Vaccins et Traitements contre le virus Ebola

Questions et réponses

Nous allons ici répondre aux questions sur les essais cliniques et les évaluations des vaccins et traitements potentiels contre la maladie à virus Ebola. D’autres questions et réponses sur l’épidémiologie de la maladie, la prévention de l’infection, la lutte, le traitement et les recommandations pour les voyageurs peuvent être consultées sur: http://who.int/csr/disease/ebola/faq-ebola/fr/

Existe-t-il un vaccin pour se protéger de la maladie à virus Ebola?

Pour l’instant, il n’y a pas de vaccin homologué chez l’homme pour se protéger de la maladie à virus Ebola.

Le 8 août 2014, l’OMS a réuni un Comité d’urgence sur la flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Il a conclu que cette flambée constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Depuis lors, les évaluations des vaccins candidats les plus avancés se sont accélérées.

Quels sont les vaccins en cours d’essai?

Les deux vaccins candidats en cours d’essai chez l’homme sont le cAd3-ZEBOV, mis au point par GlaxoSmithKline, en collaboration avec le National Institute of Allergy and Infectious Diseases des États-Unis d’Amérique, et le rVSV-ZEBOV, mis au point par NewLink Genetics et Merck Vaccines USA, en collaboration avec l’Agence de santé publique du Canada. Ces deux vaccins se sont avérés sûrs et efficaces chez l’animal.

La phase I des essais cliniques (pour tester l’innocuité et établir le dosage) est en cours pour les deux vaccins. Les participants aux essais sont des adultes en bonne santé dans des pays n’ayant pas de cas de maladie à virus Ebola (ou en ayant un nombre très restreint). Pour le cAd3-ZEBOV, les essais ont commencé aux États-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni en septembre, puis au Mali et en Suisse en octobre. Pour le rVSV-ZEBOV, les essais ont commencé aux États-Unis d’Amérique en octobre, puis en Allemagne, au Gabon et en Suisse en novembre. Il est prévu que des essais démarrent bientôt au Canada et au Kenya.

La phase II des essais cliniques pour le cAd3-ZEBOV devrait se dérouler en Afrique de l’Ouest en janvier 2015 dans plusieurs pays n’ayant que peu ou pas de cas d’Ebola. Au cours de cette phase, les essais porteront sur l’innocuité et la capacité d’induire une réponse immunitaire chez un nombre plus grand de sujets et dans des populations plus diversifiées, incluant les personnes âgées, les enfants et ceux qui vivent avec le VIH.

Quand ces vaccins seront-ils disponibles?

Pour les vaccins candidats, l’introduction à grande échelle dans les pays affectés dépendra des résultats des essais cliniques et de l’examen de leur innocuité et de leur efficacité par les autorités de réglementation. Les données des essais sont réunies et analysées aussi rapidement que possible. Les résultats d’un essai aux États-Unis d’Amérique utilisant le cAd3-ZEBOV ont été publiés fin novembre et n’ont soulevé aucune inquiétude quant à son innocuité. Les réponses immunitaires des participants ont semblé entrer dans le cadre signalé à partir des essais précliniques sur des primates. On pense que les données de l’ensemble des essais de la phase I seront disponibles d’ici à la fin du mois de décembre 2014.

La phase III des essais cliniques devrait commencer au début de l’année 2015, dans les trois pays les plus affectés. L’objectif est alors d’évaluer si les vaccins protègent bien contre la maladie à virus Ebola et d’avoir une assurance supplémentaire de leur innocuité.

Quels sont les autres traitements ou thérapies disponibles ou en cours d’évaluation?

Priorité a été donnée aux transfusions de sang et de plasma de convalescents en tant que traitement expérimental. Le sang total de convalescents donné par des patients qui ont guéri est actuellement administré dans certains centres de traitement d’Ebola. Dans les pays affectés, on s’attend à ce qu’un nombre limité de doses de plasma de convalescent soient disponibles dans un proche avenir. On prévoit que des essais commenceront bientôt en Guinée et au Libéria. Des évaluations des capacités nationales pour garantir l’innocuité des produits sanguins en dehors du cadre des essais cliniques et des plans pour restaurer et renforcer les services nationaux de transfusion sanguine dans les pays affectés vont être élaborés dans les prochaines semaines.

