Présidentielle: Jean Marie et sa troupe tentent de lancer le régionalisme en Guinée Forestière

 

Alors que le pays a besoin d’un autre discours politique – basé sur le programme de société- contraire à celui communautaire de la présidentielle de 2010, certains leaders et le Conseil des sages de la Guinée Forestière posent un acte qui frise le régionaliste.

Sans aucun signe de regret, le doyen des leaders de la Guinée forestière, Jean Marie Doré (UPG), a dernièrement affirmé ne pas être candidat à la présidentielle du 11 octobre prochain au profit de George Gandhi Faraget Tounkara, président de l’Union guinéenne pour la démocratie et le développement (UGDD). Il avoue s’être soumis à la décision du Conseil des sages de la Guinée Forestière, qui ont décidé, malgré des réticences, d’une candidature unique pour leur région natale.

C’est un grand absent. Une absence de taille pour celui qui a été toujours candidat de l’UPG et qui a toujours refusé d’être traité comme candidat de cette région. Dans notre démocratie récente Jean Marie Doré, avec vigueur, a toujours défendu la primauté des principes démocratiques à tout autre débat, sans toutefois nier les réalités sociologiques. L’UPG s’était toujours élevé contre les velléités ethniques, communautaires et régionalistes en Guinée. Pour ceux qui connaissent cette région où coexistent de multitudes de groupes, de groupements ethniques ou communautaires, c’était logique de sa part de défendre les principes démocratiques tout au long de son long parcours politique. Mais le vieux lapin n’a pu résister à la tentation régionaliste. Ce n’est donc ni à cause de son âge, ni à cause d’une quelconque alternance au sein de son parti UPG, encore moins de problèmes financiers qui empêchent l’ancien premier ministre de la Transition de se présenter candidat à la présidentielle du 11 octobre 2015. Mais une simple décision des sages. Et, quand des sages s’invitent en politique, qu’on leur offre le pouvoir de choisir un candidat pour une région, c’est la fin d’une démocratie qui sonne désormais en Guinée forestière au profit des mécanismes anti-démocratiques.

L’on a coutume de dire que le sage prône la sagesse mais pas ce qui agace. C’est donc surprenant que les politiques ayant créé des partis sur des principes démocratiques, des principes qui ne siéent pas avec le communautarisme, se retrouvent en fils de la Région Forestière pour un objectif politique.

Considérée comme l’un des rares foyers exemptent de pressions communautaires, la Forêt va t-elle résister à l’appel régionaliste prôné par certains et non les moindres de ses fils ?

Avec une population à 90% pour cent analphabète, qui fera objet, ces jours-ci, d’une grande campagne visant à réveiller en elle le sentiment de rejet des autres, la probabilité qu’elle accède à cet appel régionaliste est plus grande. Les velléités présidentielles de Moussa Dadis Camara – pourtant choisi comme Président de la Junte, à cause d’une certaine neutralité de la Forêt dans le jeu politique guinéen – en est de beaucoup pour cette initiative.

Mais prions que la réticence de Faya Millimouno (BL) et de Papa Koly Kourouma (GRUP), qui ne veulent point se joindre à la bande à Jean Marie, joueront aux trouble-fêtes, et par ricochet, éviteront aux populations de la Guinée Forestière de se mettre dans la peau de celles qui confondrent toujours les revendications régionalistes à celles politiques.

L’on ne cessera jamais de le dire, nos leaders politiques doivent prendre leurs responsabilités en évitant au pays cette fois-ci des discours ou des actes de nature à renforcer les replis identitaires, communautaires ou régionalistes.

Kalébombo in http://lexpressguinee.com/

1 commentaire
  1. heinan dit

    Tu votera pour Sidya si tu as la possibilité; donc laisses les autres trankil

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