Plume à Aboubacar Diallo: Montée du hooliganisme en Guinée

A l’orée d’échéances électorales cruciales. Comme dans un territoire conquis, à eux, tout dévoué, abandonné par un Etat qui a foutu le camp, des hordes de jeunes, essaiment et font leur loi sur des portions entières de la république. Sans raison aucune.

On sait désormais comment la Guinée est entrée, enferrée dans une chape de plomb, dans le nouvel an qui a pris son envol, prise entre deux feux, mais l’un s’étant vite éteint, au grand bonheur d’un pouvoir qui en était frileux comme une poule qui a perdu tous ses poussins, ce qu’on ne sait point, ce que nul vaticinateur ou Oracle n’est fichu de prédire, c’est comment la Guinée en sortira, quelle issue à cette strangulation attendue sur le front politique et dont les escarmouches, les premières salves, ont été tirées dès l’Alpha de l’année, considérée à raison, comme celle de toutes les incertitudes. Les signaux présageant d’un branle-le bas de combat à l’horizon, se faisant plus persistants. Au raidissement des discours politiques, qui virent désormais au rouge écarlate, et envisagent même un scénario à la burkinabé, appelant à une rectification de la transition, comme si celle-ci avait été raturée en Guinée, à ce tour de vis, il faut ajouter la tendance à la banalisation de la violence, de la violence urbaine, de la guérilla urbaine tout court. Oui, la guérilla urbaine s’est incrustée dans nos modes de vie et de pensée, nous nous y sommes faits, nous cohabitons avec elle, elle nous colle désormais comme une seconde peau, au bout du bout, tel un monstre que nous avons fabriqué, elle est en train de se retourner contre nous pour finalement menacer notre existence. Oui il en est toujours ainsi, quand on laisse la mauvaise graine pousser, quand on la laisse prendre racine, il est qu’il arrive qu’on n’en soit plus à même de cerner sa croissance. Qu’on ne s’étonne point donc de voir le phénomène se répandre au point d’exploser à notre figure. Il est le fait de hordes de jeunes sans foi ni loi, qui échappent à tout contrôle. Pour un oui ou pour un non, ou parce qu’ils se sont mal réveillés, ils peuvent décider de faire la loi sur un axe ou une partie donnée, au nez et à la barbe de nos soi-disant forces de sécurité dont la seule présence suffit pour les horripiler, pour chauffer leurs nerfs à blanc. Dans la foulée du dernier meeting auquel l’opposition appela, qui n’a pas été indigné, ulcéré par l’amplitude de la violence gratuite qu’exercèrent ces hordes de hors la loi, sur l’axe Cosa-Bambéto-Hamdallaye, le coupant du reste de la ville, pour y régner en maîtres des lieux ? Encore que ce n’était point jour de meeting ou journée ville morte encore moins jour de marche. Mais que voulez-vous ? Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, lorsque l’Etat a foutu le camp, lorsque l’Etat s’est affaibli, lorsqu’il s’est affaissé pour laisser roue libre à ces âmes incontrôlées qui ont la violence à la bouche et dans les moindres faits et gestes, qui ont fini par en faire un fonds de commerce ? Un fonds de commerce, oui, parce qu’ils y trouvent leurs comptes, oui, parce qu’à l’occasion, ils tombent à bras chargés de gourdins de toutes sortes, pour dépouiller de paisibles citoyens qui ne demandent qu’à vaquer à leurs occupations et à vivre, de tout ce qui est en leur possession, et pire, avant de s’en prendre à eux physiquement. Il en ainsi depuis des jours également sur un bout de terre perdue entre le Km36 et Sanoyah, où des individus sèment terreur et désolation, prétextant s’élever contre d’épaisses couches de poussière qui inonderaient leur zone. Ils y font la loi, en barricadant tous les accès et obligeant tout passant à rebrousser chemin. De peu, Mohamed Saïd Fofana et son cortège, après eux, le ministre Marc Yombouno, ont échappé à leur furie dévastatrice. Oui, je plaints le sort peu enviable des populations de la zone, exposées et livrées ainsi à de sérieux risques de maladies pulmonaires, mais non, à cette façon de s’y opposer, en usant de la violence, en y installant une guérilla urbaine, c’est inacceptable, c’est méphistophélique !

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