Parmi les médicaments préexistants envisagés pour être réaffectés au traitement d’Ebola, nombreux sont ceux qui ont révélé une certaine efficacité contre le virus dans les tubes à essai (in vitro), mais très peu ont démontré la moindre activité chez les singes infectés. On a déterminé que deux antiviraux étaient prometteurs, le favipiravir et le brincidofovir, et feront l’objet d’essais cliniques prochainement.

Parmi les nouveaux produits, certains se sont avérés prometteurs initialement chez le singe et quelques-uns ont été administrés à un petit nombre de patients atteints du virus Ebola à titre compassionnel. Toutefois, ces cas sont trop peu nombreux pour pouvoir tirer quelque conclusion que ce soit quant à l’innocuité et à l’efficacité. Comme ces produits sont encore en phase de développement et que leur fabrication prendra du temps, il ne sera pas possible d’étendre l’utilisation de ces traitements à court terme.

L’OMS collabore avec toutes les parties intéressées sur chaque traitement et vaccin potentiel pour continuer à accélérer l’identification, la vérification, la mise au point et, en cas d’innocuité et d’efficacité avérées, le déploiement.

À qui les vaccins et les traitements seront-ils administrés lorsqu’ils seront disponibles?

Il faut définir clairement les critères d’attribution des premiers traitements et doses vaccinales. Des méthodes d’établissement des priorités pour les vaccins et les traitements sont en cours d’élaboration afin de définir les stratégies qui contribueront le mieux à juguler l’épidémie.

Il reviendra aux ministères de la santé de prendre les décisions finales concernant l’introduction de ces produits. Si la vaccination de masse de populations ciblées est à l’étude, les experts reconnaissent que les agents de santé en première ligne doivent être parmi les premières personnes à qui il faut proposer le vaccin.

Quelles sont les considérations éthiques liées à l’utilisation d’interventions non homologuées?

Le 11 août 2014, l’OMS a réuni un groupe consultatif pour examiner et évaluer les implications éthiques relatives à l’utilisation potentielle d’interventions non homologuées. À l’unanimité, le groupe a conclu que, dans les circonstances particulières de cette flambée et dans la mesure où certaines conditions sont réunies, il est conforme à l’éthique de proposer comme traitement ou prophylaxie potentielle des interventions qui n’ont pas encore fait leurs preuves et dont l’innocuité et l’efficacité n’ont pas été encore mises en évidence chez l’homme. Les principales conditions ont trait aux données factuelles et au fondement éthique pour l’évaluation de chacune des interventions. Il doit y avoir une base scientifique solide étayant l’hypothèse de l’efficacité de l’intervention contre la maladie à virus Ebola chez l’homme : les interventions non homologuées proposées doivent avoir donné la preuve de leur innocuité et de leur efficacité sur des modèles animaux pertinents, en particulier des primates. De plus, l’utilisation de ces interventions doit se fonder sur la meilleure évaluation possible de leurs risques et de leurs avantages d’après les informations disponibles à un moment donné.

Des critères éthiques doivent orienter la fourniture de ces interventions, notamment la transparence dans tous les aspects des soins, le consentement éclairé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect de la personne, la préservation de la dignité et l’implication de la communauté. Le groupe a indiqué qu’il y avait un devoir moral de collecter et de partager toutes les données produites, y compris pour les traitements délivrés à titre compassionnel. De plus, plusieurs domaines ont été retenus comme nécessitant une analyse et des discussions plus approfondies:

  • les moyens éthiques de collecter des données tout en s’efforçant de dispenser des soins optimaux dans les circonstances actuelles ;
  • les critères éthiques pour définir les priorités d’utilisation de traitements ou de vaccins expérimentaux non homologués ; et
  • les critères éthiques pour parvenir à une répartition équitable des traitements et des vaccins dans les communautés et entre les pays.

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