TRIBUNE : Assassinat d’un journaliste , L’UFDG et la violence

 

Ce qui s’est passé vendredi 5 janvier 2016 au siège de l’UFDG doit interpeller la classe politique guinéenne sur les dangers que fait courir la guerre de leadership qui règne aujourd’hui à la tête de ce parti. Les autres formations politiques auraient tort de s’en réjouir et de penser que seul ce parti va en faire les frais.

Le feu qui commence à attaquer la maison UFDG risque de provoquer une déflagration qui va secouer tout le pays tant les composantes d’une explosion programmée sont nombreuses dans ce parti.

L’UFDG est un parti violent. Toutes les tentatives d’en faire une formation victime de persécutions se sont écroulées d’elles-mêmes sous l’implacable réalité des faits.

Cellou Dalein Diallo a eut beau le nier, tout le monde l’a vu entouré de loubards armés jusqu’aux dents de machettes, de couteaux, de barres de fer, de frondes, de gourdins et que sait-on encore. Face à la cinquantaine de victimes présumées de l’UFDG lors des manifestations politiques et que ce parti brandit comme un trophée, on a vite fait d’oublier les dizaines de morts (policiers et gendarmes y compris) par bastonnade, cailloux et armes blanches.

Avec ce journaliste atteint par une balle en plein cœur tirée depuis le siège de l’UFDG, on a la preuve que les membres de ce parti disposent d’armes à feu et sont prêts à s’en servir, entre eux et, à plus forte raison contre d’autres.

Le Député Ousmane Gaoual Diallo n’a-t-il pas lui-même plusieurs fois appelé à la création de milices privées dans les quartiers favorables à Cellou Dalein Diallo ?

Souvenons-nous également de ses dernières déclarations sur sa page Facebook, où tout démontre que ce qui s’est passé vendredi dernier n’était surtout pas dû au hasard :

« Nous apprenons que Bah Oury et son petit comité veulent provoquer des violences à l’occasion des réunions de L’UFDG (Bureau exécutif ou conseil politique) avec un objectif double :

1)- Provoquer des violences pour conduire à la suspension des activités politiques de l’UFDG avec l’appuie des extrémistes du Rpg arc-en-ciel

2)- Donner un prétexte à ces mêmes extrémistes du pouvoir de liquider certains cadres de l’UFDG en les maquillant par cette rivalité entretenue à cet effet par Bah Oury et son comité. »

Si Ousmane Gaoual savait ce qui allait arriver, pourquoi n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour l’éviter. Pourquoi est-ce un innocent journaliste qui fait les frais des violences « planifiées » par les deux factions rivales de l’UFDG ?

La technique est connue : prêter aux autres ce que l’on prépare soi-même de manière à le justifier à priori.

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est l’incapacité ou le refus absolu et permanent de l’UFDG d’assumer une quelconque responsabilité, quelle qu’elle soit.

La précipitation et la maladresse avec laquelle la cellule de communication de ce parti a pondu un communiqué sur cet événement tragique en est la preuve éloquente. Ne pas avoir peur du ridicule au point de prétendre que c’est Bah Oury lui-même qui aurait tiré sur la victime est affligeant. Mais qui a donc bien pu laisser diffuser un tel communiqué ? N’y a-t-il personne à l’UFDG qui aurait pu les prévenir qu’une telle version ne passera jamais pour de la vérité ? Ceci démontre que l’UFDG est prête à tous les mensonges, même les plus saugrenus pour se disculper des violences qui émaillent la vie politique en Guinée. Comment s’en étonner lorsqu’on a vu Cellou Dalein Diallo lui-même jurer qu’il n’a « jamais marché à côté de militants armés » alors que des images et des vidéos sans appel foisonnent le montrant dans cette situation.

L’UFDG est le pire danger que peut courir la démocratie guinéenne. A chacun d’en prendre conscience et à l’Etat d’assumer ses responsabilités.

Aboubacar Tamourah

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