Alpha Mohamed Condé….de l’Affairisme au sommet de l’Etat ?

Le 20 septembre dernier, dans les colonnes du média français Rue89, l’honorable Cellou Dalein Diallo, affirmait ceci :

« Nous dénonçons la façon dont le pouvoir est géré. Le prix des routes a atteint des niveaux inconnus en Guinée, avec des contrats de gré à gré négociés par le fils du président Alpha Condé, qui a fondé OAS BTP, une entreprise de bâtiments et travaux publics »

Au-delà de la polémique, je souhaite poser la question suivante : Est-il sain qu’un président de la république soit conseillé par son fils ?

En France, Claude Chirac a cessé ses activités professionnelles pour se remettre à travailler pour son père sauf qu’il ne s’agit plus de travailler, seulement d’accompagner un vieil ex-président perdu dans ses souvenirs.

La fille de Jacques Chirac n’a rien oublié de l’accueil qu’elle reçut quand elle se mit au service d’un homme dont beaucoup pensaient alors qu’il prolongerait à jamais sa série de défaites à l’élection présidentielle. « Abandonné par tout le monde, sauf par ma fille et par Maurice Ulrich », remarquait le président français à l’époque. L’arrivée de Claude provoqua la colère de certains fidèles: « Il n’est pas sain qu’un présidentiable soit conseillé par un parent. »

Chirac resta sourd à la critique: Claude effectua l’intégralité des douze années à l’Elysée. Aujourd’hui, son dévouement, tout entier placé dans la sphère privée, force l’admiration de ceux qui la critiquaient hier.

François Mitterrand avait montré le chemin avec un fiston surnommé Papamadi (« Papa m’a dit ») chargé des affaires africaines. A cette époque la présence de Jean-Christophe Mitterrand posait un problème d’abord politique. Il s’est ensuite déplacé sur le champ de la morale. A l’heure où la transparence impose ses règles et même sa loi, embaucher un parent, est possible juridiquement, mais déjà suspect éthiquement.

Le népotisme est un sujet sensible partout dans le monde, il suffit de se rappeler l’extraordinaire scandale que suscitèrent, en France, les mésaventures de Jean Sarkozy quand fut envisagée son arrivée à la tête de l’Epad, un établissement public des Hauts-de-Seine. Il avait certes reçu l’onction du suffrage universel, puisqu’il était conseiller général, pourtant le scandale fut énorme et marqua un tournant dans le quinquennat de son père.

Un « fils de » n’est pas forcément moins compétent qu’un autre. La confiance, à laquelle les responsables politiques sont tant attachés, est évidemment un atout. Le bât blesse dès que se répand le soupçon de l’emploi de complaisance. La vie publique n’a vraiment pas besoin de cela.

Au Sénégal, les adversaires de Karim Wade l’accusaient d’être derrière toutes les décisions de son père, de profiter du népotisme du président, de faire preuve d’affairisme… et de vouloir à tout prix s’installer à la tête de l’Etat.

Chez nous, en Guinée, Alpha Mohamed Condé vit dans l’ombre du père. Polyglotte (Outre le français, il maîtrise l’anglais, l’espagnol et le portugais), sérieux, diplômé d’une école de commerce réputée (un MBA de la Thunderbird School of Global Management, considérée comme la meilleure école de commerce du pays), petit « Papa », pour les intimes, est rentré en Guinée avec son père, avant la présidentielle de 2010.

Avec les qualités qui sont les siennes, n’est-il pas normal que Alpha Mohamed Condé sert tout naturellement d’interprète officiel à son père ou de conseiller à la présidence, chargé de missions ?

Oui, nous n’avons pas besoin d’une République des « enfants à papa », des épouses, des cousins et des amis d’amis. Ce sera du népotisme à la manière de certains chefs d’état qui favorisent leurs familles qui ne brillent que par leurs incompétences notoires et leurs arrogances inouïes.

Oui, ils sont de plus en plus nombreux, les fils de présidents africains à qui l’opinion prête des ambitions pour le pouvoir ; au regard de leur activisme plus ou moins avéré aux côtés dans les cercles du pouvoir.

Oui, une réponse intelligente à cette question aurait dû guider le président Alpha Condé, dans la mesure où la participation, de ces fils de Chefs d’Etat sur l’arène politique, n’a apporté que des ennuis, tant en Europe qu’en Afrique.

Non, Alpha Mohamed Condé ne doit pas, systématiquement, faire l’objet de graves accusations, de profondes détestations, d’attaques hallucinantes de la part de ceux qui le connaisse à peine ou pas du tout.

Impitoyablement, il est sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible.

De sa présomption d’innocence, on s’en passe automatiquement. On lui prête beaucoup trop ! Qu’on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l’on le rend responsable.

Lorsqu’il pleut un peu trop à Conakry, il est indexé ; lorsque le vent emporte le toit d’une maison à Mamou, il est pointé du doigt ; lorsque les bandits assassinent à N’Zérékoré, il y est pour quelque chose ; lorsqu’un accident survient sur la route, il est vilipendé.

Chers amis,

Je ne veux pas me faire l’avocat du diable, ni celui de Alpha Mohamed Condé, mais ce qui me frappe, sur le fond est la difficulté, pour la classe politique guinéenne, de sortir des schémas classiques, des clivages et des esprits de boutique. Ces postures générales ne permettent malheureusement pas de construire des positions animées d’un sentiment d’unité nationale. C’est préoccupant, inefficace et dramatique pour l’avenir de notre pays.

Ce qu’affirme l’honorable Cellou Dalein Diallo, s’il est avéré, est une gravité incontestable. Un affairisme au sommet de l’Etat ? Des marchés de gré à gré qui engraissent la mauvaise gouvernance ? Pour un président qui veut lutter contre l’impunité et la corruption ? Serait un comble voire même une trahison envers le peuple qui l’a élu.

La société de droit guinéen, CONSTRUTORA OAS GUINEE SA, serait une filiale de la société Brésilienne OAS SA qui est implanté dans plusieurs pays Africains. Son responsable en Guinée serait un certain Juraci Pimentel.

Notre mouvement « En Avant la Guinée » souhaite et encourage vivement l’honorable Cellou Dalein Diallo de nous apporter la preuve que la société CONSTRUTORA OAS GUINEE SA appartient à Alpha Mohamed Condé.

Le débat est ouvert.

Avec toute mon affection, Ousmane Bho Kaba.

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