ca peut attendre lui et ses cadres veulent juste jouir du pouvoir devin qui leur est accorde
    Pauvre Guinee qu’as tu fait pour meriter tes dirigeants ?
    Regarder tout pres de chez nous, Senegal, Mali Sierra Leone, Cote d’ivoire
    Vous constater quoi? ils nous depassent tous pourquoi?
    Les inconditionnels du RPG te trouveront des explications
    Il y a peu ils nous promettaient mont et merveills seulement lors du second mandat.
    Et maintenant qu’attend il pour mettre son programme a l »ouevre s’il a un

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