Le Burkina Faso à hue et à dia

Où va le Burkina Faso ? Le Conseil des ministres prévu au matin du mercredi 4 février 2015 au palais présidentiel de Kosyam a été reporté à une date indéterminée. En cause ? Un nouveau coup de sang des cadres du régiment de sécurité présidentielle, qui ont contraint le Premier ministre Zida à se rendre chez le Mogho Naba.

Le régiment de sécurité présidentielle (RSP) continue de dicter le tempo à Ouagadougou. Un peu plus d’un mois après un échange houleux entre ses cadres et le Premier ministre Yacouba Isaac Zida, le RSP a de nouveau brusquement fait irruption dans les affaires courantes du régime de transition.

Mercredi 4 février, le conseil des ministres hebdomadaire organisé au palais présidentiel de Kosyam a été reporté. « Le conseil était initialement fixé à 9h du matin, mais on nous a fait signe un peu avant pour nous prévenir qu’il était retardé d’une heure », raconte un ministre. « Je suis donc arrivé à 10h à Kosyam. Là, on nous a dit que le conseil était reporté ’sine die’ pour des raisons de calendrier. » Mais quel calendrier ?

Zida chez le Mogho Naba… antichambre d’une démission ?

La véritable raison de ce report n’est pas à chercher dans un quelconque calendrier mais plutôt du côté du RSP. Le 30 décembre dernier, ses officiers – menés par le général Gilbert Diendéré et le colonel-major Boureima Kéré – avaient imposé une série de revendications à Yacouba Isaac Zida, leur ancien frère d’arme devenu Premier ministre du gouvernement de transition. Ils réclamaient alors trois choses : la non-dissolution de leur régiment, le paiement de leur bonus de fin d’année, et le remplacement de Théophile Nikiéma, un commandant proche de Zida nommé chef d’état-major particulier de la présidence, au détriment d’officiers de rang supérieur.

À l’issue d’une réunion tendue, Zida avait accepté leurs demandes tout en obtenant un délai. Entre autres, c’est l’ancien aide de camp du Président Blaise Compaoré, le Colonel Céleste Coulibali, démissionnaire après le départ de l’ancien président, qui a été rappelé pour devenir le Chef de Corps du RSP, finalement reconstitué.

D’après plusieurs sources, les cadres du RSP auraient jugé ce mercredi que le délai imparti était épuisé. Le Premier ministre aurait donc été fermement prié de se rendre dans la matinée chez le Mogho Naba, le roi traditionnel des Mossis, habitué des médiations politiques. La présence de Gilbert Diendéré à cette entrevue a aussi été évoquée, sans qu’elle puisse toutefois être confirmée. « La situation est confuse, glisse une source diplomatique à Ouagadougou. Mais deux choses sont sûres : le bras de fer entre Zida et le RSP se poursuit et Gilbert Diendéré joue un rôle important dans cette affaire. »

Constitution d’un Comité pour… le retour de Blaise Compaoré

Alors que la « transition » implore Myriam Sankara de devenir « Première Dame du Faso », un très sérieux Comité pour le retour au Faso de Blaise Compaoré a déclaré son existence il y a quelques jours. L’annonce d’un renversement de tendance ?

Pour mémoire tout l’appareil judiciaire, pourtant peu enclin à soutenir Blaise Compaoré, mais indigné par les méthodes illégales du pouvoir « transitoire », s’est mis en grève sur tout le territoire ! Signe de cette mauvaise humeur « légaliste » des juges burkinabé, les entreprises qui avaient été prestement nationalisées après le départ de Blaise Compaoré, viennent d’être re-privatisées sur décisions de justice, aucune fraude n’ayant pu être démontrée dans les procédures de privatisation mises en place par les précédents gouvernements.

Aux dernières nouvelles, le Premier Ministre Zida serait démissionnaire. Nombreux sont les observateurs qui commencent à s’interroger : « Où va le Burkina Faso ? » Afrik.com

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