ÉDUCATION // Lu dans la Presse // : A quoi joue la Fédération Guinéenne des Parents d’Elèves ?

 

C’est à travers la présidente Adama Sow que la fédération guinéenne des parents d’élèves (FEGUIPAE) a apporté, contre toute attente, le 4 juillet dernier à quelques jours de la tenue du baccalauréat, son soutien au ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’éducation civique. Ce soutien au ministre Ibrahima Kourouma suscite beaucoup d’interrogations chez les observateurs.

En concertation avec le ministre, il y a quelques jours par rapport à l’organisation des examens nationaux,  la présidente de la FEGUIPAE, Mme  Camara Adama Sow , a notamment déclaré  ceci «Nous ne devons pas tromper nos enfants, au risque de tromper le pays. Chacun des élèves doit être récompensé à la hauteur de ses efforts intrinsèques.»

La présidente de la FEGUIPAE a aussi remercié le ministre et son équipe « pour le travail déjà abattu » et promis de « continuer à accompagner son département », après avoir dit toute sa satisfaction sur le  déroulement des examens du CEP et du BEPC. C’est le monde à l’envers serait-on tenté de dire.

Mais, on s’interroge réellement qui est en train d’être trompé dans cette histoire ? Sinon comment expliquer qu’une fédération de parents d’élèves, qui est justement sensée défendre l’intérêt des élèves et leur bonne éducation puisse apporter son soutien à un ministre de l’éducation, dans l’organisation des examens, alors que ceux-ci sont en cours et d’autres n’ont même pas démarré ?

La FEGUIPAE aurait dû avoir, ne serait-ce que la lucidité d’attendre la fin intégrale des examens, pour tirer les leçons et porter son jugement.  Mais non, on décerne un satisfecit au ministre, alors que l’étape du baccalauréat qui constitue, quand même, le plus important de tous, parmi ces évaluations annuelles, n’a même pas débuté !

Pire, lors du baccalauréat 2014, organisé en Guinée par ce même ministre, où l’on a assisté à des fuites massives des épreuves, qui ont fini  par discréditer les bacheliers guinéens sur la scène internationale. La FEGUIPAE n’a pas été aussi prompte pour exiger des explications au ministre de l’éducation, ni au gouvernement. C’est tout de même assez curieux ! On s’interroge d’ailleurs sur la représentativité de la FEGUIPAE, qui parle au nom de l’ensemble des associations des parents d’élèves (APEAE) ?

Quels sont les critères et les méthodes d’éligibilité à la tête de cette association ? Car beaucoup de parents d’élèves se sont insurgés contre cette attitude laxiste à la tête de la FEGUIPAE. On a comme l’impression que ceux qui dirigent cette FEGUIPAE guinéenne, ne connaissent pas réellement le rôle dévolu à une association de parents d’élèves, tant les agissements en son sein sont à la limite, inquiétants.

Le rôle d’une association de parents d’élèves, c’est d’exiger des avancées et non d’apporter des soutiens inopportuns. Comment peut-on se réjouir, alors que le système éducatif guinéen est en difficulté et forme hélas, bien souvent des chômeurs ?

La FEGUIPAE devrait être un lobby puissant des parents d’élèves allant dans le sens de l’amélioration et de la qualification du système éducatif, de la défense et de la protection des droits des élèves et de leurs parents ; au lieu de se transformer en fans club pour un ministre qui a montré ses limites en termes de gestion. Le dernier audit financier sur les examens en font suffisamment fois. Avec lui, chaque année la Guinée a perdu 40 milliards de francs, alors que le ministre en question proposait encore pour cette année un budget de 100 milliards de francs guinéens.

Il est grand temps que les associations de parents d’élèves à la base se lèvent pour exiger que la FEGUIPAE soit le reflet des décisions des parents d’élèves, et non d’un groupe d’individus qui ne représentent en rien l’avis de ces derniers, et qui semblent manifestement se transformer en mouvement de soutien pour un ministre de l’éducation.

Salématou DIALLO pour GCI

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