Dialogue inter-guinéen : En attendant la fumée blanche !

 

A moins qu’elle ne change d’avis, l’opposition est attendue autour de la table de concertation avec les autorités, y compris la mouvance présidentielle. Cette énième rencontre de la classe politique saura mettre fin à la chape de plomb que des politiciens font subir aux citoyens. En tous cas, les deux parties sont obligées de lâcher du lest au vu d’un climat politique foncièrement pollué.

Apres avoir été reçu par le Chef de l’Etat, Alpha Condé, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a focalisé toutes les attentions. En réalité, les citoyens épris de paix et de stabilité ont jeté leur dévolu sur une issue heureuse de cette rencontre. A ce qu’il parait, l’espoir de voir la classe politique débattre des questions essentielles dans la vie de la nation, se précise de plus en plus. Il faut dire que des échanges fructueux sont sortis de la visite du gouvernement au quartier général de l’Ufdg. Toute chose qui permet de conclure à une volonté agissante et responsable de part et d’autre de « la ligne rouge ».

Au demeurant, les tractations ont le mérite d’empêcher l’escalade verbale qui avait fini de créer un climat de méfiance et de suspicion entre les forces en présence. En plus de l’implication des sages et autres leaders d’opinion, les partenaires au développement et des organismes internationaux ont saisi au bon l’offre de dialogue qui apparait en toile de fond lors de la rencontre informelle entre Cellou Dalein et Alpha Condé. Une mission de l’Organisation internationale de la francophonie (l’OIF) a jugé opportun de rendre une visite au chef de l’opposition à Hamdalaye, dans la banlieue de Conakry. Dirigée par Mohamed Salia Sokona, ancien ministre malien de la Justice, la délégation de l’OIF a échangé avec Cellou sur la situation qui prévaut aujourd’hui et sur la manière d’organiser des élections libres, transparentes et inclusives.

A en croire le président de l’UFDG, l’émissaire de l’OIF a pris bonne note du calendrier électoral conformément à sa grille de lecture de la situation politique du pays.

Selon lui, si les experts de l’OIF recherchent des informations auprès de tous les acteurs, c’est pour sans doute contribuer à l’ouverture du dialogue et à la restauration de la confiance indispensable pour l’organisation des élections apaisées, inclusives et crédibles.

Répondant à une lettre de Cheick Sako, ministre d’État de la Justice, relative à la relance du dialogue politique, Cellou Dalein Diallo estime que l’ordre du jour doit également s’étendre sur l’évaluation du travail de la CENI depuis l’interruption du dialogue en juillet 2014, la réforme de la CENI, le fichier électoral, le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public, les enquêtes et les poursuites judiciaires relatives aux violences qui ont marqué les manifestations de l’opposition. Il est aussi question de l’indemnisation des victimes des manifestations politiques. Un chapelet de d’exigences qui, somme toute, ne sera pas de la mer à boire pour la partie d’en face qui fait preuve de meilleure intention, à l’image de l’homme dont ils soutiennent les actions. Chat échaudé craignant l’eau froide, l’opposition semble tirer les leçons du passé.

« A la lumière de l’expérience malheureuse vécue lors du dialogue de juillet 2014, il me semble judicieux d’envisager que des membres de la communauté internationale représentée à Conakry soient invités à assister aux discussions, comme en juin-juillet 2013 », souhaite Cellou Dalein Diallo.

Espérons que la fumée blanche sorte de la salle aménagée pour les besoins du dialogue inclusif.

SACKO Mamadou in lexpressguinee

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